Région du Bounkani: Philippe Hien invite "les cadres à mutualiser leurs forces..."
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Région du Bounkani: Philippe Hien invite "les cadres à mutualiser leurs forces..."

mercredi, 20 avril 2016 17:12
Le Président du Conseil régional du Bounkani Philippe Hien a effectué une tournée de cinq jours dans la région pour faire l'état des lieux Le Président du Conseil régional du Bounkani Philippe Hien a effectué une tournée de cinq jours dans la région pour faire l'état des lieux Crédits: DR

Affrontements inter-communautaires à Bouna des 24 et 25 mars 2016, retour au calme, visite du Chef de l’État, Alassane Ouattara, dans la région le 30 avril 2016,  états des infrastructures de développement, préoccupations des populations, le président du Conseil régional du Bounkani, Philippe Hien, après une tournée de cinq jours, fait l’état des lieux.

 

 

 

Région du Bounkani: Philippe Hien invite "les cadres à mutualiser leurs forces..."

Affrontements intercommunautaires à Bouna des 24 et 25 mars 2016, retour au calme, visite du Chef de l’État, Alassane Ouattara, dans la région le 30 avril 2016,  états des infrastructures de développement, préoccupations des populations, le président du Conseil régional du Bounkani, Philippe Hien après une tournée de cinq jours fait l’état des lieux. Dans cette interview, le mardi 19 avril 2016, à Abidjan, il a invité les cadres de la région à mutualiser leurs forces et leurs compétences pour aider le Bounkani à émerger. Appelant les populations à la réconciliation et à s'approprier le vivre ensemble, il a exhorté: "Il faut que les peuples reviennent à cette attitude qui leur permettait de se comprendre et de s’accepter. Nous devons dans le Bounkani nous enrichir de notre différence."

"Retour au calme (…) des populations repliées sur elle-même"

Vous revenez d’une tournée dans le Bounkani dont vous êtes le président du Conseil régional. Quel est l’état d’esprit des populations actuellement après les affrontements inter-communautaires qui ont fait une trentaine de morts et de nombreux déplacés ?

Philippe Hien: Nous venons d’effectuer dans le Bounkani une tournée de cinq jours qui nous a permis de parcourir l’ensemble de la région. Actuellement, c’est un retour au calme, les affrontements se sont arrêtés. Il n’y a plus de violences. Cependant, c’est la méfiance qui anime la plupart des populations. Il y a également beaucoup de suspicions. Le contrat social étant rompu, la crise ayant fait de nombreux morts, des blessés et des déplacés, la méfiance s’est donc installée au sein de la population. Les conséquences étant assez grave, chacun dans son coin se méfie de l’autre. Ayant peur que les affrontements reprennent à tout moment. Ce sont des populations plus ou moins apeurées qui demeurent repliées et reclus sur elle-même.

"La sécurité est à un niveau acceptable"

Quelle est en moment la situation sécuritaire ?

Je ne suis pas spécialiste des questions sécuritaires mais je retiens que les forces de défense et de sécurité qui sont dans le Bounkani font leur travail. Je pense qu’ils pourront donner les termes appropriés s’agissant de la situation sécuritaire. Pour ma part, je pense qu’au niveau sécuritaire nous avons beaucoup évolué étant donné qu’il n’y a plus de violences ni d’affrontements.

On pourrait dire que la sécurité est plus ou moins revenue, ou alors à un niveau acceptable étant donné que les populations arrivent à se déplacer. C’est vrai que leurs déplacements sont  limités dans certaine proportion. Tant qu’ils peuvent éviter de fréquenter les quartiers des autres.

C’est dommage, mais quand le contrat social est rompu, il faut quelques temps avant que les choses se remettent en place. Au fur et à mesure, je pense que des actes de bonne foi seront posés et les populations comprendront qu’il n’y a plus à s’inquiéter et qu’il faille laisser derrière soi ces affrontements inter-communautaires. Tout en tirant les conséquences pour que plus jamais on ne retombe dans cette situation.

Qu’est ce peut expliquer cette rupture du contrat social dans le Bounkani ?

Nous avons tous été surpris de la tournure prise par ces événements qui à l’origine était une banale affaire de dégât de culture entre agriculteurs et nomades. Ce qui est plus ou moins courant dans le nord du pays. Rapidement cette affaire a dégénéré en un affrontement inter-communautaire. Ce qui est regrettable. Je n’arrive pas à me l’expliquer. Je sais seulement que les chefs Lobi des environs étaient invités à une réunion convoquée par le chef central des Lobi à Bouna. Au même moment, une horde de jeunes Malinké et Koulango constitué a encerclé le domicile du chef central. Ils ont voulu en découdre, cependant ils ont pu s’entendre. Donc l’affrontement n’a pas eu lieu en ce moment précis.

