Pour une révision rapide de la Constitution

Pour une révision rapide de la Constitution

mercredi, 18 novembre 2015 10:00
Pour une révision rapide de la Constitution Crédits: DR

La conséquence logique de cette promesse non encore tenue fut que nous sommes retombés dans les sempiternels débats sur l’éligibilité ou l’inéligibilité du candidat Alassane Ouattara,  du combat épique des conjonctions de coordination, le ‘’ET’’ et le ‘’OU’’, qui, selon le président du Conseil constitutionnel, M. Koné Mamadou, n’ont jamais autant failli à leur mission de ‘’conjonctions de coordination’’ que dans notre cas.

Pour une révision rapide de la Constitution

Maintenant que la présidentielle est derrière nous, nous attendons que le Chef de l’État prenne toutes dispositions utiles en vue de nous doter d’une nouvelle Constitution, ou, à tout le moins, qu’il procède au toilettage de la Constitution en vigueur depuis août 2000, conformément à ses récentes déclarations sur ce sujet.                                                

On se souvient tous de ce que le candidat Alassane Ouattara, pendant toute la campagne présidentielle d’octobre et de novembre 2010, avait placé la révision de la Constitution d’août 2000 au cœur de son projet de société.  Lors de son mémorable débat télévisé avec son concurrent d’alors, Laurent Gbagbo, il l’avait martèle à nouveau.  Il avait été élu déjà en novembre 2010 sur la base de cette promesse ferme.  Hélas, pendant tout son premier mandat, il n’a mis sur la table, aucun projet de révision de la Constitution. 

La conséquence logique de cette promesse non encore tenue fut que nous sommes retombés dans les sempiternels débats sur l’éligibilité ou l’inéligibilité du candidat Alassane Ouattara,  du combat épique des conjonctions de coordination, le ‘’ET’’ et le ‘’OU’’, qui, selon le président du Conseil constitutionnel, M. Koné Mamadou, n’ont jamais autant failli à leur mission de ‘’conjonctions de coordination’’ que dans notre cas. 

Leur faillite grammaticale s’accouplait avec notre faillite juridique et politique, puisque des rejets injustifiés de candidatures tout à fait légitimes en ont résulté, conduisant le pays dans l’abysse de la rébellion et de la guerre.  Notre vocabulaire de la haine s’est alors enrichi des expressions peu flatteuses comme ‘’nationalité douteuse’’; ‘’candidature exceptionnelle’’ et ‘’candidature dérivée’’, provoquant l’ire des uns et le délire ou le sarcasme des autres.

Mais il n’est pas trop tard pour bien faire: le Président de la République semble enfin avoir pris la pleine mesure de la situation puisque désormais il évoque ouvertement la révision complète de l’article 35 de ladite Constitution, au minimum.  Il a même laissé entendre qu’un poste de vice-Président pourrait être créé de sorte qu’en 2020, l’on voterait pour un tandem au sommet de l’exécutif.  

Quelle que soit la forme que la prochaine Constitution prendra, on peut espérer qu’elle ne s’affublera point des conjonctions de coordination alternatives du ‘’ET’’ et du ‘’OU’’ et que, de facto, lors des prochains délibérés du Conseil constitutionnel, on n’entendra plus parler de « candidature rejetée pour nationalité douteuse »; ni de « candidature à titre exceptionnel »; encore moins de « candidature dérivée ».  Nous espérons nous doter d’une Constitution digne du XXIe siècle, qui soit affranchie de tout germe conflictuel. 

Nous voulons d’une Constitution qui ne classe pas les citoyens ivoiriens selon une stratification digne de l’Apartheid.  Plus rien n’entrave la volonté du Chef de l’État de faire réviser cette Constitution et on ne lui pardonnera pas de quitter le pouvoir après près de 10 ans au sommet de l’État sans nous doter d’une nouvelle Constitution dans laquelle tous les citoyens de ce pays se retrouvent. 

L’idéal serait que, dans les six premiers mois de son second mandat, il mette déjà sur pied l’organe qui devra plancher sur le projet de rédaction de la nouvelle Constitution.  Ensuite, cet organe devra travailler sans la moindre pression ni passion, comme la défunte Commission consultative constitutionnelle et électorale (Ccce) de triste mémoire, qui était minée par des extrémistes de partis politiques arcboutés sur des idéologies ultra-nationalistes.

Cette fois, plus de proposition farfelue comme « la femme du candidat à la présidentielle doit être de race noire et de teint noir foncé »!  Plus de Ccce où l’expert en Droit constitutionnel a autant d’autorité que le ‘’bana-bana’’ vendeur d’oranges au marché de Bromakoté.  

Une commission sérieuse, suffisamment experte en Droit constitutionnel, avec l’appui de certains cerveaux issus d’Ong sérieuses, ainsi que du milieu des guides de confessions religieuses, devrait nous proposer un projet de Constitution potable, qui régulerait de façon fluide la vie de la nation à l’orée de l’an 2020 et au-delà.

Par le Dr FAMAHAN SAMAKÉ

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