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Maladie mystique : La cellule Roqya propose sa thérapie

samedi, 08 octobre 2016 00:39
Maladie mystique : La cellule Roqya propose sa thérapie Crédits: DR

Comme tous les autres centres de santé urbain, la cellule Roqya, a aussi des carnets de consultations, portant le nom, le prénom, la date de naissance, le statut matrimonial, le contact et l’origine du mal du patient. A chaque passage d’un malade, l’assistante prend le soin de remplir ce document en indiquant le traitement du jour administré.

Maladie mystique : La cellule Roqya propose sa thérapie

Lorsque nous prenions le pari de nous rendre, ce premier lundi du mois d'avril, à la cellule Roqya, centre de prière et de guérison à  travers le Coran, des maladies liées au mysticisme, nous savions que nous rentrions dans un monde rempli de mystères. Car elle-même située  en face du cimetière municipal de Yopougon, sur la route de Dabou.

On y accède y accède en empruntant une entrée, au rez de chaussée d’un immeuble, jouxtant celui d’un ex international ivoirien. A la véranda sont entassés des sandales. Ici, l’on se déchausse pour y entrer, comme si on franchissait le seuil d’une mosquée.

C’est une trois pièce qui sert de lieu de consultation pour les Rakis (nom donné aux adeptes de la cellule), dont le responsable se nomme se nomme Amir Sana  Sam Hana, représentant en Côte d’Ivoire du cheikh Ben Halima Abderaouf (précurseur de ce mouvement). Sur les murs, sont plaqués des écritures arabes. Nous essayons de déchiffrer ces mots transcris en français.

Dans ces maisons sont dressés des petits matelas d’une largeur de demi et presque 1,90 m de longueur



Mais nous sommes freinés dans notre élan par un disciple qui lance une salutation en arabe, «salam-Aléikoum» en s’approchant de nous. Et toutes les personnes dans la salle de répondre en chœur :Waleykoumsalam. Habillé dans  une chemise défraichie, un pantalon à hauteur de la cheville, il porte des gants et tient des petits bols. Ces outils, nous le saurons plus tard, sert à une thérapie qu’il surnomme « ventouse ».

L’homme nous demande de le suivre, nous traversons toutes les pièces  pour nous retrouver dans l’arrière cours du cabinet. Là, des versets coraniques sont psalmodiés dans une espèce de tintamarre. Les sons proviennent de trois studios, qui servent aussi de lieu de traitement.


Dans ces maisons sont dressés des petits matelas d’une largeur de demi et presque 1,90 m de longueur. Des malades sont couchés.

Aboubacar, chargé du traitement demande à un des malades de montrer la partie où il ressent la douleur. « C’est le dos et les reins », lui répond M.A.K. Les parties désignées par le patient son aseptisées avec de l’alcool par Aboubacar, qui, par la suite, fait une incision légère de la zone avec une lame. Il allume une bougie placée près des matelas. De cette incandescence, un bout de papier rallumé est introduit dans le bol et posé à l’endroit où il y a le mal.

J’ai vu en songe un membre de ma famille



A travers ce même procédé, trois à quatre bols sont aussi+ placés sur les reins, le dos, la poitrine et le front du patient. Il est ensuite recouvert d’un pagne blanc. Puis on y récite les versets coraniques pour extraire le sang contenant la maladie mystique qui ronge le malade. 10 minutes ont suffi pour retirer le drap sur M.A.K. « C’est fini pour aujourd’hui, tu peux te rhabiller et rejoindre le secrétariat pour qu’on te fixe la date du prochain rendez-vous », dit le « médecin » à son patient, en le rassurant de la disparition progressive du mal.

