The President

The President

samedi, 12 novembre 2016 13:35

Pour l’heure, réjouissons-nous, les occasions sont si rares, d’autant plus que comme dans la chanson « Tout va très bien madame la Marquise », le pire peut toujours s’annoncer avec humour. En mieux à rebours.

 

 

 

The President

Soyons fair-play et reconnaissons-le : il est vraiment doué ce Trump, ce professionnel de la téléréalité qu’absorbe les américains dès leur tendre enfance. Plus d’un an de campagne tous crocs dehors, à la façon d’un fauve affamé, prêt à dévorer tout adversaire pour ne pas dire toute proie, et le soir de sa victoire le voilà transformé en une sorte de gentil agneau au pelage soyeux qu’on aurait presque envie de caresser. Est-ce un rêve ? Oui au sens du rêve américain où les ambitions les plus improbables trouvent un terreau fertile pour devenir des réalités.

Un ami, tout aussi remué comme vous et moi, m’a envoyé le Short Message Service (eh oui, j’en perds mon français et le sens de l’abréviation !) suivant : « Chère amie, ce monde est-il sérieux ? Ou nous sommes-nous ossifiés avant d’avoir vieilli ? Mon cerveau s’est vidé… » ; et un autre qui a la défaite mauvaise : « N’y aurait- il pas une terrible erreur de casting ? À Hollywood OK, mais à la Maison Blanche ? Pourvu que dans le bureau ovale, il ne confonde pas le bouton vert de la clim avec le bouton rouge de l’apocalypse atomique ! ». Oh oh, ce fameux bouton rouge du bureau ovale reste désactivé et tant qu’il ne reçoit pas le feu vert coordonné d’un éventail d’agences de sécurité et de renseignements, toutes puissantes à la Maison Blanche depuis Eisenhower. Donc passons !

La majorité des américains a voté pour faire partir les partants. Certes, dans les sondages (faut-il y croire vraiment ?) Barack obama est encore coté mais la défaite d’Hillary, avatar des grandes dynasties politiques et exutoire de la colère contre les hommes et femmes politiques du sérail permet de prendre cela avec beaucoup de circonspection. Couronnons-le déjà couronné, sans doute transportera-t-il le monde de victoire en victoire.

The President nous a promis un mur indépassable entre son pays et le Mexique ; lequel rempart devra être financé par les Mexicains eux-mêmes ! estimation : 3200 Km de muraille sur 6 à 10 mètres de haut hormis les fils de fer piquants. Ce qui ferait plus que le défunt rideau de fer de Staline de la mer Baltique à la mer Noire et plus que les reliques de la muraille de chine, construite pour protéger l’empire du milieu, mais qui n’a servi qu’à son classement au patrimoine mondial de l’humanité et à être le principal atout touristique du pays-continent. Couronnons-le déjà couronné, dis-je, The President est un visionnaire et un homme d’affaires de génie.

Quel bonheur pour ses concitoyens après qu’il est arrivé à faire oublier qu’il appartient à la caste que la majorité exècre, s’il parvient à restaurer le rêve d’une Amérique toute puissante, toute prospère et…toute hégémonique en respectant les grands engagements signés par ses prédécesseurs. Pour l’heure, réjouissons-nous, les occasions sont si rares, d’autant plus que comme dans la chanson « Tout va très bien madame la Marquise », le pire peut toujours s’annoncer avec humour. En mieux à rebours.

PAR OUMOU D.

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Lu 1787 fois Dernière modification le samedi, 12 novembre 2016 13:47