Les déboires de Trump

Les déboires de Trump

vendredi, 12 août 2016 17:15
Les déboires de Trump Crédits: DR

De plus en plus distancé dans les sondages, boudé par plusieurs élus, contesté de toutes parts, le candidat républicain inquiète finalement son parti, avec ses bourdes à répétition. Le dernier lâchage en date fait état d’une cinquantaine de républicains ayant exercé d’importantes responsabilités dans la sécurité nationale, qui ont annoncé au cours de la semaine qu’ils ne voteraient pas pour Trump.

Les déboires de Trump

En collaboration avec Sidwaya (Burkina Faso) où cet éditorial a été publié.

C’est de nouveau un tollé aux États-Unis d’Amérique pour le candidat républicain Donald Trump après ses propos intempestifs tenus lors d’un meeting électoral en Caroline du Nord. En effet, Trump, dans ses déclarations publiques, a indiqué que seuls les défenseurs du port d’arme étaient à même de stopper Hillary Clinton. Une proclamation qui a suscité de vives réactions à divers niveaux de la communauté américaine.

L’on s’interroge: le message du prétendant à la Maison Blanche est-il un soutien à la politique des puissants lobbies pro-armes ou un appel à la violence contre la candidate démocrate ? D’ores et déjà, lors d’un rassemblement le mardi dernier à Wilmington, Trump s’était présenté au monde entier comme le seul rempart contre la nomination de juges à la Cour suprême américaine, susceptibles de remettre en cause le deuxième amendement de la Constitution au pays de l’Oncle Sam. En réalité cet amendement que Hillary Clinton veut abolir à tout prix, garantit « le droit de garder et de porter des armes ». Un sujet digne d’intérêt à une ère marquée par des actes terroristes et autres formes d’attaques parfois contre des Noirs américains ou d’autres communautés.

Outre-Atlantique, cette nouvelle polémique fait rage comme un peu partout dans le monde. Sur la Toile nombre d’internautes ont négativement réagi face aux propos de Trump. L’ex-directeur de la Cia, Michael Hayden, voit en ces propos « une référence de très mauvais goût et un assassinat politique ». Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut, quant à lui, écrit sur Twitter: «Ce n’est pas un jeu. Des gens instables munis de puissantes armes à feu et une haine irrationnelle pour Hillary vous écoutent, Donald Trump ».

Dans la même veine, le directeur de campagne de la candidate démocrate, de son côté, a estimé qu’« une personne qui cherche à devenir Président des états-Unis ne devrait pas lancer un appel à la violence sous quelque forme que ce soit ». Pour de nombreux Américains, Trump s’est trompé, et les démissions ne se sont pas fait attendre. De plus en plus contesté, le milliardaire recherche éperdument ses repères à deux doigts des échéances. Mais ces dérapages qui ne datent pas de maintenant ne lui rendent pas la tâche facile. On se souvient de sa campagne le 4 août 2016, à Portland dans le Maine ou il avait publiquement critiqué la famille d’un soldat musulman de l’armée américaine, tombé en Irak en 2004.

De plus en plus distancé dans les sondages, boudé par plusieurs élus, contesté de toutes parts, le candidat républicain inquiète finalement son parti, avec ses bourdes à répétition. Le dernier lâchage en date fait état d’une cinquantaine de républicains ayant exercé d’importantes responsabilités dans la sécurité nationale, qui ont annoncé au cours de la semaine qu’ils ne voteraient pas pour Trump. Il serait, selon ces démissionnaires «le Président le plus dangereux de l’histoire américaine». «Il manque à Trump le caractère, les valeurs et l’expérience pour être président», ont-ils écrit dans une lettre cinglante. Ce qui laisse à croire que le républicain aura du mal à se sortir de ces saignées répétitives dans le parti.

Pour l’heure, aucune décision du parti n’a été prise et Donald Trump n’a pas daigné répondre personnellement à ce déferlement de critiques. Mieux, dans un communiqué, son équipe de campagne s’est contentée d’expliquer que le milliardaire n’a voulu qu’appeler les défenseurs du port d’arme à s’unir derrière sa candidature. Une sorte de rétropédalage, étant donné que le candidat républicain espère que l’hémorragie causée à son parti a ses limites. Certes, après ses nombreux dérapages, des élus ont rompu les rangs avec le candidat officiel du parti. Seulement que la plupart de ces derniers, dont les sièges devront être remis en jeu en novembre 2016, rechignent à dénoncer Trump pour ne pas risquer de s’aliéner leur base électorale. Mais tout laisse à croire que Trump battra toujours sa campagne comme bon le semble sans risque d’être désinvesti par son parti. Mais à quelle fin?

Par WANLE GERARD COULIBALY

Lu 1646 fois Dernière modification le vendredi, 12 août 2016 17:49