Ces ''microbes'', nos enfants

mercredi, 06 avril 2016 13:22
Ces ''microbes'', nos enfants Crédits: DR

Le droit apparaît de ce point de vue comme une norme idéale qui fonde et justifie un acte et cela séparément des lois en vigueur. Nos enfants « microbes » estiment qu’ils sont dans leur bon  droit d’organiser une vendetta pour venger leur chef lynché par la foule et en opposition avec la loi : leur acte leur paraît légitime mais il n’est pas légal, conforme aux lois de la République.

Ces ''microbes'', nos enfants

Dans une étude fouillée sur nos enfants en difficulté, et qui s’enorgueillissent du qualificatif de « microbes », des sociologues dont le Pr Francis Akindès en sont arrivés à la conclusion que la répression seule ne suffira pas, pour venir à bout de nos « enfants terribles ».

Ces gamins estiment avoir le droit de donner la mort (précisons la mort violente) pour de la camelote, dans un instinct de survie, dans la mesure où ils ne seront point épargnés s’ils venaient à être pris le gourdin à la main. Ils croient qu’ils ont le droit de se payer sur la bête pour ainsi dire, la société dans son ensemble ayant été incapable de les comprendre et surtout de pourvoir à leurs besoins élémentaires.

Au vu de la détermination des groupes d’auto-défense dans les communes confrontées au fléau, on peut avancer qu’eux aussi estiment avoir le droit de se protéger avec tout ce que cela sous-entend. Alors nous nous retrouvons comme sur un ring où la règle, loin du noble art, ordonne de donner des coups même les plus bas pour l’emporter. Sur qui ? La question mérite débat.

La référence au droit relève d’abord du jugement: « Ils n’ont pas le droit »; « Nous avons le droit de. ». Quand nous employons ces expressions, nous le faisons en comparant ce qui est à ce qui doit être. Mais, explicitement, l’argument du droit consiste à désavouer le bien-fondé de ce qui cherche à s’imposer par sa seule présence dans la mesure où le droit suppose toujours une certaine idéalité. Se référer au droit, c’est différencier de fait ce qui est acceptable à ce qui ne l’est pas. On rappellera Antigone transgressant l’interdiction du roi Créon pour donner une sépulture à son frère Polynice, qualifié de voyou et de traître.

Le droit apparaît de ce point de vue comme une norme idéale qui fonde et justifie un acte et cela séparément des lois en vigueur. Nos enfants « microbes » estiment qu’ils sont dans leur bon  droit d’organiser une vendetta pour venger leur chef lynché par la foule et en opposition avec la loi : leur acte leur paraît légitime mais il n’est pas légal, conforme aux lois de la République.

Ce que nous devons retenir ici, face à la violence inouïe de nos rejetons, c’est qu’ils se sont donné des normes en opposition frontale aux nôtres.  Pourquoi ? Parce que, disons-le sans honte, nous avons failli. Nous n’avons pas pu ou su construire le moule dans lequel ils devraient prendre forme. Le giron dans lequel nous les avons mis n’a pas été un nid dans lequel ils ont trouvé protection.

Nous avons mal de voir la déviance de nos enfants. Nous avons mal qu’ils nous fassent mal. Nous avons mal devant notre impuissance. Oui, nous avons mal et c’est pour cela que nous devons engager le dialogue avec ces enfants pour que l’humain en eux reprenne le dessus. Aujourd’hui, dans leur entendement, le verrou de la ligne de démarcation entre le bien et le mal a sauté, rouillé par les coups de butoir de la vie. C’est de notre responsabilité de leur tendre la main.

(L’information continue sur www.fratmat.info)

Par Oumou D.
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