Quand le peuple prend ses responsabilités

vendredi, 11 novembre 2016 13:21
Quand le peuple prend ses responsabilités Crédits: DR

L’opposition avait là, une véritable opportunité de mobiliser cet électorat pour faire échouer ce projet. Elle a préféré faire le choix du boycott. Il faudrait que nos populations apprennent à prendre en charge leur propre destin en s’exprimant librement par la voie des urnes.

Quand le peuple prend ses responsabilités

Le peuple américain vient librement de choisir Donald Trump, comme le 45ème Président des États-Unis d’Amérique. C’est une énorme surprise pour l’ensemble de la communauté internationale, qui espérait voir Mme Clinton succéder au Président Obama. Les électeurs en ont décidé autrement. C’est cela la force de la démocratie.

Le peuple est souverain et s’est mobilisé pour prendre en charge sa propre destinée. En Afrique, et notamment en Côte d’Ivoire, on préfère malheureusement boycotter au lieu de se mobiliser pour exprimer son choix dans les urnes. Le véritable pouvoir est détenu par le peuple.

En dépit de la grande incertitude dans laquelle ce vote peut plonger la première puissance mondiale, ce que nous devons retenir de cette élection, c’est la prise de responsabilité du peuple américain. En effet, dans une démocratie, le peuple reste toujours souverain et décide lui-même de son avenir comme du choix de ses représentants à tous les niveaux (élections présidentielle, législatives, sénatoriales, municipales, etc).

En Afrique, nous devons désormais prendre conscience que le véritable pouvoir est détenu par le peuple à travers son droit de vote. Nous devons prendre également conscience que les intérêts de nos hommes politiques ne sont pas forcément les nôtres. Sinon comment comprendre que lors du vote référendaire en Côte d’Ivoire, le 30 octobre dernier, les dirigeants de l’opposition n’aient pas appelé à se mobiliser très fortement pour voter « Non » et faire échouer le projet de révision de la Constitution initié par l’exécutif ?

Ce n’était un secret pour personne, les Ivoiriens dans leur majorité, y compris chez les militants et sympathisants du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (Rhdp), n’étaient pas disposés à participer à ce référendum.

L’opposition avait là, une véritable opportunité de mobiliser cet électorat pour faire échouer ce projet. Elle a préféré faire le choix du boycott. Il faudrait que nos populations apprennent à prendre en charge leur propre destin en s’exprimant librement par la voie des urnes. A quoi sert la société civile ? De manière générale, en dehors de quelques pays qui font la fierté des démocrates africains, dans nos jeunes démocraties en construction, la société civile, à travers les différentes Organisations non gouvernementales (Ong) est complètement inexistante, lors des grands enjeux nationaux.

Elle est malheureusement très souvent plus préoccupée par ses conforts matériels et financiers que par les intérêts des populations qu’elle représente. Ces Ong doivent aider les populations rurales qui ne savent pas lire et écrire à prendre conscience des enjeux nationaux et participer aux différentes élections, libres de leur choix.

Lors de l’élection présidentielle américaine, en dépit du soutien massif des médias, des poids lourds de la politique américaine, y compris au sein du parti des Républicains, en ne soutenant pas ouvertement leur propre candidat, c’est le peuple américain qui a pris ses responsabilités en élisant Donald Trump à la Maison blanche. Ce dernier a compris qu’une élection se gagne sur le terrain en mobilisant pour sa cause, tous les Américains sans distinction.

Selon les médias occidentaux, Mme Clinton, n’a pas jugé bon de faire campagne dans certains états, déjà acquis à la cause des Démocrates depuis des décennies. Cela a donc été une véritable erreur stratégique qu’elle paye aujourd’hui très chèrement. Dans nos démocraties en construction, il faut que nous apprenions à faire nos propres choix en fonction de nos propres centres d’intérêts. Lorsque nous voulons sanctionner un dirigeant politique ou une formation politique, ou encore un projet qui nous engage, le fait de rester à la maison en boycottant un scrutin nous pénalise.

Si notre action (boycott par exemple) inspirée par des hommes politiques, en fonction de leurs intérêts du moment nous conduit vers un résultat contraire à ce que nous avions souhaité, il faut alors changer notre façon de nous opposer. Ne pas voter, c’est se sanctionner soi-même. Par contre, prendre ses responsabilités en allant voter selon nos intérêts, c’est utiliser son pouvoir pour changer de politique. C’est manifester aussi son pouvoir et sa souveraineté.

Par Macaire Dagry

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