Il en pleut des gauches et des droites sur le ring

mardi, 04 octobre 2016 16:56

La vraie question est celle-ci : ce pour quoi le peuple est sollicité, est-il dans l’intérêt du peuple ? Le peuple y répondra lors du référendum. Par un oui ou un non.

Il en pleut des gauches et des droites sur le ring

Sur les rives de la lagune ébrié comme sur les bords de la Seine, la scène politique trépigne. À Abidjan, le président de la version officielle du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan, a décidé de prendre l’offensive du combat frontal contre la nouvelle Constitution que le Président Ouattara proposera aux Ivoiriens. On suppose qu’il a été dans le secret des dieux ou plutôt des experts,  au point qu’avant l’heure il a décidé s’assiéger le siège des députés lors du grand oral que le Chef de l’État prévoit, mercredi, à l’Assemblée nationale.

Le bénéfice de la démarche d’Affi c’est que cela lui permet de reprendre son souffle face aux soufflets de ses camarades d’en-face. De sa main tendue, en effet, son compagnon Aboudramane Sangaré n’y avait vu qu’un baiser de Judas et le président en titre du front avait été honoré du glossaire  des volatiles. M. Affi sait que son combat de l’année pourrait le rapprocher de ceux avec qui il a goûté aux vertiges du pouvoir et le duel fratricide, bien que surjoué, préserverait à terme son image de marque d’orfèvre de la politique.

En France, la scène politique est toute aussi savoureuse pour les amateurs du noble art. À droite où les uppercuts sont plus rapprochés, Sarkozy a fort à faire entre un ancien conseiller sorti du buisson, fan du dictaphone et obsédé par le fantôme de Brutus et les croche-pattes du Bonze de Bordeaux qui trône au sommet des sondages. Et même si l’ancien président français ne se cache plus pour braconner sur les terres de Marine le Pen, sous les auspices de ses ancêtres les Gaulois, il lui en faudra encore beaucoup, de l’énergie, face à une grande famille qui remet comme plats de résistance Bygmalion et la Libye.

À gauche où les crochets font le plus mal, Hollande après son infortune sur des mamours qui ont apporté la fortune à une ex-compagne délaissée, fait face au yoyo des taux du chômage. Ajoutées à cela  la psychose et à la mauvaise humeur nées des attaques terroristes font un trou d'air dans le tourisme et donc dans le portefeuille.

À Abidjan comme à Paris, la victoire des uns sur les autres va se jouer sur la personnalité, le style et la méthodologie déployée pour avoir les suffrages des électeurs. En Côte d’Ivoire, le discours présentant l’opportunité de la nouvelle Constitution devra bien mettre en relief qu’une Loi fondamentale va au-delà  de la routine d’ouverture et de fermeture des sessions parlementaires et que désormais, si elle est adoptée par la majorité des Ivoiriens, les velléités putschistes échoueront à prononcer la dissolution de ces textes à la radio et/ou à la télévision pour montrer une hargne à usurper le pouvoir.

Cela posé, le peuple étant le pouvoir constituant originaire, il dispose de la compétence de sa compétence (compétence souveraine) et il n’y a pas à proprement parler de risque à vouloir l’inviter à changer ce qu’il a fait, notamment la Constitution.

La vraie question est celle-ci : ce pour quoi le peuple est sollicité, est-il dans l’intérêt du peuple ? Le peuple y répondra lors du référendum. Par un oui ou un non.

Par Oumou D.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Read 1288 times Last modified on mardi, 04 octobre 2016 17:02