LA CASE DES MOTS : Chagrin de clandestin

jeudi, 28 septembre 2017 07:32
LA CASE DES MOTS : Chagrin de clandestin LA CASE DES MOTS : Chagrin de clandestin Crédits: DR

Vous imaginez bien que j’ai quitté un beau matin mon patelin africain lointain, que j’ai parcouru tout ce chemin, que j’ai bravé requins et marins, avec pour dessein de m’arrêter soudain, en si bon chemin et surtout en terre-plein ?

Les chiens des Européens, les gardiens des côtes, l’essaim de spadassins avec leurs yeux de félins derrière les grillages aux fils d’airain? 

On verra bien. Les douaniers italiens, argentins, mexicains ou marocains sont-ils entraînés à tirer de loin ou à casser du clandestin ? Je n’en sais rien. Peut-être que bien.

La sacro-saint refrain qui veut que chacun reste chez soi, afin que soient mieux gardés bovins et caprins ? Enfin, je veux bien. Sauf que chez moi, je n’ai ni foin, ni pain, ni biens, ni bon samaritain.

Juste un strapontin dans un coin suffirait à ma faim.

Car quel dessein pour un orphelin astreint au train-train d’un quotidien sans gagne-pain ni lendemain ?

Mon chagrin n’a d’autre fin que de mettre fin à ce vilain train.

Benoit Hili

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