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Alassane Ouattara et « Ces pseudo-analystes » : La Côte d’Ivoire parmi les pays les moins endettés d’Afrique

jeudi, 22 août 2019 10:02

La Côte d’Ivoire parmi les bons élèves de l’orthodoxie macroéconomique mondiale

« Ouattara et ces pseudo-analystes qui polluent les réseaux sociaux : la Côte d’Ivoire serait trop endettée ». C’est le titre à l’origine de l’analyse du journaliste et documentariste Saïd Penda diffusé sur sa page officielle Facebook sur « insistance de ses followers ». Et cela, pour restituer la réalité sur la question de l’endettement de la Côte d’Ivoire. Pour M. Penda, les pseudo-analystes, ce sont ces personnes dont le « rôle est d’abrutir leurs followers par des discours simples et des slogans imbécilisants ». Ci-dessous l’intégralité son analyse.

« J’ai été invité, avec insistance par des amis et followers, à dire la vérité sur une certaine idée qui voudrait que le bilan du président Ouattara ne se résume qu’à une ardoise, longue comme l’univers, qu’il lèguerait aux générations futures. Je me suis toujours refusé de devoir défendre quelque dirigeant.

J’estime en effet qu’ils disposent de moyens humains et financiers pour communiquer et n’ont de ce fait pas besoin de mes modestes éclaircissements. Mais j’ai été touché par les propos d’un de mes followers, qui soutient qu’un activiste dans le créneau de la défense et du rétablissement de la vérité ne saurait rester indifférent face à certains gros mensonges. Alors voici la vérité sur le supposé surendettement de la Côte d’Ivoire sous Ouattara.

1- La Côte d’Ivoire ne figure pas parmi les pays les plus endettés d’Afrique. Dans le Top10, on retrouve plutôt des États comme le Congo Brazza (117%), Sao-Tomé-Et-Principe (92%) ; L’Angola 70%. Le Ghana et les Seychelles sont respectivement à (67%) et 65%.

2- La Côte d’Ivoire de Ouattara est classée plutôt parmi les nations les moins endettées d’Afrique. Dans le Top10 de ce classement, le Nigeria fait office de meilleur élève avec 13% de taux d’endettement. Dans ce palmarès des 10 pays les moins endettés, la Côte d’Ivoire se retrouve en bonne position avec 42,8%. Ces chiffres sont du FMI et de la Banque Mondiale.

Toutes ces informations sont quelque peu abstraites si nous ne les mettons pas en contexte, notamment en les comparons à d’autres. Le taux d’endettement moyen dans la zone Euro est de 92% (plus du double des 42,8% de la Côte d’Ivoire). Celui des USA est de 105% de son PIB.

Si nous nous limitions à comparer les chiffres de la Côte d’Ivoire avec ceux des autres pays Africains, on pourrait légitimement nous rétorquer qu’être meilleur parmi des cancres ne relève d’aucun mérite. Mais en mettant les chiffres de l’endettement de la Côte d’Ivoire avec les pratiques dans les États présentés comme des modèles (UE et USA), nous pouvons constater que le pays d’Afrique de l’Ouest est véritablement parmi les bons élèves de l’orthodoxie macroéconomique mondiale.

Soulignons-le une fois de plus, en matière économique, la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui n’est pas parmi les moyens, mais bien parmi les meilleurs, au regard de tous les indicateurs macroéconomiques.

Alors non, le président Ouattara ne plombe pas l’avenir des générations futures avec un endettement insupportable. Les différentes analyses des institutions de Bretton Woods, comme de certaines banques centrales occidentales qui surveillent les économies africaines, font d’ailleurs ressortir le fait que contrairement à certains pays africains, il n’existe aucune forme d’opacité autour de la dette de la Côte d’Ivoire.

Le pays d’Alassane Ouattara ne présente aucun risque de se retrouver en situation d’insolvabilité, toujours selon ces organisations. Autre remarque qui ressort de ces mêmes sources, l’argent emprunté par le gouvernement Ouattara est injecté dans des secteurs prioritaires et prometteurs. En d’autres termes, la dette contractée par le gouvernement Ouattara ne sert pas à des dépenses de prestiges, mais elle est plutôt dirigée vers des projets qui développent son pays.

Alors d’où vient-il que des pseudo-analystes se focalisent sur la dette de la Côte d’Ivoire qu’ils présentent comme le tsunami qui fera sombrer le pays ? Comme le dit une de mes meilleures amies, il y a des pseudo-analystes dont le rôle est d’abrutir leurs followers par des discours simples et des slogans imbécilisants (le Blanc n'aime pas le Noir ! la France pillent nos richesse ! etc.), et il y a ceux dont la vérité, quoi qu’elle exige plus de travail de recherche, reste l’unique crédo.

La qualité d’une analyse ne dépend pas de la richesse de notre vocabulaire, de la qualité de notre plume ou encore de l’adresse avec laquelle nous étalons nos états d’âme. Elle se vérifie d’abord aux faits qui sous-tendent nos affirmations. Savoir bien écrire et rouler les « r », sans les faits pour appuyer la lecture des évènements que nous proposons à notre audience, c’est du fétichisme intellectuel, pas de l’analyse.

Saïd Penda

Journalist, à BBC World Service

A travaillé à Associated Press