Si près de nous

Si près de nous

mercredi, 20 janvier 2016 13:42
Si près de nous Crédits: DR

Doit-on encore les appeler des djihadistes ou des terroristes ? Ce serait leur faire honneur et les aider à perpétuer leurs actes. Non, ce ne sont pas des djihadistes. Ce sont des tueurs. Ni religion, ni foi, ni conviction, ni croisade, ni rien.

Si près de nous, ils ont frappé avec la même animosité et la même méchanceté. L’intensité n’a pas faibli. Ils ont causé émoi, tristesse et désolation au Burkina Faso. D’Abidjan, nous n’avons pas entendu les tirs. Mais nous avons ressenti leurs effets sur nos corps et nos cœurs meurtris. Il n’y a plus de limite à la barbarie. La candeur des populations et la réputation d’hospitalité ne sont pas dissuasives pour les criminels, bien au contraire elles les aiguillonnent et attisent leurs appétits. Frapper partout, aveuglement, violemment et inopportunément. C’est leur mission.

Doit-on encore les appeler des djihadistes ou des terroristes ? Ce serait leur faire honneur et les aider à perpétuer leurs actes. Non, ce ne sont pas des djihadistes. Ce sont des tueurs. Ni religion, ni foi, ni conviction, ni croisade, ni rien. Il n’y a rien qui sous-tende ces assassinats par des ignares qui recherchent une rédemption dans l’enfer. Entrer dans un hôtel, dans un restaurant, dans une église, dans une mosquée et tuer des innocents. Parmi eux des personnes fidèles à  Dieu qui ne manquent aucune prière ni leurs obligations religieuses quotidiennes, qui mènent une vie exemplaire sur terre, comme prétendent l’exiger les tueurs, mais qui sont tuées quand même.

Il n’y a plus de repères ici-bas, plus de mesure ni de morale. Tuer est en train d’être une valeur, enseignée à une jeunesse perdue, lessivée, désorientée et décérébrée. Tuer pour entrer au paradis. Tuer pour vivre avec soixante-dix (70) vierges dans l’au-delà. Tuer pour vivre un bonheur hypothétique dans un paradis improbable. Tuer pour le salut d’âmes damnées. Tuer pour se débarrasser  d’enveloppe charnelle répugnante. Tuer pour quitter les douceurs d’un monde vomi. Tout un programme de vies travesties par des prêches et des gourous incandescents.

Ils ont frappé Ouagadougou, l’intègre. Ils l’ont battue et violée. Ils l’ont surprise en pleine nuit et l’ont étreinte d’un baiser de la mort. Une violence à nulle autre égale, une brutalité première dans l’histoire nationale. C’est la répétition de drames déjà joués ailleurs sur les autres continents, dans les autres pays. C’est toujours cette même douleur répandue dans les nations. C’est encore la résurgence de cauchemars vrais et d’effroyables rêves qui virent à la réalité.

Face à la barbarie, il n’y a pas de discrimination : les lieux saints, les lieux impies, les pays riches, les pays pauvres, les pays froids, les pays chauds, l’Hémisphère Sud, l’Hémisphère Nord. Les tueurs ont essaimé l’univers.

À qui le tour ? À qui le moment de verser des larmes ? Peut-être nous, peut-être eux,  peut-être vous, peut-être tout le monde.  Qu’ils nous frappent chez nous,  chez eux ou ailleurs, qu’ils frappent les autres pays, nous ressentirons toujours cette même douleur d’une humanité qui souffre, qui geint et qui coule. Est-cela le monde que le Créateur a voulu et enfanté ?

Mais nous vaincrons l’obscurantisme. Nous vaincrons les marchands de la mort. Cela prendra le temps que cela prendra, mais les extrémismes appartiendront au passé un jour, grâce à la solidarité mondiale, grâce à nos luttes communes contre les tueurs illuminés. Nos patries vaincront la mort. Vivra toujours le Burkina Faso ! 

Par vincent tohbi irié

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