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Yaya Touré (Capitaine Eléphants): "Les jeux seront serrés en Guinée Equatoriale"

jeudi, 04 décembre 2014 22:59

Le capitaine des Eléphants annonce une Can 2015 difficile pour toutes les équipes.

Quels commentaires faites-vous du tirage au sort de la Can 2015 ?

Il ne faut pas se voiler la face. Ce sera une compétition palpitante. Le groupe compte de très belles équipes. C’est le genre de compétition où tous les détails sont importants. Il faut être efficace en attaque et éviter les erreurs défensives. Ce sont trois semaines intenses à vivre entre le 17 janvier et 8 février. Je peux simplement dire que les poules seront très disputées. Puisque toutes les équipes sont quasiment d’égale valeur.

La Côte d’Ivoire sera dans le même groupe que le Mali, la Guinée et une vieille connaissance, le Cameroun. Est-ce le groupe le plus difficile ?

Il y a le Mali et la Guinée qui sont aussi de vieilles connaissances pour nous. C’est vrai que dans un passé récent nous avons réussi à battre ces deux formations. Notamment, une victoire en ¼ de finale de la Can 2008 face à la Guinée et à la Can 2012 une victoire sur le Mali en ½ finale. Mais, ces deux équipes ont beaucoup progressé depuis lors. Ce sont des habitués de la compétition. Le Mali par exemple a pour habitude d’atteindre toujours l’étape des ½ finales. Il faut donc faire attention. Le Cameroun reste égal à lui-même. C’est vrai qu’un match entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun est intense et euphorique. Mais, nous resterons lucides.

Le constat montre que les poules sont relativement équilibrées. Pensez-vous à des surprises ?

Le Cap Vert par exemple est en progression. C’est une équipe avec de bonnes individualités et qui a fait sensation à la dernière Can en Afrique du Sud. Les deux Congo (RDC et Congo Brazzaville) sont aussi très intéressants et enthousiastes dans le jeu. Le Burkina Faso a aussi la capacité de se surpasser comme il l’a réussi à la Can 2013. N’oublions pas qu’il a été finaliste en Afrique du Sud. La Guinée Equatoriale joue chez elle et donc tout est possible pour elle. Je peux donc dire que les jeux seront très ouverts avec ces équipes. Qui vont certainement donner du fil à retordre à la Côte d’Ivoire, au Ghana, à l'Afrique du Sud, l'Algérie, la Tunisie… Les jeux seront serrés. Je veux dire que toutes ces équipes sont citées par les bookmakers comme des favoris. C’est aussi délicat que révélateur du fait que la Côte d’Ivoire par exemple ne fait pas partie des favoris. Et nous préférons, pour l’instant, ce statut.

L’édition 2015 en Guinée Equatoriale peut-elle être une des plus prestigieuses ?

La Can sera à sa 30e édition en Guinée Equatoriale. Ce qui veut dire que cette compétition a traversé des époques. Les Africains ont donc pu vivre des situations merveilleuses et difficiles depuis 1957, l’année de la première édition. Ce qu’il faut retenir, c’est la foi et la capacité des Africains à organiser de grandes compétitions. C’est pourquoi, je loue tous les efforts fait par la Guinée Equatoriale en acceptant, in extremis, l’organisation de la Can. C’est un rendez-vous pour la jeunesse africaine. Nous devons vivre en symbiose, dans la fête et la saine concurrence. Il faut à toutes les équipes gagner leurs matchs. Mais, il faut surtout que toutes les sélections, en plus du trophée, aient un seul objectif: vaincre cette fâcheuse maladie: Ebola. Je suis d’autant plus fier par la Guinée Equatoriale et toute l’Afrique que le célèbre acteur de cinéma, le britannique d’origine ghanéeo-sierraléonaise Idris Elba, m’a associé à la campagne de lutte contre Ebola, intitulé «Unis pour l’Afrique» . C’est d’ailleurs le spot qui a été diffusé pendant la cérémonie du tirage au sort. Cette Can sera d’autant plus prestigieuse si tous les matchs sont effectivement rythmés par la lutte contre Ebola.

Jusqu’où la Côte d’Ivoire compte-elle s’arrêter ?

Il ne s’agit pas de s’arrêter. Il s’agira de savoir négocier tous nos matchs. Pour gagner la Can, il faut arriver à aligner six matchs. Du premier match à la finale, c’est un marathon. Il faut donc de l’endurance, de l’expérience et de l’efficacité. Nous n’allons pas faire de paris démesurés. Nous avons certes difficilement fait les éliminatoires, en étant l’une des plus mauvaises défenses. Mais, nous avons eu la meilleure attaque avec 13 réalisations. Nous connaissons nos faiblesses. Il faut les corriger. En même temps, il faut retrouver l’équilibre entre toutes les lignes de jeu et faire confiance aux jeunes joueurs.

Interview réalisée par
ADAM KHALIL

Read 2333 times Last modified on vendredi, 05 décembre 2014 00:49