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Zakaria FAHIM (President Hub Africa): “Mesdames, Messieurs les Nantis soyez égoïstes PARTAGEZ »

mercredi, 29 novembre 2017 17:00
Zakaria FAHIM (President Hub Africa): “Mesdames, Messieurs les Nantis soyez égoïstes PARTAGEZ » Crédits: DR

« Chacun d’entre nous doit avoir l’intime conviction qu’il peut et qu’il doit contribuer au développement de notre continent »

Zakaria FAHIM (President Hub Africa): “Mesdames, Messieurs les Nantis soyez égoïstes PARTAGEZ »

« Beaucoup de nouveaux riches en Afrique (et même des anciens) ont oublié d'où ils viennent, ils ont tourné la page et ont fait un « delete * ;* », en pensant qu’ils étaient à l’abri de leur passé qui les nargue souvent lors des derniers endroits où riches et moins riches sont dans la même agora sans invitation : les enterrements !!!

Toute notre energie doit être orientée pour que ces espaces ne soient plus rattachés uniquement à notre dernière demeure mais plus tôt à notre avenir et celui de nos enfants. Le plus important, c'est de recréer du lien, donner envie d'être dans une logique où grandir avec les autres a du sens et non pas rester dans cette culture de mer rouge où gagner rime avec un perdant en face automatiquement. La « Copetition », cad collaboration et competition sont tout sauf deux frères ennemis.

Ils nous faut sortir vite de cette spirale qui montre le Maroc avec deux grands ensembles : ceux qui ont et ceux qui n'ont pas. Ces derniers prennent le bus,  où vont à pied non pas parce qu’ils sont écolos mais juste parce qu’ils n’ont pas le choix pour aller au travail très tôt le matin en partance de leur cité dortoir, pour rester soft.

Faisons un arrêt sur image et réfléchissons sur ce qui définit un continent, un pays émergeant. Doit-on mesurer le développement par  la hausse du parc de voitures à un prix à six chiffres, l'existence d' espaces communs propres, des infrastructures de premier plan ? Est-ce que c'est un civisme qui transpire à chaque coin de rues :  des automobilistes qui s'arrêtent au passage piétons,  des klaxons mis à la retraite ? En un mot, c’est tout ce qui est une non question ailleurs, un peu plus au nord, à moins de12 km seulement de l’Afrique.

Un petit rappel, que l’on oublie quand on regarde le monde à travers la lorgnette du JT du 20H, ce sont des faits têtus à fortement méditer : l’écrasante majorité de nos enfants sur le continent sont scolarisés dans l'école publique alors que très souvent 100 % du monde aseptisé que nous fréquentons a ses petits  dans les écoles privées.

Pour tous ceux qui pensent que les jeunes africains, (tous nos enfants) doivent avoir une place demain dans la cité, il va falloir agir vite et retrouver la recette pour que l’école publique ne rime pas avec pauvres, faillite, heures supplémentaires,  où l’horizon n’est que chimère avec pour support pour se projeter « Et si.. » au lieu de « Just Do IT ». Le Rwanda vient de démontrer que c’est possible, en voyant l’élite remettre ses enfants dans l’école publique et en s’inscrivant dans un cycle de fermeture d’écoles privées.

Nous avons maintenant d’autres exemples de pays emergeants, la Malaisie, les Émirats Arabes Unis, deux pays musulmans qui ont su passer de l’autre côté du gué. S'ils étaient au même niveau de développement que beaucoup de pays africains il y a quelques décennies, aujourd'hui, ils nous regardent via le rétroviseur. Nous sommes pour eux une ombre (très) lointaine. Je reviens sur ce qu’a dit  Mme Merkel à des juges de la cour suprême venus la voir pour se plaindre de la hausse des salaires qu'elle avait accordée aux enseignants.

*  Madame Merkel, comment se fait-il que vous avez accordé des salaires plus élevés aux enseignants que nous. »

* Elle eut cette réponse cinglante et pleine de bon sens : «  Comment imaginez-vous que je puisse payer moins cher ceux qui vous ont formés. »

Le point commun entre la Malaisie les Émirats Arabes Unis sans compter les pays européens ou nord américains, Ils ont mis l’éducation sur le haut du podium et avec comme postulat que rien ne peut se faire sans un peuple éduqué.

Tout le retard à l'allumage vient de cette approche erronée de notre Élite africaine souvent venant de l'école publique. Elle joue à l'autruche et pense que nous pouvons remettre tout le monde dans le jeu en renvoyant tout sur l’Etat et en ayant une approche trop individualiste laissant sur le carreau l'essentiel de notre jeunesse.

Sur le plan macro, des pays comme le Maroc, le Rwanda ou Maurice ont quelques belles réussites, qui peuvent servir d’ambassadeurs et donner envie aux sceptiques. Ces réussites ne sont pas le fait du hasard. Les nantis se doivent d’être les acteurs du changement et donner envie aux autres qui attendent de mouiller la chemise. Il va falloir se bouger. J’ai appris sur un TEDX que la vitesse de la mort c'était 2,95 km à l'heure. Si l’on veut mourir en bonne santé et entre les deux être acteur de sa vie, agissons pour que l’intelligence collective soit notre ADN et que donner aux autres soit synonyme d’enrichissement individuel et collectif et tout ça à une vitesse au moins supérieure à 4 km/h !!! L’expert comptable peut par exemple en tant qu’interniste de l’entreprise participer activement à la montée en charge des start-up à la formation de la relève entrepreneuriale sans compter l’accompagnement sur le développement sur le continent et au-delà.

