Renée Comoé Séka: "Nous sommes des développeurs de talents"

jeudi, 27 mars 2014 10:40

Présente en Côte d’Ivoire depuis 1980 avec sa filiale Express, le groupe Deutsche Post Dhl veut intensifier sa présence dans le pays par une extension de ses champs d’interventions à travers des investissements et une augmentation des effectifs. Son entité Dhl Global forwarding Côte d’Ivoire, priorise ses activités autour des différents ports (Abidjan, San Pedro) et l’hinterland. La présidente de cette structure (Dhl Global forwading) (Dgf), Renée Comoé Séka, s’est ouverte à Fratmat.info. Ce, afin de mieux présenter les actions de Dgf.

Comment se porte votre entreprise, DHL Global Forwading ?
Très bien (rire), en cinq année d’existence en Côte d’Ivoire, ça va bien.

Que fait exactement Dhl Global Forwading comme activité ?
D’abord, j’aimerais dire qu’en Côte d’Ivoire,le groupe Dhl a trois entités qui appartiennent toutes à la « Deutsche Post Dhl », la poste allemande. Dhl Express qui a 31 ans d’existence en Côte d’Ivoire, Dhl Global Forwading  qui appartenait à Danzas a été racheté en 1998 et et Dhl Supply Chain. Nous sommes transitaires et agents maritime. C’est-à-dire nous vendons du fret  maritime, nous vendons du fret aérien et nous faisons du transit. Sans compter toute la logistique au niveau du transport. Nous faisons également le transport routier vers l’hinterland et de l’hinterland vers la Côte d’Ivoire.

Combien d'employés compte par votre entreprise ?
Aujourd’hui, nous sommes autour de 60 employés. Nous avons commencé, il y a 5 ans, avec 2 employés. Nous étions à 15 personnes quand j’ai pris la tête de la compagnie. Et aujourd’hui, nous sommes à une soixantaine. Il faut dire qu’auparavant on utilisait la Dhl Express pour lancer nos activités dans les pays. Donc c’est avec cette entité que, moi, j’ai commencé en Côte d’Ivoire.

Comment se fait le recrutement des agents de votre compagnie ?
Justement, vous allez voir dans le journal Fraternité Matin, des appels à candidature pour des postes clés. Le métier de transit est spécifique, donc nous ferons un appel à candidature, à travers un cabinet, pour attirer les meilleurs candidats, que nous formons ici. Nos employés ont des formations du groupe. Ils ont des objectifs, ils sont évalués 2 fois/an. En fonction des objectifs à atteindre et les compétences, il y a des employés qui sont sélectionnés comme étant des talents. Nous sommes une compagnie développeur de talents. Vous pouvez voir des jeunes ivoiriens qui travaillent pour le groupe en Chine ou ailleurs et des asiatiques ici en Côte d’Ivoire, vice- versa. Dhl est une compagnie internationale qui peut travailler partout.

Peut-on connaître le statut du groupe ?
Le groupe Dhl est une multinationale appartenant à la poste allemande.

Bénéficiez-vous d’apports extérieurs ?
Non, nous fonctionnons sur fonds propre dans tous les pays où nous existons. Quand vous voyez ce signe là (elle nous montre le logo de l’entreprise), c’est que c’est la Deutsche Post Dhl qui est présente. Notre but  est d’investir  avec nos propres moyens dans tous les pays.

L'on ignore souvent la mission première de votre structure. Quelles stratégies adoptez-vous pour la faire connaître par la population ?
Notre mission est de faciliter les échanges. Donc nous sommes au cœur de l’activité économique du pays. Les matériels de construction du pont Henri Konan Bédié par exemple. Pour que les Ivoiriens soient, très bientôt, fiers de rouler sur ce pont, il faut que les compagnies choisies pour la construction puissent avoir ces matériels pour la réalisation des travaux. Notre objectif est de transporter ces matériels de construction du pont pour qu’ils soient à la disposition de la compagnie chargée de la construction. La Côte d’Ivoire consomme  une quantité énorme de riz. Donc nous faisons en sorte que les marchandises import-export puissent arriver à temps au consommateur final. Pour dire que nous sommes vraiment au cœur du développement économique des pays. Nous sommes comme un baromètre pour dire si une activité est en hausse ou en baisse dans un pays.

