L’acte de trop!

lundi, 02 septembre 2019 22:45

Quelques instants avant que la dépouille de Dj Arafat ne quitte le stade Félix Houphouët-Boigny où un grand hommage musical lui a été rendu, la mère de l’artiste, Tina Spencer, ses proches et plusieurs personnalités dont Didier Drogba et Davido ont eu le privilège de voir, une dernière fois, le visage du roi du coupé-décalé, dans le cercueil ouvert.

Mais, c’était sans compter sur l’œuvre dévastatrice de cyber-activistes à Abidjan et Paris. Comme une traînée de poudre, sur les réseaux sociaux, une information a commencé à circuler: «Ce n’est pas le corps d’Arafat qui est dans le cercueil. C’est pour cela qu’ils ont a refusé que les «Chinois» puissent voir le corps. C’est pour cela que le cercueil a été fermé. Avez-vous vérifié que c’est vraiment son corps qu’on va conduire au cimetière? Ce n’est pas lui ! Ce n’est pas lui!» on venait ainsi d’ouvrir la porte de la bêtise humaine.

La suite, vous la connaissez.
Cet acte n’était, en effet, que le couronnement d’une œuvre savamment orchestrée depuis le décès de l’artiste. Tout a commencé par la proclamation d’un pasteur qui annonce qu’il peut ressusciter Dj Arafat. S’en suivent, sur le net, des attaques contre Tina Spencer et surtout contre le ministre d’Etat Hamed Bakayoko qui auraient catégoriquement refusé l’action du religieux.


Peu de temps après, une rumeur mensongère et bien malveillante enfle sur les réseaux sociaux : le corps du Daishikan n’est plus à Ivosep. Il a été remis à une personnalité politique membre d’une confrérie ésotérique pour des pratiques occultes.


La direction générale d’Ivosep est obligée, dans un communiqué, de rassurer tout le monde. Rien n’y fait. La mère du chanteur, elle-même, au nom de la famille, monte au créneau après s’être rendue à la morgue: «Mon fils est bel et bien couché à Ivosep», affirme-t-elle avec force dans la presse et à la télévision. Elle est aussitôt prise à partie. Elle est traînée dans la boue.


Quand l’heure de la séparation approche, et au vu de toute l’armada qui se met en place avec l’aide de l’Etat (les funérailles n’étaient pas organisées par le gouvernement mais par la famille et les amis du défunt), c’est au «père de la Chine» lui- même qu’on s’en prend. Quand certains dénoncent le fait qu’on en fasse trop pour l’artiste, d’autres s’emploient à casser son image, mettant en avant sa vie qui ne serait pas exemplaire.


Aujourd’hui, s’il apparaît qu’une vraie enquête doit être menée pour situer clairement les responsabilités après la profanation de la tombe de Dj Arafat, il n’est pas acceptable que certaines personnes, pour des raisons politiques, électoralistes couplées à une forme de vengeance personnelle, tentent de justifier l’injustifiable. Rien, absolument rien, ne peut et ne doit expliquer ou justifier l’acte odieux qui a été commis sur la tombe du Commandant Zabra.


Ceux qui ont commandité cette profanation à travers des manipulations de toutes sortes d’une partie des fans du musicien, doivent arrêter leur besogne. La nécropolitique qui a commencé au moment de la rébellion et qui s’est poursuivie lors des mutineries d’une partie de l’armée à Bouaké en 2017 ne doit plus prospérer. Il faut y mettre fin définitivement.


Sinon, tout comme ils viennent de le faire en manipulant de jeunes gens pour salir des personnalités politiques, le gouvernement et le Président de la République , à l’occasion des obsèques de Dj Arafat, les cyber-activistes grassement payés depuis de nombreuses années risquent de plonger notre pays dans le chaos, lors de la présidentielle de 2020. L’acte qui a été posé samedi est celui de trop.


Par Amédée Assi