Ces jeunes avaient en tête de raisonner le chef des dozo (Ndlr: chasseurs traditionnels). Les dozo dans la région  pour la plupart sont des Lobi. Lorsque ces jeunes ont croisé le véhicule du chef dozo, ils l’ont caillassé. Ces jeunes ont voulu également désarmer les dozo, tous civiles autant qu’ils sont. Je ne sais pas si c’est de là que tout a dégénéré. Les chefs  Lobi étant réunis chez le Chef central ayant vu ces jeunes des ethnies frères les attaquer. Quand ils sont retournés chez eux, certainement, qu’ils ont passé l’information comme quoi les autres ethnies seraient en train de les attaquer. Je suppose, car je n’étais pas présent ce jour-là. Tout s’est déroulé en une seule journée, le 24 mars 2016. C’est parti tellement vite pour se généraliser sur l’ensemble du département. Je suppose que c’est le fait que tous les chefs aient été réunis au même lieu et vécu cette attaque des jeunes des ethnies qui a favorisé la généralisation de ce conflit sur l’ensemble du département.

Ce qui a donné lieu d’abord à un affrontement à Bouna entre les dozo et les jeunes malinké et Koulango ensemble. Et par la suite sur l’ensemble du département, les affrontements ont opposé les dozo Lobi aux Malinké, Peuls et Koulango d’autre.

Au nombre des actions entreprises pour ramener, le calme, il y a certes vos tournées de sensibilisation. L’on se rappelle que vous avez initié le Festival du Bounkani (Festibo) qui se voulait un facteur de cohésion sociale entre Lobi, Koulango et Malinké. Est-ce parce que vous avez pressenti ce conflit ?

A l’origine, quand nous lancions ce festival, c’était pour nous un moyen de valoriser les différentes cultures de la région. Il s’agissait de permette à chaque peuple de s’exprimer, en faisant connaître sa culture. Parce que  pour nous autres qui sommes né hors de la région, et connaissant très peu notre culture nous avons estimé que d’autres personnes pouvaient être dans la même position.

Il fallait donc promouvoir les valeurs culturelles de la région, les faire connaître par des fils et filles de la région ainsi qu’à l’ensemble des Ivoiriens qui connait très peu le Bounkani. Le Festibo doit être une rampe de lancement pour nous pour mieux vendre le Bounkani et attirer les investisseurs dans notre région. Et ce, pour enclencher le développement du Bounkani qui est quasi-sinistré.

Par suite permettre aux différents peuples qui composent la région de se fréquenter davantage. Parce qu’ils se connaitraient mieux de prendre conscience de ce qu’ils sont des frères. Et qu’ils doivent vivre ensemble et trouver les moyens de coordonner et d’harmoniser cette vie d’ensemble. Ce sont ces éléments que nous avons voulu mettre en avant en promouvant le Festibo.

C’est vrai que le Festibo devait permettre d’éviter des conflits parce que les peuples allaient apprendre à se fréquenter et à mieux se connaître. Et comprendre que c’est ensemble qu’ils pourront enclencher l’émergence de la région. Cependant, il n’en demeure pas moins que des problèmes latents existaient. C’est dans la nature des choses quand les hommes sont ensemble. Il peut exister quelques frictions, des frustrations. Cependant, il faut trouver les moyens d’évacuer ces rancœurs ou ces humiliations accumulés. Si rien n’est fait, cela explose un matin sous une forme violente. Je pense que dans le cadre du Bounkani, il y a eu certainement des frustrations et des comportements qui n’étaient acceptés par les différents peuples. Sans doute qu’on n’a jamais eu l’occasion de les mettre sur la table, d’en débattre de sorte à pouvoir les évacuer et d’aller de l’avant. Malheureusement les choses se sont accumulées et  cela s’est exprimé sous cette forme assez inadmissible où nous avons enregistré des morts, des blessés, des dégâts matériels et de nombreux déplacés.


Sous quel signe allez-vous présenter le prochain Festibo ?

Le prochain Festibo sera celui de la réconciliation et du vivre ensemble. Il faut que les peuples reviennent à cette attitude qui leur permettait de se comprendre et de s’accepter. Nous devons dans le Bounkani nous enrichir de notre différence. Et nos différences ne devraient pas être des sources de division mais plutôt des sources d’enrichissement.


"Quand la sécurité alimentaire est menacée..."

 

Qu’est ce qui est fait pour le retour de ces populations ?

Il faut dire que les événements sont assez frais. Aujourd’hui, la priorité a été mise sur l’extinction des affrontements, l’arrêt des violences. Et par la suite, on devrait travailler à amener les réfugiés internes à regagner leurs sites où ils vivaient. On verra comment les réfugiés étrangers pourraient revenir et vaquer tranquillement à leurs occupations. Mais, il faut que bien avant, qu’on prenne des dispositions sur la cohabitation entre les éleveurs et les agriculteurs. Il faudrait également trouver les moyens pour régler les conflits qui pourraient exister de cette cohabitation. Il faut signaler que cette année la sécheresse a été très rude dans cette zone.

