À maman Tina, sans qui... (Par Oumou Dosso)

jeudi, 29 août 2019 15:54

À Maman Tina, à Lady Glamour, nous devons dire « Manci, manci, manci » pour avoir porté le Daïshi dans son sein…

Depuis le lundi 12 août, l’actualité en Côte d’Ivoire peine à faire entendre, voir et dire autre chose. Tout est comme en mode zoom sur la mort brutale de DJ Arafat et dans le flux d’images et de paroles, vogue une autre star, la mère du Daïshikan : Lady Glamour.

Une Lady Glamour vers qui nous avons dirigé nos poings formés par la douleur de la disparition de son fils ; une Lady Glamour vers qui nous avons orienté nos gouailles et prises de positions à l’emporte-pièce. Pourquoi ? Sans doute parce que nous avons mal.

Mal de voir et de comprendre les pèlerinages de la Lady sur le lieu de l’accident mortel de son Ange ; mal de saisir le sens de ce travail de deuil qu’elle fait à sa manière pour dépasser ce qui s’est passé mais qui reste encore en elle. Voudrait-on que maman Tina soit autre chose que ce qu’elle a toujours été ? On ne se refait pas, et encore moins une personnalité publique de sa trempe ! Elle a toujours parlé cru et dru, c’est son cachet d’originalité.

Nous avons du mal à comprendre qu’elle ne reste pas prostrée, percluse par la douleur parce que nous avons mal et du mal à comprendre sa douleur-sienne derrière le make-up trop parfait qu’elle donne à voir et à entendre. Nous avons mal et encore plus mal à décrypter ce que nous comparons à un déferlement d’ego infanticide parce que nous ne projetons pas la solitude de la Lady, l’étreinte du remords de maman Tina de n’avoir pas pu donner toute la mesure de son grand amour à son fils.

Nous avons mal et mal à accepter les postures de Lady Glamour parce que nous en sommes encore, nous-mêmes, à faire notre propre travail de deuil et à nous agripper au souvenir des coups de gueules de la mère et aux réponses souvent cinglantes de son défunt-fils. Parce que nous avons trop longtemps nourri nos ennuis de chaque nouvel épisode du ‘‘je t’aime moi non plus’’ joué par les deux stars, et dans un besoin quasi compulsif scruté l'arrivée des derniers potins sur leur relation filiale que nous sommes aujourd’hui paumés.

Nous venons à la vie dans la douleur de l’autre : la mère, la grande hébergeuse, par la miséricordieuse bonté. Je pense que la – profonde - douleur de maman Tina mérite mieux que nos sarcasmes et sentences de bien-pensants.

À Maman Tina, à Lady Glamour, nous devons dire « Manci, manci, manci » pour avoir porté le Daïshi dans son sein, ou à tout le moins lui témoigner un certain respect.

Oumou D.