« Je souffrais énormément. Lorsque  je suis arrivé les premiers jours à la cellule, on m’a donné des versets à réciter, puis je suis tombé dans un sommeil. Cela a permis d’identifier les auteurs du mal qui me ronge. J’ai vu en songe un membre de ma famille. On m’a donc remis des recettes pour me défendre, en disant  que le bourreau perdrait la vie. Mais j’ai refusé. Cependant, le mal perdure », rétorque M.AK. C’est la raison pour laquelle il fréquente régulièrement  les Rakis.

Comme tous les autres centres de santé urbain, la cellule Roqya, a aussi des carnets de consultations, portant le nom, le prénom, la date de naissance, le statut matrimonial, le contact et l’origine du mal du patient. A chaque passage d’un malade, l’assistante prend le soin de remplir ce document en indiquant le traitement du jour administré.

Dans le carnet, sont contenus des prières d’invocation et de protection. Et à la dernière page se trouve l’image du précurseur du mouvement.

Ce centre de guérison conseille au malade de se débarrasser de tout ce qui est  associationnisme (Le fétichisme)

Il est américano-tunisien, champion olympique en mathématique, ingénieur en statistiques et économie. Il s’est consacré depuis 1995 aux œuvres musulmanes, lit-on.

Dans la salle d’accueil, l’assistante expose les médicaments que les patients doivent utiliser pour accompagner le traitement. De l’encens, du beurre de karité, la graine de Nigele, la tizane, la pommade, le savon, des produits fabriqués avec des versets coraniques.

Dans l’arrière cours, sont aussi déposées une vingtaine de bidons de 20 litres d’eau coranisée. Avec cette eau, le patient devrait  se laver et asperger sa maison.

« Si tu arrives à la maison, prend le  temps de lire soigneusement le carnet pour te soigner », conseille l’assistante à Koné Drissa, un patient. A l’intérieur les différentes prescriptions à observer pendant les 2 semaines de traitement sont énumérés en 8 points. Entre autres comment se traiter et quels sont les actes de prévention à prendre pour neutraliser les « Djinns » (mot arabe généralement utilisé pour désigner les esprits maléfiques et les génies).

Un tour dans le bureau de  l’Amir Sana  Sam Hana,  on y découvre des documents volumineux. Ce sont les répertoires de tous les patients qui ont fait un passage au centre. Ils ont pour la plupart une vingtaine d’âge. Sur  leur fiche de consultation, une maladie revient de manière récurrente au niveau de ces personnes : Blocage dans la vie. Trois des patients sur sa liste que nous avons joint, ont tous loué les prouesses de la Cellule Roqya qui a pu résoudre leur problème.

KM, après 8 années de maladie liée au rein, sera « délivré » par l’équipe de Sana. « Je n’ai plus des pincements au niveau des reins, j’ai repris mes activités », lance-t-il. A côté de lui est couchée une fille de 8 ans sur un matelas, les membres invalides « A l’hôpital les médecins ont trouvé qu’elle ne souffre d’aucun mal, après le scanner. Mais, nous avons permis à ce que ses membres puissent fonctionner de façon convenable », nous explique Sana.

Selon les malades, c’est le système de captage qui a le plus attiré leur attention. Système qui permet de faire parler l’esprit maléfique ou le génie qui envoûte l’humain. « Nous avons fait des séances de captage dans les villes d’Abidjan. En collaboration avec des médecins, nous avons également mené des visites auprès des malades dans certains centres de santé, nous avons apporté notre contribution dans leur guérison», fait remarquer  L’Amir Sana  Sam Hana. Qui précise que ce n’est nullement ici une manière de rivaliser ou de mettre en cause la médecine moderne. Il souligne  par contre que la Cellule Roqya  est reconnue par le ministère de la Santé comme un centre de traitement et de guérison  des maladies mystiques par le Coran.

Aujourd'hui présent dans plusieurs villes de la Côte d'Ivoire et dans certains pays, ce centre de guérison conseille au malade de se débarrasser de tout ce qui est  associationnisme (Le fétichisme). Car, "c'est du satanisme", clame-t-il.

Kamagaté Issouf

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