Famille : Polygamie et légendes

mardi, 11 juillet 2017 07:46
Famille : Polygamie et légendes Famille : Polygamie et légendes Crédits: Archives (DR)

La première légende est sans doute celle – ci : pour éviter une dépravation des mœurs, les combinaisons maritales à trois, quatre, cinq seraient la solution. Il y aurait beaucoup trop de femmes et pas suffisamment d’hommes pour les honorer, d’où la nécessité de la polygamie.

Or, le constat est net : la polygamie, perçue comme modèle de référence pour la vie maritale, modèle devenu très tendance sous nos tropiques, est source de précarité de l’entente polygyne. Et si l’on a biffé la double conditionnalité exigée dans le texte coranique, à l’épreuve de la pratique, la polygamie ne rend pas plus vertueux. Le contrôle des hormones des uns et des autres relève plus de l’éducation et d’une certaine discipline de vie que du schéma pluriforme dans lequel un mâle trône sur son gynécée. La preuve, des fidèles des autres temples religieux se sont aussi octroyé le droit d’avoir plusieurs épouses.

Deuxième légende, nous le disons trivialement : ‘’Les hommes sont comme ça’’. Entendons : ils auraient une libido débridée, compulsive, seraient incapables de voir un jupon passer sans avoir des idées lubriques. Or, à l’observation de notre quotidien, il y a bien des hommes qui arrivent à ne pas faire une fixation sur l’anatomie féminine. Du sexe, oui ! Toujours du sexe, non !

Troisième légende, et la liste n’est pas exhaustive, la polygamie permettrait de bâtir des dynasties et d’avoir un arbre généalogique aux ramifications plus nombreuses que les racines d’un fromager centenaire. Las ! La rivalité, somme toute légitime entre les épouses, puis entre les enfants de mères différentes, de nos jours, vire au psychodrame.

Papa, face aux nombreuses charges (elles sont nombreuses ces personnes qui croient que la masculinité se mesure au nombre de lits qu’elles visitent), abdique souvent et les mamans sont contraintes chacune de faire bouillir la marmite. Chacune le fait en général pour ses propres rejetons. La construction de la grande famille rêvée fait plutôt place à des micro-familles et la notion de demi-frère prend tout son sens ici, quand les enfants ne sont pas livrés à la rue.

On dit qu’avant, les choses marchaient bien. Nos aïeux, semble-t-il, étaient plus sociables : des pères pétris de justice et des mères au-dessus de tout soupçon de jalousie. C’est qu’avant, au bon vieux temps, il suffisait de lever la main pour avoir l’ambroisie. Mais bon, j’ai écrit ça, mais je n’ai rien écrit…

Oumou D.

 

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