Art contemporain : Djima Karamoko, un artiste hors norme

lundi, 16 septembre 2019 12:08
Art contemporain : Djima Karamoko, un artiste hors norme Crédits: Tony Santana

« La vie demeure magnifique. Et il faudrait impérativement protéger ce que l’artiste a de plus cher, comme éclosion sensorielle de créer de nouvelles formes contemporaines. Alors, la vie ne cessera point de lier et de confondre les activités humaines, intellectuelles et sociales à l’art », estime architecte d’intérieur de renommée internationale Mardochée Diané.

C’est de cet emprunt artistique dont Djima Karamoko se nourrit et s’empreigne dans sa production artistique. 

Qui est Djima Karamoko ?

Djima Karamoko est un artiste hors norme. Comme son nom l’indique dans nos us et coutumes ancestraux, c’est un homme sage très posé spirituellement. À la fois doté d’un savoir divin d’ordre architectural, le nom « Karamoko » est attribué à celui qui, dans nos sociétés d’origine africaine construit la vie à partie de l’existant.

Architecte de formation, son œuvre se veut un prolongement de son identité professionnelle confondue à sa vie : une activité transdisciplinaire humaine qui prend son envol dans l’essence de l’art et qui se bonifie dans la spiritualité.

Selon, Dr Désiré Amani père de la performatologie et artiste performeur-performatologue : « Djimi Karamoko est un Maître, un performatologue dans l’âme et l’un des disciples de l’art-démesure. C’est celui que l’incompréhension a finalement accepté de comprendre, parce qu’il puise toute sa compréhension dans ce vaste enclos du compréhensif dans l’incompréhension. Pourtant, à première vue, c’est une personne qui est très compréhensive d’où un vrai humaniste ».

Les propos de l’artiste performeur-performalogue, tels que présentés sous cet angle esthétique, touchent non seulement à l’intériorité de Djima, mais aussi à l’extériorité de celui-ci. Ils sont ici, une guérison spirituelle interne et externe, qui incarne l’âme ou le « moi » des personnes qui souffrent de cette exclusion sociale, pathétique.

C’est sans doute pour notre artiste-installateur, une manière plus habile du corps parlant en acte dans l’action, sous la forme d’un rappel, d’une marque, afin d’illustrer dans l’essence du sens, ce qui écharpe à la science.

En revanche, si on prend comme référence cette assertion de la reine-mère de Blaidy Mamie N’Gatta Amoin Élise qui dit ceci : « Depuis la nuit des temps jusqu’à notre ère, ce sont seuls, les incompris, qui ont pris la ferme résolution de faire avancer ce monde et de le faire émerger sous tous ces angles ».

Alors, Djima Karamoko, a su conjuguer cette incompréhension humaine en une compréhension artistique, en se trouvant un protocole assez singulier, pour se faire entendre de tous, avec la plus noble des démarches comme protocole de réalisation.

Cette sensorialité émotive, doublée d’une fibre artistique multiforme, a fait de Djima Karamoko, un artiste multicartes, charismatique et un mythe comme l’icône de l’art contemporain en Occident Joseph Beuys.

En Côte d’Ivoire, tout comme dans l’univers de l’art contemporain, l’artiste-installateur Djima Karamoko a toujours su briller par cette dextérité éloquente et singulière dans ses œuvres.

Tout au long de son parcours, la philosophie de ce géant de la démesure, s’articule autour des ténèbres que chacun de nous, possède en soi. Pour Djima, cette abondance de lumières qui se décline comme une obscurité appelée communément les ténèbres, sont des déclinaisons sous forme, de pôles d’attraction du nouveau monde ; un regard neuf, non seulement sur notre moi, mais aussi sur le tout-monde, très loin des ondes de négativité.

Une philosophie qui tire sa source dans l’âme du bien-être

Le travail artistique et scientifique de Djima Karamoko est une redécouverte de soi-même en cherchant à mieux se comprendre, se connaître parfaitement. Et aller véritablement à l’encontre de cette paix à durée indéterminée, avec soi-même. Celle-ci comme quête du bien-être social, donne un nouveau souffle à l’abolissement des frontières, comme barrière du positif et du négatif.

En revanche, ce que le commun des mortels trouve de négatif dans une quelconque matière, est bien en retour, ce condensé de positivité que renferme cette matrice. Ce regard sur le protocole de travail Djima Karamoko fait apparaître entre cette construction architecturale et l’amour du design, une catégorie de liberté qui tend à voir dans la profondeur des ténèbres, un concentré de luminosité. Ce, pour trouver la symphonie qui émerge de cette dualité et par ailleurs la force vive qui se dégage dans cet élan transdisciplinaire, dans lequel baigne Djima.