On a enregistré un grand nombre d’arrivée de bouviers étrangers avec d’important troupeau qui certainement ont favorisé l’éclatement de cette crise. Cela peut s’expliquer par le fait que ces étrangers ne sont pas tenus par les mêmes engagements que ceux qui vivent au quotidien ensemble, éleveurs et agriculteurs. On a eu a constaté que la crise s’est faite dans une période de grande culture. Il y a eu une crise éleveurs-agriculteurs. Qu’est-ce que cela veut dire ? Les nomades étrangers sont allés jusqu’à ouvrir les greniers où il y avait des réserves d’aliments des agriculteurs et faire paître les bœufs. Cela a exaspéré davantage les agriculteurs qui ont estimé qu’il fallait réagir pour arrêter cela.

Ces nomades qui viennent avec d’important troupeau ont été installés dans des villages où vivent uniquement que des agriculteurs qui ont eux aussi de petits bétails. Cette situation a dérangé la cosmogonie de la région au point où des gens ce sont sentis en danger. Quand la sécurité alimentaire est menacée, cela créé d’autres problèmes. Malheureusement, la réaction n’est pas la bonne puisque les gens ont réagi violemment. Nous condamnons cette manière de faire et nous pensons qu’il faille à l’avenir éviter de réunir les conditions qui pourraient pousser à l’éclatement d’une telle crise.

"L’État de Côte d’Ivoire doit affirmer son autorité"

 

Au cours de votre tournée, vous avez sollicité plusieurs grandes familles Lobi de la région pour jouer le rôle de médiateur dans le processus de réconciliation. Que représentent ces familles dans l’organisation du peuple Lobi ?

Effectivement, nous avons au cours de cette tournée rencontré plusieurs chefs de famille compte à Bouna ville ainsi que des chefs de quartiers et des conseillers de la chefferie. Nous les avons croisés pour qu’ils prennent une part active dans la résolution de ce conflit et dans la prévention des crises qui pourraient arriver. En pays Lobi, il y a quatre grandes familles Hien, Kambou, Nouffé, Dah subdivisées en plusieurs sous familles.

S’agissant des poursuites judiciaires, ne pensez-vous pas qu’en pareille circonstance, il faut privilégier la justice transitionnelle pour amener les parties à vider leurs rancœurs et à se pardonner?

La justice n’a pas varié dans sa position. Et je pense que c’est une position de l’Etat de Côte d’Ivoire qui doit affirmer son autorité. Si des individus se sont rendus coupable d’acte délictueux voire d’acte criminels, il faille qu’il subisse la rigueur de la loi. Quitte après à l’Etat ou aux premiers coutumiers et religieux de la région de solliciter du Chef de l’Etat une amnisties.  Parce que, eux-mêmes ce serait pardonné au cours d’une catharsis géante où ils auront fait leur mea-culpa et vider leur cœur.

Pour l’instant, il est bon que l’Etat réaffirme son autorité sur l’ensemble du territoire en appliquant les textes en vigueur. Si quelqu’un se rend responsable de quelque chose puni par la loi, il faut qu’il rende compte vis-à-vis de la loi. Ceux qui seraient reconnus coupables des agissements qui ont endeuillé le Bounkani répondent de leurs actes. Malheureusement ce qu’on constate sur le terrain ce sont les dénonciations calomnieuses, des diffamations et surtout d’actes qui n’encouragent pas, qui n’honorent même pas le Bounkani et même la justice ivoirienne.

Il ne suffit pas dire que comme je détestais un tel, c’est donc l’occasion pour moi de le dénoncer. Parce qu’il va falloir avoir des preuves et attester de la culpabilité des gens qu’on veut arrêter. Il faut que les hommes qui sont arrêtés soient faits et qu’eux-mêmes soient convaincus et vaincus de leur culpabilité. Aujourd’hui certaines personnes crient à l’injustice parce que des gens auraient été arrêtés et libérés. C’était des dénonciations calomnieuses qui ne tenaient sur rien du tout. Des gens qui n’étaient pas à Bouna au moment de l’événement, parce que telle ou telle personne ne les aimant pas est allé les dénoncer.

La gendarmerie a essayé de faire son travail et s’est rendu compte pours cas que rien ne tenait. Donc ces personnes interpellées ont été libérées. Cela donne l’impression à des gens que la justice ne travaille pas pare que par concours de circonstance, le ministre actuel de la justice est un Lobi. Ce monsieur fait son travail. Il est à ce poste par son mérite. Il n’est pas à ce poste parce qu’il est Lobi. Et il fera son travail. Je le connais pour avoir été son collaborateur pendant des années. Ceux qui sont reconnus coupables payeront pour les actes qu’ils ont commis. Quitte après, à demander l’amnistie du Président de la République. Je vous rassure la justice fera son travail.

