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Ue-Magic Tour/Jobst Von Kirchmann (ambassadeur de l’UE en Côte d’Ivoire) : « Nous voulons donner un visage humain à l’alliance Afrique-Europe »

mardi, 05 novembre 2019 11:38
Jobst Von Kirchmann, ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire. Jobst Von Kirchmann, ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire. Crédits: Tigane Bavane Kouika

Entre deux étapes de la caravane à laquelle il prend part actuellement à l’intérieur du pays, le diplomate allemand s’est confié à Fraternité Matin.

Quelle est la spécificité de cette caravane à laquelle s’est alliée l’Union européenne ?

En règle générale, quand on fait allusion à l’alliance entre l’Afrique et l’Europe, c’est en des termes économiques, d’investissement, de création d’emplois… On évoque rarement une alliance des peuples au sens du partage de valeurs. Et pourtant, à l’analyse, nous avons des sociétés qui ont en commun de nombreuses valeurs. Nous avons voulu donner à cette alliance un aspect plus humain. Celle du partage des valeurs communes. Notamment la paix, l’égalité des genres, la réconciliation, le civisme ou encore la scolarisation des filles. Notre démarche, ce n’est pas simplement de présenter ces valeurs aux populations. Il s’agit surtout de leur dire en quoi elles sont importantes.

Et vous avez eu l’idée d’impliquer les artistes dans la tournée. Pourquoi ?

Nous avions besoin d’acteurs charismatiques qui, par leur impact sur la population, peuvent nous aider à atteindre notre objectif : véhiculer des valeurs. Nous nous sommes dit que les artistes pouvaient constituer un porte-voix essentiel. Nous avons une trentaine d’artistes de grande popularité qui nous accompagnent. Ils épousent ces valeurs et vont sur scène pour porter le message.

Un périple de 17 villes dont Sakassou, la ville qui nous accueille présentement, constitue la dixième étape. Quel bilan faites-vous à mi-parcours de cette initiative ?

Un bilan fantastique tout simplement. Parce que nous ne savions pas au départ à quoi s’attendre. Au début, pour nous, c’était une aventure. Nous ne savions pas quel accueil serait réservé à un tel projet. Aujourd’hui, nous sommes plus qu’heureux de la façon dont les gens ont accueilli cette initiative. C’est un véritable succès. Partout les gens nous attendent, nous réclament pour engager le dialogue, pour échanger, pour parler de ces valeurs dont nous faisons la promotion. Dans les différentes étapes, on sent que la population est mobilisée et prête à nous écouter.

Les thèmes que vous abordez avec les populations varient d’une ville à l’autre. Comment les choisissez-vous ?

Dans certaines villes, c’est relativement facile. C’est le cas de Daloa, par exemple, qui est devenu un carrefour pour la migration irrégulière. Mais dans d’autres villes, nous ne savions pas vraiment à l’avance les sujets à aborder. C’est pourquoi nous allons vers les populations et nous les écoutons. Nous leur posons cette question : « De quoi voulez-vous parler ? » Et là, vous avez tout de suite un thème qui se dégage en fonction des réalités locales. Il y a des villes où la problématique était la scolarisation, l’éducation ou la protection de l’environnement. Ça venait vraiment des gens. Nous sommes très ouverts et prêts à aborder tous les sujets, quels qu’ils soient.

Comment se portent les relations entre l’Union européenne et la Côte d’Ivoire ?

Elles se portent bien. C’est une coopération qui s’est forgée depuis 1961 et qui a beaucoup évolué. Dans la mesure où nous appuyons désormais les projets pour lesquels nous sommes sollicités. Elle a donc pris la forme d’un véritable partenariat. Elle est révolue l’époque où on s’impliquait directement dans la définition et l’orientation des programmes dans les différents pays. Nous sommes heureux de voir que la Côte d’Ivoire est un pays ambitieux qui s’est engagé dans une progression vers l’émergence. A ce titre, les derniers rapports du Fmi indiquent qu’elle a une croissance très stable. Le pays est même en tête des pays africains où il fait bon d’investir. Nous venons de ratifier avec la Côte d’Ivoire un accord de démantèlement tarifaire dans le cadre de l’Accord de partenariat économique (Ape). Ce qui va booster davantage les échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne. En cela, la paix est à la fois bénéfique pour la Côte d’Ivoire et pour l’Union européenne. 42 % des exportations ivoiriennes se font à destination de l’Union européenne. Nous soutenons le pays dans de nombreux domaines tels que la formation professionnelle ou l’énergie.

INTERVIEW REALISEE PAR
DRAMOUS YÉTI