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Georges Weah: Mister Georges, Mister Président !

vendredi, 29 décembre 2017 10:51

Paris gagné pour Georges Weah ! Lancien footballeur international vient de remporter un important match de sa vie, celui de devenir président de de la République du Liberia.

Au terme des joutes électorales du second tour de la présidentielle qui l'a opposé au Vice-Président sortant Joseph Boakai, l'ancien footballeur a mené largement son adversaire par un score sans appel: plus de 61% contre 38%, comme l'indiquent les chiffres officiels de la Commission électorale nationale (CEN).

 

Mister Georges devient ainsi Mister Président, Chef d'État du Liberia. Himself ! Il prend ainsi les rênes du pouvoir, à compter de ce 02 janvier 2018, à la suite de Elen Johnson Sirleaf. Élu en 2005, puis réélue six ans plus tard, cette dame de fer a gravé son nom dans les marbres de l'histoire, en tant que la première femme Chef d'État en Afrique. La mémoire collective retiendra aussi qu'elle a battu sur le terrain du jeu électoral, un certain Georges Weah ! Ironie du sort, six ans plus tard, Mister Georges met au tapis celui qui a été son colistier et vice-président. Belle revanche !

 

Mais, le jeu était loin d'être gagné d'avance. Du cran, il fallait en avoir. Une sacrée dose d'énergie aussi. Ce qui ne manque pas à l'ancien footballeur. Habitué, à tous le moins, à l'adversité et aux face-à-face. En bon technicien, il sait donc dribler son vis-à-vis, accélérer la course avec le ballon quand il faut, au fin de prendre le dessus. Mister Georges l'a donc réussi face au candidat du parti au pouvoir. Vice-président et 2e personnalité du pays, il disposait par conséquent, dune longueur d'avance. Aussi minime soit-elle ! 

 

Des compétitions, j'en suis sorti victorieux.



Ses crampons électoraux bien chaussés, au cours de son dernier meeting, le samedi 23 décembre 2017, la finale avant la lettre, Georges Weah, candidat de la «Coalition pour le changement démocratique», avait rassuré ses milliers de partisans, dans le plus grand stade de Monrovia (capitale du Liberia), plein à craquer. «Vous savez que j'ai participé à des compétitions, dont certaines difficiles, et j'en suis sorti victorieux», avait lancé l'ancien attaquant. Pour enfoncer le clou, il a ajouté: «Je sais que Boakai ne peut pas me battre». Désormais homme politique, il sait qu'en pareil circonstance, rien ne se dit au hasard. Alors, il justifie. «J'ai le peuple avec moi, un grand parti et une coalition puissante. Je me suis préparé pour diriger ce pays. La victoire sera nôtre» !



Les dés étaient ainsi jetés, le jeu déjà fait ! Mister Georges avait foi. En son for intérieur, il savait que la victoire était à portée de main. Doté, en réalité d'un mental d'acier comme on le voit, dans son mind donc, il savait qu'il avait battu d'avance son adversaire au K.O. Il ne restait qu'à le concrétiser sur le terrain politique. Fortifié par mille et une expériences sur le tapis vert, l'intrépide footballeur, ex-attaquant vedette du Paris Saint Germain et du Milan AC, n'a pas baissé les bras, dans son face-à-face, au cours de la campagne. Il a toujours foncé droit au but. Même s'il est conscient que la vie politique reste avant tout, un parcours de combattant.



De fait, entrer en politique pour faire carrière, après une longue absence dans son pays, à la suite d'une guerre civile sans merci qui a causé plus de 250 000 morts (1989-2003), il fallait le faire. C'était donc Un vrai challenge, un défi, pas facile à relever. Et pourtant, il a réussi ! Car, les défis, l'enfant de Gibraltar (un bidonville de Monrovia), éduqué par sa grand-mère, sait bien les relever. En effet, dans son ghetto, formé au Young Survivors et à Bongrange Company, il évolue ensuite à Mighty Barolle et à Eleven, deux géants du football de son pays. De là, il part à la conquête du monde. D'abord en Afrique, dans un club comme le Tonnerre de Yaoundé (Cameroun). Ensuite, il atterrit en Europe, en haut niveau, dans les clubs huppés comme PSG, Milan AC, Chelsea, Manchester City, Marseille. Il peut alors récolter les lauriers de son acharnement au travail. En 1995, il est au sommet de son art, sacré Ballon d'Or, en tant que meilleur joueur africain évoluant en Europe. Aujourd'hui, c'est une légende vivante, seul Africain à avoir remporté ce titre.

 

Le maçon au pied du mur !



Remake ! Lorsqu'il entre en politique, il est habité par la même rage de vaincre et de gagner. Tenez, en décembre 2014, il remporte son premier mandat de sénateur. Et de fort belle manière, puisqu'il va très largement distancer son adversaire, un des fils de Mme Johnson Sirleaf, Présidente du Liberia. «Je suis né dans le ghetto, j'ai vécu dans le ghetto. Nous nous battions pour survivre», avait-il révélé dans un entretien au site de la FIFA, le 6 janvier 2016. Pourtant, il le dit haut et fort. «Personne ne devrait avoir peur du changement. Regardez ma vie : je suis passé de footballeur à homme politique», enseigne l'ancien professionnel du ballon rond, assuré d'avoir «gagné en expérience» sur le terrain politique. «J'ai beaucoup appris de mes échecs», se targue-t-il.



Étoile filante du ballon rond, hier, Chef d'État aujourd'hui, Mister Président entame ainsi un autre match de sa vie, dans sa carrière politique. Son adversaire : un certain nombre de défis à relever. Et non des moindres qui se résument en ces termes : «lutte contre la pauvreté ! ». Premier pays africain indépendant en 1893, en effet, le Liberia est à la traine, en termes de développement économique et sociale. La guerre civile de 1990 à 2003 n'a fait qu'empirer cette situation. C'est véritablement une autre paire de manche que devra jouer crânement le nouvel homme fort du Liberia. Réussira-t-il ? Wait and see. Attendons de voir le vrai maçon au pied du mur.



Marcel APPENA
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