 

"Que le Bounkani (…) rejoigne l’ensemble de la Côte d’Ivoire"

 

Le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara est annoncé dans la région. Qu’est-ce que le Bounkani attend de cette visite ?

Il faut dire que le Bounkani est une région particulière parce qu’elle est quasiment sinistrée où il manque de l’eau. Les infrastructures de développement n’existent pratiquement pas. Pour qu’on aille à une paix durable, il faut qu’il ait un certain niveau de développement.

Quand on a une seule pompe villageoise dans un village de 1000 âmes, c’est évident que cela créé des problèmes. Il y certains qui se sente propriétaire de cette pompe et ne veulent pas que les autres l’utilisent quand ils en ont besoin. Vous avez une région comme le Bounkani où il y a un semblant d’hôpital général, à Bouna et à Nassian. Les départements de Téhini et de Doropo n’ont pas d’hôpitaux. Ce ne sont même pas des centres de santé urbaine. J’appelle ça des centres de santé ruraux.

Vous pouvez facilement rouler 100 kilomètres et vous ne croiserez pas une école ni un dispensaire. C’est trop grave. Et cette situation créé forcement des problèmes  entre les populations. Quand les infrastructures sont peu nombreuses ou inexistantes, cela fait entraine des problèmes entre les populations. Ces infrastructures ne peuvent pas répondre valablement  à nos besoins. Le lycée de Bouna était dans un état de délabrement inacceptable.

Au niveau du Conseil régional nous nous engagé à le réhabiliter totalement et à y construire d’autres salles de classe pour pouvoir permettre à nos petits, à nos enfant de pouvoir aller à l’école. Sinon, nous étions à une triple vacation. Les écoles sont insuffisantes à Bouna. Dans le département de Bouna, on dénombre au minimum 90 écoles communautaires, c’est-à-dire des écoles sous des paillotes où des bénévoles enseignent.

A Bouna aujourd’hui, si vous arrivez, vous allez constater qu’il y a des points d’eau où le liquide est servi comme si c’était rationalisé dans les cuvettes. Et ce, pour que les populations puissent avoir seulement un peu d’eau pour boire. En saison sèche, c’est très compliqué. On n’a pas assez d’eau et c’est grave. Dans les villages n’en parlons pas, les gens se disputent l’eau avec les animaux dans les quelques marécages qui ne sont pas encore asséchés. Nous avions en son temps une quarantaine de barrages agro-pastoraux. Il n’en existe aucun aujourd’hui. Une telle situation créée forcement des problèmes entre agriculteurs et éleveurs.

Nous attendons du Chef de l’Etat que des engagements soient pris pour nous permettre de refaire notre retard sur l’ensemble du pays. Nous acculons aujourd’hui un taux de pauvreté de 37% avec un pique dans le département de Téhini à 70%. Vous constatez que c’est énorme. Nous remercions déjà le Chef de l’Etat pour tout ce qui a été fait dans notre région depuis qu’il est pouvoir. Nous étions à un taux d’électrification de 1% lorsqu’il arrivait  au pouvoir.

L’année passée avec l’électrification de 62 localités, nous sommes passés à 17% de taux d’électrification. Nous sommes encore très loin de la moyenne nationale qui est de 34%. Aujourd’hui lorsque des visiteurs arrivent à Bouna, ils n’ont pas où logé. Ils sont donc obligés de faire un aller-retour. Nous sommes à 600 km d’Abidjan. Nous n’avons pas de réceptif hôtelier, on a même pas une salle qui peut contenir un conseil des ministres.

Certainement s’il y a un conseil des ministres à Bouna, il sera sous un chapiteau. A Bouna nous manquons énormément d’infrastructures. Voilà pourquoi nous n’avons de cesse d’appeler à la cohésion et l’entente des fils et des filles de la région du Bounkani pour que nous mutualisions nos forces et nos compétences pour aider véritablement le Bounkani à émerger. Et non à utiliser la petite énergie qu’on a pour se combattre et à s’entredéchirer. Ce n’est pas cela la solution. Un seul fils de la région ne pourra pas nous faire sortir dans l’état dans lequel la région est plongée.

Il faut donc que nous mutualisons nos efforts avec tous ceux qui se sentent concernés par le Bounkani pour sortir la région dans la léthargie dans laquelle elle est plongée depuis presque tout le temps. Ce que nous attendons du Chef de l’Etat, qu’il donne le ton pour que le Bounkani puisse amorcer véritablement son développement et rejoigne l’ensemble de la Côte d’Ivoire.

Interview réalisée par CHEICKNA D. Salif
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Lu 3724 fois Dernière modification le samedi, 23 avril 2016 10:18