Par ailleurs, en Afrique, beaucoup de nos concitoyens s'eloignent de la vie politique, s'enferment dans des « bunkers » dorés. Ils pensent à tort que pour ne pas être pollués par la sinistrose ambiante, il vaut mieux ne pas rentrer dans l'arène et attendre tout de l’Etat.

 Oui mesdames, messieurs les nantis, soyons égoïstes : partageons.

Et je vous rassure ce n’est pas pour donner ce que vous avez gagné, souvent durement. Notre rôle, c'est plutôt donner envie à celles et ceux qui nous regardent sur le bord de la route souvent de l'autre côté dans la banlieue est. Pour eux, nous devons développer le compagnonnage par nos seniors et/ou par les bénéficiaires des départs volontaires de l’Administration, levier pour réduire la fracture numérique notamment intergénérationnelle. Par ailleurs, l'élite doit mettre à disposition son capital surtout immateriel pour toute cette grande frange de la population qui ne bénéficie pas du smig social et économique, nécessaire pour mériter le label de continent, de pays émergeant dans une démarche gagnant-gagnant.

En Afrique, c'est souvent beaucoup de paroles et très peu d'actes. Nous devons arrêter de nous méprendre et de prendre pour de l’argent comptant cette ancienne publicité : « l’Afrique, le continent d’avenir »  qui pour l’instant ne l’est que pour quelques « happy few ».

Je pourrais me référer à Bertolt Brecht, dramaturge allemand, qui écrivait dans une de ses pièces la réplique suivante : « Si le peuple s'exprime contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple». C'était en 1953. Certains en rêvent encore maintenant.

Je reprends l’exemple du Maroc ou du Rwanda, ils ont mis sur orbite des projets de rupture capables de remettre en marche l’ascenceur social. Nous pouvons citer : une ville totalement connectée, des drones comme livreurs, ou l’auto-entrepreneur. Ce dernier peut servir de catalyseur pour les jeunes et moins jeunes qui veulent prendre leur destin en main, sans assistance mais avec un accompagnement global. Son pilotage s’appuie sur les outils du XXe siècle. Il va falloir aller encore plus dans la rupture, promouvoir le mobile paiement plus généralement le digital avec une market place et du e-learning. Nous devons aussi et surtout apporter la couverture sociale et des services à valeur ajoutée pour que le passage de l'informel vers le formel notamment soit un plaisir et une action voulue et non subie.

Nous devons arrêter de penser sur le continent que la petite entreprise c'est une grande entreprise en miniature. Il va falloir pour le coup donner la parole aux entrepreneurs (TPE, Start-up), les batisseurs d’une Afrique inclusive et surtout leur fournir les outils du XXIe siècle et l’envie de croire qu’ils sont la solution de notre developement. En effet, si chaque TPE recrute une personne, c’est la surchauffe !!!

Chacun d’entre nous doit avoir l’intime conviction qu’il peut et qu’il doit contribuer au développement de notre continent, à rendre les institutions inclusives et à promouvoir des opportunités économiques pour tous, ainsi que l’égalité entre hommes et femmes.

Un préalable, passer de la défiance à la confiance pour bâtir l’avenir d’un continent au service de tous.  

Actuellement, la question se pose de savoir dans quelle camp nous sommes ?

Nous avons d’un côté ceux qui ont et de l’autre ceux qui n'ont pas. Il y a encore pas très longtemps il y avait les honnêtes gens, les hors la loi malgré eux et les autres. La classe sociale n’était pas une fin en soi. Il est impératif de retrouver du lien social. Chacun d'entre nous doit être un acteur pour que l’Afrique « qui gagne » devienne une réalité pour chacun d’entre nous. C'est un investissement de longue haleine qui exige de donner et d’accepter de sortir de la logique un peu « cocotte-minute », où l’on veut le resultat hier et sans effort !!!. Nous n’avons rien sans rien et notre jeunesse connectée fait son benchmark sur la toile et exige autre chose que ce qu’elle a sur les étalages quitte à tenter le diable et les marées.

La dernière livraison de la banque mondiale rappelle le danger d’un taux de chômage élevé avec une difficulté d'insertion des jeunes et des femmes. L’elite doit prendre ses responsabilités, donner l'exemple.

Nous pouvons créer un fonds à partir d’une contribution des sociétés cotées des grandes places financières du continent dans une logique d’apport d’idées neuves et parfois disruptives à moindre coût à ces dernières. Par ailleurs, nos concitoyens ayant des hauts revenus, (les nantis ++) classés dans Forbes ou non peuvent rentrer dans la postérité en créant un fonds pour l’émergence de talents que l’on pourrait appeler fonds EPS pour (Eternité, Prospérité, Solidarité) à l’instar de leurs homologues américains.

Je pense surtout que nous devons être égoïstes et cela passe forcément par le partage alors n’attendons pas demain. Agissons ! Ce que nous voyons autour de nous, pas plus loin que les derniers évènements de Barcelone nous rappellent notre responsabilité de sauver le soldat « Education Nationale » sur le continent. C'est une question de vie ou de mort. C'est dans nos cordes, c'est possible. A nous, de ne pas remettre à demain ce que l’on peut faire ici et maintenant.

Zakaria FAHIM

President Hub Africa

 

www.hubafrica.co

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