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Chef de village, guide religieux et grand naturothérapeute: Traoré Sounkalo, un bel exemple de compétence et de modestie au service des malades

mercredi, 02 octobre 2019 17:18
Chef de village, guide religieux et grand naturothérapeute: Traoré Sounkalo, un bel exemple de compétence et de modestie au service des malades Crédits: DR

Traoré Sounkalo : Voilà un nom qui court de plus en plus sur les lèvres des uns et des autres, dans le grand nord de la Côte d’Ivoire. Singulièrement à travers la région de la Bagoué, voire par-delà la frontière ivoiro-malienne.

La raison ? L’homme qui aura bientôt la cinquantaine, affiche une remarquable compétence dans trois domaines d’activités et de responsabilité, pourtant fort bien dissemblables en soi. En fait, il est à la fois chef du village de Diamakani officiellement depuis 2016 ; alors que déjà en 2004, il fut intronisé guide spirituel de la grande confrérie musulmane Tidjani, ce qui lui confère le titre de Mukadam. Et parallèlement à tout cela, il satisfait quotidiennement et ce, depuis plusieurs années, les besoins de nombreuses personnes aux provenances et conditions sociales diverses, en matière de soins de santé.

Aucun de ces trois titres n’interfère sur l’autre. En clair, il assume avec une parfaite maîtrise chacune des fonctions dont il a la charge. La gestion quotidienne du village se fait avec l’appui et le contrôle rigoureux de la notabilité. Les litiges, conseils, assistances et autres interventions et actions de sensibilisation sont régulièrement conduits sous sa houlette sans couacs majeurs. Il en est de même de toutes les initiatives et activités qui touchent au développement du village. A ce propos précise-t-il dans un français qui n’est pas mal, bien que pas toujours aussi académique : « je prends certes des initiatives comme cela arrive quand il s’agit d’initier des projets de réalisation. Cependant, je ne fais rien à l’insu de la Mutuelle de développement de Diamakani, mise en place par les cadres. Nous sommes toujours en osmose et c’est indispensable ».

En tant que Mukadam, il s’emploie à répandre l’éducation islamique de la Tidjani au sein du village, tout en se montrant respectueux des autres confessions religieuses déjà existantes. La stricte adoration de Allah, sans syncrétisme aucun, l’humilité, l’altruisme, l’endurance à toute épreuve dans la vie… sont autant de vertus qui sont ainsi enseignées régulièrement chez lui à domicile, à une flopée de personnes de tous âges, notamment les vendredis après-midi. Mais de tout ce qui précède, au regard même de l’affluence des patients, il semble bien que c’est la fonction de naturothérapeute qui est plus mise en exergue. C’est que, la cour du chef de Diamakani ne désemplit jamais. Presque toutes sortes de malades y arrivent aussi bien du village même que des autres contrées. Notamment de la grande métropole abidjanaise.

Grand accoucheur traditionnel, il peut en moyenne délivrer plus d’une centaine de parturientes dans l’année. Evitant ainsi à celles-ci les césariennes et bien d’autres complications. Les maladies des nerfs, l’infertilité aussi bien chez la femme que chez l’homme n’ont plus de secrets pour lui. Ainsi que les fractures des différents membres du corps, survenues à la suite d’accidents de la circulation ou autres, les multiples troubles du comportement, les envoutements et les possessions, les différents cas de fibromes et les diverses maladies du tube digestif, etc.

Le fait hautement remarquable est que toutes ces pathologies et mal être sont traitées avec les plantes. Sans plus. « Ma connaissance des plantes remonte à mon très jeune âge, d’abord aux côtés de mes parents qui en avaient une parfaite connaissance, ensuite grâce aux enseignements théoriques et pratiques que j’ai reçus de certains grands herboristes et naturothérapeutes du Mali, où j’ai pendant des années séjourné à cet effet », explique Traoré Sounkalo.

L’homme n’exige pas non plus le moindre centime pour les soins qu’il administre. « Non, ce n’est pas pour gagner de l’argent que je soigne et guéris les gens. Je serais riche si c’était le cas. Je le fais gratuitement. Je n’exige aucune somme d’agent au départ, comme coût du traitement à effectuer. Cependant, j’apprécie toujours ceux qui par reconnaissance me donnent ou m’offrent ce qu’ils peuvent après que je les ai délivrés du mal dont ils souffrent. C’est une marque de gratitude qui me convient. Et c’est heureux », soutient-il.

Modeste, sobre et fort bien respectueux de son prochain, cet ancien grand maître du Poro, ordre initiatique traditionnel Sénoufo, incarne aux yeux de tous ceux qui ont eu à le connaître ou rencontrer simplement, un bel exemple d’humilité et de bonne foi dans toutes ses actions. Un homme au commerce facile et toujours à l’écoute des autres, surtout sa population qui ne tarit pas d’éloges à son égard.

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