Violence politique en Côte d’Ivoire : Faut-il imposer une trêve de 10 ans ?

lundi, 25 mars 2019 17:09
Violence politique en Côte d’Ivoire : Faut-il imposer une trêve de 10 ans ? Crédits: DR

Oui, face à la violence politique récurrente en Côte d’Ivoire qui pénalise notre pays, fragilise notre économie, hypothèque l’avenir de nos enfants, décourage tous les investisseurs nationaux et internationaux et oppose les populations les unes contre les autres, il faut imposer une trêve durable.

Oui, il faudrait que nos acteurs politiques, déguisés en syndicalistes pensent aux intérêts de nos enfants, à l’avenir de notre nation et à toutes les conséquences de leurs actions. C’est connu, et ce n’est un secret personne, en Côte d’Ivoire, ce sont les acteurs politiques qui actionnent les syndicats selon leurs intérêts politiques du moment.

Ensuite, lorsque la situation politique et sociale se détériore, les commanditaires politiques, tapis dans l’ombre, entre en action pour réclamer la démission du gouvernement ou de l’exécutif, en dénonçant l’incapacité de ces derniers à gouverner le pays.

Quelques fois, ces syndicalistes se retournent contre leurs propres commanditaires politiques, pour exprimer leurs frustrations et colères parce qu’ils estiment n’avoir pas été récompensé pour leurs actions dans la vie politique ivoirienne.

Ainsi, très souvent, ces actions ne sont pas toujours destinées à défendre des droits des travailleurs. Ils agissent donc comme des acteurs politiques de l’opposition qui imposent des zones d’ombre et d’incertitudes à l’exécutif.

La violence politique dans notre pays coûte chère à notre économie. Depuis des décennies elle est instrumentalisée comme moyen d’expression dans la vie politique. Les Forces Nouvelles de Guillaume Soro avaient utilisé pour revendiquer des droits sans doute légitimes, la violence, comme un instrument politique.

Cette violence avait déjà été utilisée par les gouvernements dans le passé, en instaurant des milices et escadrons de la mort pour asseoir une légitimité acquise dans « des conditions calamiteuses ». Depuis l’instauration du multipartisme en Côte d’Ivoire, en 1990, la violence politique s’est érigée en instrument politique pour conquérir et conserver le pouvoir, au détriment des projets de société et de programme de gouvernement.

Cette violence politique se manifeste sous diverses formes. Elle est à la fois physique, verbale et psychologique, comme nous avions pu le constater dans le passé et lors des récentes manifestations dans l’éducation nationale en Côte d’Ivoire.

En effet, ces manifestions pour réclamer des droits revendiqués et obtenus en 2007, sous la Présidence de Laurent Gbagbo, mais non exécutés, ont été tous satisfaits par l’exécutif actuel, au nom de la continuité de l’Etat.

Malgré cela, ces actions de violences ont continué à se perpétrer dans les établissements scolaires, jusqu’à déloger par la violence des élèves du privé qui ne sont pas concernés par ces revendications qui datent de la Présidence de Laurent Gbagbo et satisfaites par le président Alassane Ouattara. Ces faits sont disponibles et vérifiables par tout le monde.

La revendication nouvelle est celle de ne pas donner des cours à nos enfants le mercredi matin. Personne n’est obligé d’être enseignant, c’est un droit. On le devient par vocation, parce qu’on aime se métier.

Même si on le devient par opportunité ou par manque d’emploi dans son domaine initial de formation universitaire, cela n’oblige pas les enseignants à imposer à la puissance publique, le nombre de jours et heures qu’ils souhaitent travailler.

Partout dans le monde, c’est l’employeur qui fixe les conditions de travail et le volume horaire à travailler. Ce n’est pas le contraire. Dans ce cas, tous les fonctionnaires de Côte d’Ivoire devraient alors demander à ne pas travailler les mercredis comme le demandent ces enseignants.

Tout le monde le sait en Côte d’Ivoire, dans le passé, les mercredis servaient aux enseignants à donner des cours de rattrapages à nos enfants. Ces cours payants, étaient ensuite donnés aux examens. De ce fait, les enfants qui ne bénéficiaient pas de ces cours du mercredi, parce que les parents n’avaient pas les moyens de les payer étaient donc pénalisés et condamnés à l’échec scolaire, par l’avidité financière et l’égoïsme politique de certains acteurs, utilisés dans la vie politique.

Que ceux qui ne veulent pas travailler le mercredi fassent donc autre chose et laissent la place à ceux qui ont l’amour pour ce métier noble et respectable. On ne rentre pas dans cette profession pour s’enrichir, mais par amour des autres, de nos enfants, pour l’avenir de notre nation.

C’est parce qu’il y a eu des instituteurs et professeurs de collèges et lycées passionnés et remplis d’amour, que ces enseignants qui demandent aujourd’hui de ne pas travailler le mercredi, sont des hommes et femmes instruits et ayant un métier noble. Si les autres agents de la fonction publique hospitalière, de la police, gendarmerie, pompier et des autres administrations d’Etat et territoriales demandaient eux aussi à ne pas travailler les mercredis, ce serait une véritable catastrophe. N’importe quel fonctionnaire et travailleur souhaiterait travailler peu de jours et gagner plus d’argent. Dans ce cas-là, on fait quoi ?    

Alors, oui, il faudrait imposer une trêve sociale durable par amour pour nos enfants et pour notre pays, au lieu de penser de manière égoïste à comment toujours gagner de l’argent, en étant agent de la fonction publique. Quand on veut être riche, on ne rentre pas dans la fonction publique. Ou alors, on fait des affaires.

 

Macaire DAGRY