Art contemporain : Retour sur les créations d’Aboudia pendant la crise postélectorale
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Art contemporain : Retour sur les créations d’Aboudia pendant la crise postélectorale

mardi, 11 juillet 2017 23:20

"Les artistes ivoiriens n’ont pas le droit de se faire raconter cette histoire récente de la marche du pays" (Aboudia)

Art contemporain : Retour sur les créations d’Aboudia pendant la crise postélectorale

Parmi les nombreux artistes peintres que compte la Côte d’Ivoire, Aboudia de son vrai Abdoulaye Diarrassouba est devenu depuis son choix d’aborder dans ses créations la guerre, probablement le seul qui se serait approprié véritablement la crise post-électorale. L’artiste se distingue pour avoir consacré exclusivement des travaux au conflit post-électoral ivoirien.

Ainsi, d’Abobo à la Riviera Golf, en passant par l’intérieur de la Côte d’Ivoire, Aboudia reconstitue l’histoire de la guerre civile en Côte d’Ivoire. Le travail abattu par le jeune peintre est impressionnant. À travers ses créations, il allie graffiti et technique académique pour servir à l’observateur des œuvres qui renseignent sur les 5 mois fous de l’après élection émaillée par de nombreuses pertes en vies humaines. Ses compositions s’articulent autour de visages de masques qu’il essaie de styliser. Tout ceci pour démontrer la responsabilité de l’homme dans cette situation. C’est aussi sa façon à lui de dire que l’homme étant au centre de toutes ces méchancetés, c’est également à l’homme qu’il revient de résoudre les problèmes engendrés par cette crise.

Les toiles « Daloa 29 » et « Abobo » en plus de la chromatique et de nombreux éléments qui figurent sont symptomatiques de ce que la Côte d’Ivoire a connu. En décembre 2010, retranché dans l’atelier de la villa Kaidin à la Riviera, quand Aboudia a décidé de se consacrer aux affres de la guerre en Côte d’Ivoire, il ne savait vraiment pas qu’il allait être sous les projecteurs de l’actualité artistique internationale. Jusqu’au 11 avril 2011, date de l’arrestation du président sortant Laurent Gbagbo, la gestation de l’artiste a donné des œuvres à la dimension de ses ambitions.

Sous les coups de canon et les crépitements des fusils d’assaut, il est resté cloîtré dans son atelier pour esquisser de grands coups de pinceau en vue de dépeindre l’atmosphère qui régnait en Côte d’Ivoire. À quelques encablures de l’hôtel du Golf, quartier général du Président Ouattara, il a vécu les difficultés du blocus imposé par les soldats pro-Gbagbo avant de les voir quelques semaines plus tard abandonner cette position. « Les artistes ivoiriens n’ont pas le droit de se faire raconter cette histoire récente de la marche du pays. Ce sont eux qui doivent la raconter et la fixer d’une tache indélébile pour témoigner de notre histoire », affirme Aboudia.

En attendant que d’autres artistes en fassent un prétexte de création sous d’autres auspices ou encore en Côte d’Ivoire, Aboudia a attiré l’attention sur son travail pendant cette période critique de l’histoire de son pays.

CHEICKNA D. Salif

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Lu 1501 fois Dernière modification le mardi, 11 juillet 2017 23:48