1ère Femme général de l'armée ivoirienne- À vos ordres mon général !

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1ère Femme général de l'armée ivoirienne- À vos ordres mon général !

dimanche, 17 mars 2013 00:00
Gl Akissi Gl Akissi Crédits: .

Je me suis engagée dans l’armée pour la rigueur et la discipline qu’elle renferme. En 1980, j’ai lu dans Fraternité Matin que les étudiantes en médecine étaient désormais admises à entrer dans l’armée. Contre toute attente, mes parents m’ont dit de foncer. » Et depuis, celle qui vient d’être promue général de brigade de l’armée fonce… 

1ère Femme général de l'armée ivoirienne- À vos ordres mon général !

 Je me suis engagée dans l’armée pour la rigueur et la discipline qu’elle renferme. En 1980, j’ai lu dans Fraternité Matin que les étudiantes en médecine étaient désormais admises à entrer dans l’armée. Contre toute attente, mes parents m’ont dit de foncer. » Et depuis, celle qui vient d’être promue général de brigade de l’armée fonce… 

Première en tout…
Après avoir fait sa formation de base, en 1983, Kouamé présente sa thèse en médecine devenant ainsi, la première femme officier avec le grade de médecin lieutenant dans l’armée ivoirienne. Après trente années de labeur et d’ardeur, le 7 août 2012, elle devient la première femme générale de brigade au sein de la grande muette. Sa carrière, cependant, n’a pas été un long fleuve tranquille. « Pendant le stage, on était cinq femmes au départ. C’était une surprise pour les hommes de nous voir, surtout des femmes officiers, dans cet univers qui était le leur. Nous sommes allées faire notre service militaire à Bouaké », se souvient-elle avec émotion. Et là, les anecdotes croustillantes ne manquent pas. « Lorsqu’on était en train de préparer le saut parachutiste, nous avons fait le premier saut qui s’est avéré anodin, mais au deuxième, le doute a commencé à gagner tout le monde. Mais j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai sauté. A la fin du saut, alors qu’on était encore dans la cocoteraie de Grand- Bassam, il y avait, à l’époque, des militaires togolais parmi nous, un sous- lieutenant a avoué après cet exercice que c’est grâce à moi qu’il a pu sauter. En effet, il a dit ceci : « Je ne pouvais pas ne pas le faire. Car, si je repartais au Togo sans l’avoir accompli alors qu’une femme l’avait réussi, mon Président Eyadéma allait me mettre en prison », relate-t-elle le regard pétillant de fierté non contenue.
Une féministe en treillis
Son engagement va bien au-delà de son 1,60m. Le général Akissi est présente sur tous les fronts de l’émancipation féminine où elle fait étalage du rôle prépondérant de la femme militaire dans l’armée ivoirienne qui opère sa mueen cette période post-crise. « Cela fait trente années que j’exerce, mais le nombre de femmes militaires n’excède pas cent et on en dénombre 26 qui sont officiers. Et un grand nombre sont médecins », déplore-t-elle. Maintenant que l’école des officiers a ouvert ses portes aux femmes, elle espère y voir un plus grand nombre. Si l’on y applique la parité. Oui, la parité, elle y tient ! Toutefois, en attendant ce changement, imprégnée de l’esprit même de ce corps, elle se concentre avec une fierté contenue sur la mission à elle confiée. Et de par son poste, elle entend influer positivement sur les décisions en faveur des militaires en général et des femmes en particulier. Afin de permettre déjà à la gent féminine d’évoluer dans toute l’administration et pourquoi pas de diriger des bataillons et faire l’instruction. En un mot, gravir les échelons au même titre que les hommes. Elle croit dur comme fer que la femme peut changer le visage de l’armée de par sa sensibilité et sa fonction innée de pacificatrice.
Femme jusqu’au bout des ongles !
Le général Akissi est une femme, un peu timide sur les bords. Mais qui sort de sa réserve dès qu’on parle de la famille. De sa famille ! Ici, elle s’extrait de son couvert martial et se dévoile comme une femme « normale ». Dans le cocon familial, elle confie jouer tous les rôles : elle est mère, fait des câlins à son époux, s’attelle à la cuisine et fait ses emplettes au marché pendant ses heures libres. Mieux, « à la maison, c’est mon époux qui est aux commandes et je deviens un soldat », coupe-t-elle tout net, le sourire aux lèvres. Ce faisant, à travers cette amazone des temps modernes, la femme militaire se découvre par ses actes et paroles mesurées comme une femme de son temps et un modèle pour les générations futures.

Hadja Sidibé

 

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