Ne serait-il pas, une autre approche de l’espace qui intègre parfaitement les arts, les sciences de l’art, en passant par le biais de la poésie et l’art du son, dans une symbiose intelligible maternelle qui trouve sa maturité entre ciel et terre ? Et qui se nourrit essentiellement de lumière et de ténèbres, de l’immatérialité et de la matérialité, dans un monde où le visible et l’invisible cohabitent mutuellement ?

Ce principe de l’évidement comme communication, demeure constamment dans la quasi-totalité de ses œuvres. Car quand l’un va à la recherche de l’autre, forcément l’autre le trouve.

Une démarche efficace avec une finalité collective

Comme Picasso, Yves Klein, Djima Karamoko a connu trois périodes dans l’évolution de sa pratique artistique. 

En 2000, notre artiste-installateur prend conscience de sa personnalité et s’éveille comme le débit oratoire de l’eau de la rivière qui coule tout au long de la journée, sous l’œil vigilant de la mère nature. Il voit alors son initiation dans le monde de l’art, par le biais de la poésie sonore-picturale, c’est-à-dire un art qui s’inspire de la vie, dans cette configuration où peinture et poésie se marient, font bon voisinage.

Ce travail artistique qui se situe entre peinture et poésie, donne raison à ce titre de « Naissance » ou à cette phase de « Fécondité ».

La seconde période de notre artiste-installateur se situe 13 années plus tard, c’est-à-dire en 2013. Celle-ci convoque chez l’artiste, une sociologie de son corps dans toute sa condition suprême. C’est à partie de cette phase de sensorialité sublimée que Djima Karamoko va percevoir toute la dimension spirituelle de son art et de son habitus. Ainsi, il se détourne de la toile et opte pour tous les supports flexibles ; le papier dans toute sa diversité.

En guise de récompense, il attribue le nom de « Cheminement » à une étape de sa vie où la concrétisation artistique demeure pour lui, comme une expressivité dans l’expression, c’est-à-dire la voie de son intériorité retrouvée : ce qu’il a de plus cher, de plus fort et de plus noble.

Tantôt incompris, tantôt en marge de la société, Djima Karamoko ne se laisse pas choir par les vicissitudes de la vie et les caprices de l’être homme.

Au cours d’une séance de travail, il fait la connaissance d’un fou de l’art, un autre incompris Désiré Amani alias Dez Lesex, qui se voit dans la même peau que lui. Djima s’aperçoit qu’il n’est pas seul dans son cas. Depuis cette rencontre, les deux artistes qui s’inscrivent dans cette dimension de l’art-démesure, mettent à priori leur délire artistique et vivent leur art à travers les 4 points cardinaux du globe terrestre.

L’année 2019 marquera chez notre artiste-scénographe-installateur Djima Karamoko, une ferme maturité tant dans la forme que dans le fond. Il fusionne dans son intériorité et dans son extériorité cette valeur comme « agir » dans sa création plastique. De nouvelles forment naissent avec une production structurée, qui frappe visiblement, de par sa qualité, d’où cette période de la « Maturité ».

En alliant structure, design, poésie et sonorité dans une scénographie expérimentale, Djima Karamoko jouit pleinement de tout ce qu’il a conservé en lui comme délectation, c’est-à-dire tout le plaisir concentré qui puisse atteindre tous ses sens, afin d’être mis aisément en lumière.

Une démarche efficace avec une finalité collective 

Humaniste dans l’âme, la production artistique de Djima Karamoko répond à une dimension assez singulière, tout comme chez Daniel Buren, Jeff Koons, Christian Boltanski, qui nécessite une main d’œuvre qualifiée.

Djima Karamoko travaille en collaboration avec des femmes spécialistes dans le domaine de la tresse, des scénographes, des communicateurs etc... Ces œuvres en art conceptuel, donnent quelques clefs à travers une analyse de sa personne, de son intimité avec cette abondance de lumières déclinée sous la forme de ténèbres, et surtout de son humanisme entant qu’être sociable, sociologiquement.

Une exclusivité de son art sera présentée, lors de son exposition individuelle, le 26 Septembre 2019 à la Rotonde des Arts Abidjan-Plateau. Vous êtes tous conviés officiellement à prendre part à cette messe artistique.
 

Salif D. CHEICKNA

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