Secteur du Transport : Les gnambro-rois

lundi, 06 novembre 2017 16:56
Secteur du Transport : Les gnambro-rois Secteur du Transport : Les gnambro-rois Crédits: DR

« Tu paies tu passes. Tu passes je casse, ou je te tue. » Parole de gnambro ou de brigand en Côte d’Ivoire.

Il n’y a guère de sot métier, dit-on. Et au nom de ce que des gens aux biceps bien dessinés, portant sur le faciès la signature de la loi de la jungle doivent bien gagner leur pain quotidien, nous devrions nous accommoder de n’im-por-te quoi !

« Gnambro », appellation à laquelle ils répondent, à l’origine, étaient des « mains ». Des auxiliaires commis à chercher  des passagers pour les chauffeurs qui, pour les encourager, leur remettaient un pourboire.  Puis, le grand désordre dans le secteur du transport, la violence qui s’y est érigée en norme et le laxisme des autorités ont fini par faire de ces chargeurs de véhicules de transport, des despotes. Ce sont eux maintenant qui imposent la quote-part devant leur revenir sur la recette de chaque voyage. Ce sont eux qui font payer aux citoyens « l’outrecuidance » d’avoir posé un bagage sur leur « sol ». C’est encore eux qui exigent la capitation à chaque quidam en voiture dans ces espaces archi-sales érigés en gares spontanées. Et cela, tout le monde le sait mais nous n’avons pas le sentiment que des mesures vigoureuses sont prises pour éradiquer cette forme de banditisme. On se rappelle que des ministres de la République avaient presqu’été séquestrés par les souverains des gares routières à Abobo. Ces nerveux s’opposaient à la destruction de l’ancienne gare – ‘’une gare spontanée’’ – et refusaient d’aller dans la nouvelle, ultra-moderne. L’ire a fait des bruits détonants, des balles ont sifflé et l’on a vu des armes blanches bien aiguisées.

En général, le « gnambro », face à nos critiques, met à l’index des chefs de syndicats du milieu du transport. Ces autres barons seraient ceux qui reçoivent la plus grosse part dans le partage du racket subi par les chauffeurs et les citoyens. Le doigt accusateur est aussi pointé vers des chefs de forces de l’ordre. Les conséquences désastreuses de tout cela se chiffrent en coût en vies humaines, en nombre de blessés, en dégâts matériels, en séquelles psychologiques et bien malin qui pourra l’établir.

C’est souvent qu’ils nous imposent des épisodes récurrents  de leur « guerre » des tranchées avec les chauffeurs de minicars (gbakas). C’est encore souvent que gnambro-roi de la route exige à l’apprenti de recevoir plus que le chauffeur qui paye les frais de carburant, les patentes, l’assurance et qui risque sa vie à chaque voyage. Quand il n’a pas gain de cause, il frappe et laisse le malheureux pour mort dans les communes qu’ils infestent. Son inconduite, est régulièrement la cause des embouteillages, et pire quand les chauffeurs réagissent pour s’y opposer.

Il faut que cela prenne fin et il y va de la responsabilité des autorités  et de notre degré de conscience citoyenne. Les syndicats de transporteurs gagneraient à former et discipliner leurs adhérents, à leur faire prendre conscience du spectre de la mort violente qu’ils font  planer sur nos vies. Et franchement, y a en marre !

Par Oumou  D.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Read 804 times Last modified on lundi, 06 novembre 2017 22:50