Peut-on avoir une idée de votre chiffre d’affaires ?
Non, on ne peut pas communiquer de chiffre avant avril. Nous sommes dans la période d’audit.

Certaines personnes trouvent vos services très coûteux et moins serviables. Que répondez-vous à ces affirmations ?
Je ne sais pas sur quoi se basent-elles pour nous juger. J’ai l’impression qu’elles ne font pas la différence entre Dhl Express et Dhl Global forwading. Nous ne faisons pas de l’express mais du fret normal. Nous achetons des espaces avec les lignes maritimes et aériennes que nous revendons. Nous avons un service de transit. Nous sommes soit sur le barème ou au-dessus du barème. C’est une mauvaise perception  que certaines personnes ont de nos services.

Récemment, vous avez rencontré le Premier ministre Daniel Kablan Duncan. De quoi avez-vous parlé concrètement ?
C’était une visite de courtoisie avec l'arrivée du président  de notre groupe en Côte d’Ivoire. Il faut savoir que des groupes comme le nôtre ont besoin de prendre le pouls économique du pays. Ce, afin de voir comment développer leurs activités. C’est dans ce cadre que nous avons rencontré le Premier ministre, qui nous a rassurés sur les politiques du gouvernement actuel. Nous sommes très heureux en tant qu’Ivoirien parce que nous nous battons pour le développement économique de notre pays. 

Que pensez-vous de la relance économique et de l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire ?
Il y a plusieurs choses. D’abord, il faut savoir qu’il y aune réelle volonté du gouvernement à remettre la Côte d’Ivoire sur les rails. Vous n’avez peut-être pas connu la Côte d’Ivoire qui travaillait. Pour ceux qui ont eu la chance d’avoir vécu les premières années ou les deuxièmes années de la Côte d’Ivoire, comprendront de quel rail nous parlons. C’est une très bonne chose de savoir qu’il y a une nouvelle vision pour la Côte d’Ivoire. Si vous n’avez pas au moins un programme, vous êtes « morts ». Donc nous sommes là pour accompagner le développement en Côte d’Ivoire en investissant, en créant des emplois, en formant des Ivoiriens.

Côté social, quelles sont les actions entreprises par votre structure pour venir en aide aux plus démunis ?
Notre groupe a des objectifs financiers certes, maisil a aussi des objectifs sur le plan social. Pour cela, nous avons des programmes comme « Go help, go teach ». Chaque année, nous agissons sur l’environnement. Avec Dhl Express, l’année dernière, nous avons entrepris des actions avec la maternité Marie Thérèse Houphouët-Boigny d’Adjamé. Où nous avons replanté des arbres. Cette année, nous avons encore un programme sur l’environnement  un peu plus grand avec la Sodefor. Il y a une Ong qui intervient dans le reboisement avec laquelle nous allons travailler, certainement dans le mois de septembre. Il y a deux ans, nous avons apporté de l’aide à une Ong à Koumassi (Les sœurs de Koumassi). Où nous avons offert des vivres, lavé les malades. Au village SOS, nous avons fait des dons en espèce. Nous nous  sommes intéressés aux orphelinats quand il s’est agi d’aide. Cette année les programmes ne sont pas encore ficelés. Donc, je ne peux pas vous dire exactement quand est-ce qu’on débutera les activités sociales. Quand il y a une catastrophe dans le monde, Dhl se mobilise pour aider. Nous avons obligation de participer aux actions sociales dans tous les pays où nous exerçons.

Quelle est l’estimation du budget prévu pour les actions sociales ?
On ne peut pas vous donner. Si demain on a un programme de construction de maternité, on va l’évaluer, l’étudier, demander l’accord, avant de passer à sa mise en œuvre.

Donc pas de budget préétabli ?
Pas du tout.

Interview réalisée par
Kamagaté Issouf
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