Femmes et hommes

mardi, 04 février 2014 16:18

« Toutes les grandes choses de l’humanité ont été accomplies au nom de principes absolus » Ernest Renan

Femmes et hommes

La théorie du genre. Pour faire bref, c’est l’idée qui ambitionne de déconstruire les stéréotypes attribuant aux enfants (et aux adultes aussi) des rôles différents en fonction de leur sexe. Cela signifie d’envisager qu’il n’y ait pas de différences innées entre les femmes et les hommes, si ce ne sont les caractères sexuels apparents. Les facteurs environnementaux et sociaux expliqueraient alors les différences d’ordre psychologique et comportemental entre les sexes. Et pourtant…

La Norvège, pays reconnu comme pionnier dans la promotion de la théorie du genre, le premier du monde à avoir imposé un quota de 40% de femmes dans les conseils de surveillance des entreprises, en 2003, a décidé de ne plus financer les travaux des associations et instituts spécialistes de la théorie. Les 7, 5 millions d’euros destinés aux études ne seront plus déboursés depuis le fameux documentaire (The Gender Equality Paradox) de la chaîne NRK1 réalisé par Harald Eia en 2010.

Après ses investigations, l’acteur-scénariste qui a fait le tour de la crème des savants (des sociologues spécialistes en orientation sexuelle, en éducation, dans les rôles sexuels, l’orientation sexuelle et la race) en arrive à la conclusion qu’on ne connaît pas la part de l’inné, mais qu’ il existe bel et bien et expliquerait la raison pour laquelle les hommes sont plus enclins à faire la guerre, des courses de voitures, risquer leur vie dans des épreuves qui semblent futiles (acrobates, cascadeurs, funambules, etc.), tandis que les femmes, on a beau leur mettre des voitures et des armes dans les mains, on a beau s’échiner à les conditionner pour qu’elles deviennent comme des clones d’un homme, rien n’y fait. Elles restent attirées par le social, développe des goûts pour l’esthétisme, l’altruisme, etc.

En France, on parle aussi de la théorie du genre. Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon et sa collègue des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, envisagent l’école comme le lieu où l’égalité hommes et femmes peut mieux s’expliquer et avoir un impact positif sur la société. La théorie du genre, dans cette perspective, revient à poser comme postulat qu’hommes et femmes sont des êtres humains avec les mêmes droits et devoirs, indépendamment de leurs différences physiques/physiologiques, que celles-ci soient considérées comme mineures ou majeures. C’est donc revendiquer le fait que les stéréotypes associés au sexe de l’individu ne sont fondés que sur des idées préconçues. Enseigner cela à l’école, c’est promouvoir l’égalité hommes-femmes, c’est surtout remettre en cause une hiérarchie des êtres humains fondée sur les différences physiologiques et, accessoirement, donner du grain à moudre à une sexualité policée et régie par des millénaires de religion.

Je pense que ce qu’il faudrait retenir de cette théorie, c’est qu’il serait souhaitable que cessent la stigmatisation et les constructions sociales comme manifestation d’une essence infaillible. Personne ne nie qu’hommes et femmes soient différents d’un point de vue biologique. Mais quand on avance l’idée de la complémentarité, ça tourne bien vite vers : maman s’occupe des enfants et de la lessive, papa cherche l’argent; et, de ce point de vue, heureusement qu’il nous reste encore beaucoup de goujats et de mufles. Plus sérieusement, est-ce si préoccupant que les filles, en général, préfèrent le rose ? Qu’elles prennent plus de temps à se pouponner que les garçons? Qu’il y en ait davantage qui pratiquent la natation plutôt que l’haltérophilie ?

En filigrane, ce genre de sujet met bien en relief une certaine perception de la femme qui apparaît comme une sorte d’entre-deux. En même temps est, l’on projette sur elle toutes sortes d’avantages sociaux pour ce qu’elle elle, l’on l’entrevoit aussi comme une sorte de défaut, d’assistée permanente. Il serait tellement plus simple que l’on tienne compte d’elle en fonction de ses valeurs intrinsèques. Lesquelles sont bien détectables pour peu que l’on veuille chercher l’essentiel.

Par OUMOU D.