Grain de sel: Incivisme ou ignorance !

mardi, 21 mai 2019 12:35
Grain de sel: Incivisme ou ignorance ! Crédits: DR

En 2001, en Allemagne pour une formation en journalisme, j’ai été frappée par l’ardeur avec laquelle les Allemands entretiennent leur cadre de vie, leur environnement.

Pour la gestion des déchets, les ménages font le tri des déchets à la base. Les emballages plastiques, les bouteilles et les papiers sont mis séparément dans des sacs. Les déchets d’origine alimentaire sont également déposés dans un autre sac. Pareil dans les lieux de petits dépôts où des bacs avec des inscriptions précisent dans quel bac il faut déposer tel type d’ordures. Les populations respectent scrupuleusement ces consignes.

Autre chose, c’est pendant la nuit que les camions passent dans ces différents petits dépôts pour enlever les ordures classées. Les agents chargés de les enlever ne laissent aucune trace sur leur passage. Ils font vraiment bien leur travail de sorte qu’aucune ordure ne reste sur les lieux. J’ai été aussi frappée par la promptitude avec laquelle les sites servant de marchés hebdomadaires dans les quartiers sont nettoyés dans la trentaine de minutes qui suivent la clôture de ces marchés.

En Côte d’Ivoire, on est bien loin de cette manière de se comporter devant les ordures. En effet, malgré les efforts du gouvernement pour améliorer le cadre de vie par une gestion moderne des déchets, malgré les campagnes de sensibilisation, les opérations ‘’grand ménage’’, les Ivoiriens continuent d’ignorer les règles élémentaires de salubrité. En pleine circulation, l’on ne se gêne pas de jeter par les fenêtres des gbaka, des taxis ou autres véhicules de luxe, des mouchoirs, des sachets d’eau, des restes de nourriture.

Un autre spectacle qui désole : je vous invite à faire un tour dans les quartiers, surtout en cette période de baptême catholique. En effet, les mois de mai et juin sont généralement consacrés, pour l’église catholique, au sacrement du baptême, à la confirmation des enfants, des jeunes et des adultes.

Après les rites à l’église, c’est la fête dans les familles, mais aussi dans les quartiers. Alors, l’on dresse des bâches dans les rues des quartiers, barrant la circulation à tout véhicule, sans prévenir au préalable les voisins. Et la musique est jouée à fond, les cris de joie et autres fusent sans tenir compte du voisinage. Nuisance sonore, mais aussi et surtout après la fête, le site, jonché d’ordures en tous genres, est abandonné dans l’insalubrité totale: sachets d’eau, bidons d’eau et autres boissons, barquettes usagées, assiettes et verres jetables…

Les organisateurs s’en fichent éperdument. Alors se posent les questions suivantes: Pourquoi persiste-t-on dans l’incivisme ? Pourquoi la propreté de notre cadre de vie ne fait pas partie de nos priorités quotidiennes ? Pourquoi posons-nous des actes sans tenir compte de nos voisins qui ont besoin de quiétude ? Pourquoi est-il difficile d’appliquer les règles élémentaires de salubrité dans notre environnement immédiat, dans nos quartiers ? Pourquoi ignorons-nous tant le fait que nous devons rendre propres nos quartiers pour éviter des maladies ?

La réponse ne viendra ni de l’État, ni d’Anne Ouloto et Joseph Séka Séka. La réponse appartient à nous-mêmes qui vivons au quotidien ces réalités. La responsabilité de rendre nos cadres de vie propres et sains nous incombe en premier. Le gouvernement fait déjà bien de définir la politique environnementale, mais la population, faut-il le rappeler, doit jouer sa partition dans la mise en œuvre de cette politique.

GERMAINE BONI