Accession au pouvoir d’État : Les partis politiques à l’épreuve de la bonne gouvernance
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Accession au pouvoir d’État : Les partis politiques à l’épreuve de la bonne gouvernance

jeudi, 24 août 2017 14:10
Accession au pouvoir d’État : Les partis politiques à l’épreuve de la bonne gouvernance Accession au pouvoir d’État : Les partis politiques à l’épreuve de la bonne gouvernance Crédits: DR

Le Rassemblement des républicains (Rdr) tiendra des précongrès régionaux en prélude au congrès ordinaire, le premier depuis son accession au pouvoir d’État. Le Pdci, après les rencontres avec les bases régionales a fait son séminaire bilan le 6 avril dernier.

L’Upci a du mal à repenser son alliance avec le Rhdp à travers un congrès. Le Fpi est en pleine fission. Pourquoi les partis politiques qui aspirent à la conquête et à la gestion du pouvoir d’État ont-ils tant de difficultés pour réunir ces assemblées instituées par leurs textes organiques et qui procèdent des principes de bonne gouvernance ?

Gouvernance et institutions publiques au sens du rapport 2017, de la Banque mondiale, sur le développement dans le monde, « les institutions désignent à la fois des organisations et des règles ayant pour mandat d’appliquer les politiques publiques. Les institutions désignent alors les acteurs étatiques, la société civile ou les groupes d’intérêts économiques ».

Au nombre de ces groupes d’intérêts les partis politiques. Une extension des institutions politiques formalisées par Rousseau, Montesquieu et les philosophes des Lumières. Par gouvernance, le rapport 2017 entend « le processus d’interaction par lequel les acteurs étatiques et non étatiques conçoivent et appliquent les politiques publiques».

Les partis politiques sont donc soumis aux règles de bonne gouvernance selon la perception de ce rapport de la Banque.

Gouvernance et partis politiques

La gouvernance est un processus dynamique qui s’enrichit des contextes historiques et culturels des peuples. La bonne gouvernance vise à rendre les sociétés harmonieuses et gouvernables dans la cohésion sociale, par des politiques publiques efficaces.

Les partis politiques qui convoitent ou gèrent le pouvoir d’État ne sont pas exonérés des principes de bonne gouvernance. Depuis leur printemps dans notre pays en 1990, ces partis politiques tendent à reproduire les mêmes modèles d’organisation et de gestion. Une élite (les apparatchiks ?) décide et les masses laborieuses suivent.

Cette organisation est de plus en plus contestée par les militants qui demandent à participer au processus décisionnel.

À défaut ils s’abstiendraient ou voteraient pour des candidats hors système. Il revient donc aux dirigeants des partis de montrer la voix du changement, par la transparence dans les processus décisionnels et dans la gestion des ressources humaines, matérielles et financières. Les affaires ont pollué la campagne présidentielle en France. Nous n’en sommes pas loin.

Les leviers du changement : Selon le rapport cité, le partage du pouvoir et la redistribution des ressources peuvent réduire l’exclusion et les facteurs incitant à recourir à la violence. Au nombre des leviers de changement, « la contestabilité » dans l’arène des politiques publiques.

« Lorsque les procédures de sélection et de mise en œuvre des politiques d’intervention sont plus contestables, ces politiques sont généralement perçues comme équitables et favorisent plus efficacement la coopération ».

La contestabilité sur la scène des politiques publiques pose la question de savoir qui intervient dans le processus décisionnel et qui en est exclu.

Les décisions prises par les leaders hors des instances des partis politiques ont du mal à faire fortune auprès de militants jeunes, formés sur les réseaux sociaux. La contestation régule la dynamique des organisations. Le vote à 18 ans ne serait pas si nous n’avions pas contesté l’ordre ancien.

L’alternance ou la succession ne saurait donc être du domaine réservé à nos seuls leaders. Les décisions politiques et sociales dans une démocratie appartiennent au peuple souverain, aristocrates et roturiers compris.

Le débat dans les instances des partis participe à la formation de la conscience politique des militants. Il conviendrait donc de les laisser débattre, librement, dans la discipline du parti, pour en faire les citoyens de l’émergence. Ceci renforcerait nos institutions politiques et rendrait notre pays plus gouvernable encore.

Discipliner le débat dans les partis ne devrait pas avoir pour fin la mystification des chefs. Nous devrions promouvoir la contestabilité dans nos partis et dans l’arène des politiques publiques si nous visons l’émergence par un Ivoirien nouveau.

CAMARA LOUKIMANE

DÉPUTÉ DE BOUNA-BOUKO

Lu 865 fois Dernière modification le jeudi, 24 août 2017 14:16