Les menaces des nouvelles technologies de l’informatique

lundi, 08 juillet 2013 10:57

Dans le monde sans frontières des arnaques de l’ère du numérique, la Côte d’Ivoire s’est taillée une place de choix et rivalise désormais avec l’invincible Nigeria.

Vous vous réveillez un jour. Vous ouvrez votre boîte courriel et vous découvrez ceci : «Bonjour. Pardonnez- moi cette intrusion dans votre vie».

Il ne s’agit pas de ces femmes qui vous déclarent plus ou moins directement leur amour dans un français très approximatif, alors qu’elles disent être Françaises ou Canadiennes. Il ne s’agit pas non plus de ces escrocs à la petite semaine qui vous adressent un courriel avec le nom d’une de vos connaissances, vous disant qu’ils se sont fait voler leurs portefeuilles à l’étranger, vous supplient de leur envoyer de l’argent qu’ils vous rembourseront dès leur retour à la maison.

Il s’agit d’une personne qui ne vous connaît pas, dont vous n’avez jamais entendu parler. Pourquoi vous interpelle-t-on? C’est bien banal: pour vous proposer gentiment un million de dollars.

 Prier pour gagner au loto

 Au moment où je rédige cette chronique, une offre vient de tomber, cinq millions et six cent mille dollars cash! Je n’en reviens pas. J’espère qu’un jour, je n’aurai pas de regrets pour avoir snobé cet argent. Comme cet homme qui demandait à son imam d’intercéder auprès d’Allah pour qu’il gagne au loto.

Pendant des années, l’homme revint à la charge. Tant et tant que l’imam s’en prit à Dieu et lui demanda avec insistance de satisfaire le fidèle. Alors Dieu dit à l’imam: «Va donc demander au fidèle s’il n’a pas gagné au loto». L’homme reconnu qu’il avait gagné. L’imam lui demanda la fréquence de ses gains: toutes les semaines, reconnut le parieur. S’il est vrai qu’il ne gagnait pas le gros lot, ses gains cumulés représentaient néanmoins une authentique fortune. L’imam était au bord de l’étranglement. «Et qu’as-tu fait de tout cet agent pour déranger Dieu toutes les semaines».

“Du calme, je ne suis pas stupide, fanfaronna le fidèle. Je l’ai laissé au loto pour le récupérer quand je prendrais ma retraite”.

 Plus fort que le Nigeria

 Avec une formule un peu plus raffinée, on vous signalent qu’une somme d’argent dont le dépositaire est mort, dort dans un compte depuis des années. On vous sollicite alors comme une boîte à lettre pour recevoir cet argent sur votre compte, le partage devant survenir par la suite. Le montant courant de cette belle offre est de neuf millions de dollars. Cet argent est disponible, mais à une condition: vous devez vous acquitter des frais de dossier, avant qu’il ne vous revienne. Et là, imaginez même 1% en frais de dossier pour le montant ci-dessus. 90.000 dollars.

Et ça marche.

Je me souviens de ce cousin qui s’était ruiné en frais de dossier parce qu’on lui disait qu’il avait gagné 250.000 euros à un loto auquel il n’avait jamais participé. Il y a laissé plus de dix mille euros de ses économies et des emprunts qu’il a contractés. Et ce brave homme n’était point une cloche ignare, mais un ingénieur. L’Afrique de l’Ouest et la Côte d’Ivoire, en particulier, semblent être le nouvel eldorado de ces arnaqueurs. Elle a réussi à damer le pion au redoutable Nigeria.

A l’ère de l’Internet

Et les arnaques en tout genre, les Ivoiriens semblent en avoir fait leur spécialité. La télévision française se fait souvent l’écho de leurs victimes. Je me souviens de cette dame au chômage qui avait répondu à une offre alléchante. Il s’agissait tout simplement de recevoir des commandes passées sur Internet et de les réacheminer vers une adresse abidjanaise. Le salaire était coquet et le boulot peinard. Les marchandises commandées étaient de grande qualité, excessivement chères donc. Peu après, la dame a commencé à recevoir les factures des fournisseurs. Elles étaient à son nom, puisqu’elle était la seule destinaire connue des livraisons. Elle appelle ses patrons, qui, vous l’aurez deviné, sont désormais aux abonnés absents. Elle panique, et à juste titre. En moins d’un mois de commandes, elle se retrouve devant une dette colossale, et bien évidemment, sans emploi et donc sans patron. Si je vous parle de cette dernière arnaque aujourd’hui, c’est pour déconseiller aux amateurs de recommencer. Ils iraient au-devant de très graves problèmes, car le dispositif mis en place par Interpol est bien plus sophistiqué que leur combine. Pour les autres, ceux qui croient au père Noël internautique hors saison, qui s’imaginent que l’on peut gagner à des lotos sans y avoir participé, recevoir des héritages du premier venu ou des legs de la fondation Bill Gates, ils peuvent continuer à rêver.

par Macaire dagry

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