C’est vous qui le dites : Notre franc des Colonies Françaises d’Afrique

dimanche, 03 septembre 2017 05:55
C’est vous qui le dites : Notre franc des Colonies Françaises d’Afrique C’est vous qui le dites : Notre franc des Colonies Françaises d’Afrique Crédits: DR

Un penseur français, en l’occurrence René Descartes, nous a fait l’aumône de nous considérer tous comme des femmes et hommes doués de bon sens.

Ainsi, quand bien même que l’économie soit bien différente de la prose de M. Jourdain, nous sommes nombreux à pondre des papiers pour en parler, surtout depuis que M. Kémi Séba a incendié notre franc des colonies françaises d’Afrique ou notre franc de la Communauté financière en Afrique ou encore notre franc de la Coopération financière en Afrique, c’est selon.

Les contempteurs de la monnaie des 14 pays que sont le Bénin, le Burkina faso, la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo- Brazzaville, la Guinée-Équatoriale et le Gabon, la présentent comme un stigmate de la colonisation à anéantir. Les défenseurs de notre oseille la montrent plutôt comme un gage de stabilité de nos économies africaines déjà en déficit de compétitivité face aux autres monnaies. Et, au gré des nombreuses conjonctures économiques et politiques sur le continent ou ailleurs, le débat s’amplifie sur la place publique ou sourde dans des salons de savants. Dans le contexte ambiant, la récession en Grèce, la crise des subprimes aux Usa, le Brexit, la crise ivoirienne dite postélectorale, etc.

Les critiques du franc Cfa évoquent un pacte colonial qui contraindrait les pays précités à stocker quelque 50% de leurs réserves à la Banque centrale de France malgré l’interdiction par le droit international de l’imposition d’un État par un autre, et cela pendant que leurs populations croulent sous la misère crasse. Ils rappellent aussi que le franc Cfa est l’unique devise encore en vigueur dans le monde, héritée du système colonial français et toujours imprimée en France avant d’être déversée dans la partie de l’Afrique qui s’en accommode encore. Or, si le continent veut véritablement prendre son envol, cet outil d’asservissement doit être mis dans les poubelles de l’histoire afin de laisser la place à une monnaie que l’Afrique aura elle-même conçue, imprimée et distribuée.

Les avocats du franc Cfa plaident que la monnaie doit sa longévité et surtout sa stabilité à son arrimage à l’une des économies les plus dynamiques d’Europe. La convertibilité illimitée du franc Cfa avec toute devise étrangère, le taux de parité fixe avec la monnaie française, la fluidité et la gratuité des transferts de capitaux à l’intérieur de la zone monétaire, sont autant éléments qui, pour les soutiens du Cfa, militent en faveur de la devise africaine.

Cela a posé, je pense que le débat sur la nécessité ou non pour les pays qui ont en partage le franc Cfa de continuer à utiliser cette monnaie doit prioritairement être réservé aux sachants. Qui, à leur tour, devront rendre ce débat digeste pour nous en faisant l’économie du charabia des initiés. Mais, il y a qu’aujourd’hui tout le monde se pique de tout et quand la logorrhée n’est pas convaincante, les gestes théâtraux viennent à la rescousse.

Nous étalons notre culture à la façon d’un doigt de marmelade pour un pain entier. Pour le prix d’un billet de notre franc des colonies françaises d’Afrique incendié.

PAR OUMOU D.

 

 

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