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Philippe Eponon (CGECI): ''Nous donnons aux Ivoiriens le goût de l’initiative, du risque, l’esprit de l’entreprise''

jeudi, 28 septembre 2017 20:17
Philippe Eponon, vice-président de la Cgeci, administrateur général de la société La route africaine, président du groupe ivoirien du bâtiment et des travaux publics. Philippe Eponon, vice-président de la Cgeci, administrateur général de la société La route africaine, président du groupe ivoirien du bâtiment et des travaux publics. Crédits: DR

Les 29 et 30 septembre, s’ouvre au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à Cocody, l’un des évènements majeurs du patronat ivoirien: la 6e édition de la Cgeci Academy. Pour la réussite de ce rendez-vous d’affaires, du donner et recevoir, Philippe Eponon, vice-président de la Cgeci, administrateur général de la société La route africaine, par ailleurs président du groupe ivoirien du bâtiment et des travaux publics, appelle à la mobilisation de tous.

« Devenir un champion national », que vous inspire le thème de cette 6e édition de la Cgeci Academy ?
Dans le monde entier, le développement d’un pays s’inspire toujours des acteurs locaux et nationaux. Depuis nos indépendances, le Président Félix Houphouët-Boigny, à l’époque, avait suscité la création d’entreprises nationales et avait confié la direction à des Ivoiriens. La culture de l’entrepreneuriat n’existant pas assez à l’époque dans l’esprit des Ivoiriens puisque l’Etat avait les moyens d’assister tout le monde, il n’y avait donc aucune nécessité de se battre pour créer une entreprise. Malheureusement, de nombreuses sociétés ont disparu et les nouvelles générations sont obligées de se battre pour sortir de l’ombre. Dans ce cadre, le pays redémarrant, il est nécessaire que des acteurs ivoiriens se mettent avec l’Etat pour conduire le développement.  On peut servir son pays à tous les niveaux. Mais servir son pays en étant leader, c’est aider réellement à donner les grandes orientations. A côté des leaders politiques qui gouvernent au quotidien, nous avons besoin de leaders économiques. Ce sont ceux qui pourront générer assez de ressources pour partager le bénéfice du développement avec d’autres Ivoiriens. Ces leaders qui auront l’initiative de dire:  je prends le risque, je développe et partage la richesse. C’est ceux qui seront des champions nationaux, qui vont aider le pays à grandir. Le tissu économique ivoirien comporte aujourd’hui des champions nationaux. Des  personnalités qui ont eu le goût du risque et l’ambition pour elles-mêmes et pour leur pays. Leur nombre étant réduit, il faut à présent densifier ce tissu. D’où l’idée de remettre au goût du jour l’esprit d’initiative, d’ambition, de création de richesses, de partage de fortune à tous les Ivoiriens.

Que réservez-vous à la jeunesse au cours de ce rendez-vous ?
Tous les jeunes ivoiriens sont en compétition. Peut-être pas forcément à la Cgeci Academy. Ils sont tous en compétition pour survivre. Il n’y a que les meilleurs qui vont pouvoir survivre parmi les champions. Il y a un grand nombre de jeunes ivoiriens qui a accepté dans le même élan d’initiative, de participer à une compétition où ils seront primés à l’occasion de cette édition de la Cgeci Academy. La Cgeci, c’est le creuset des entrepreneurs. Elle  se donne comme ambition de  construire et d’accompagner des « Champions nationaux ». Ii y a bien des champions au sein de notre organisation, ces derniers savent bien comment ils se sont construits et sont prêts à partager leurs expériences avec les jeunes et accompagner les moins jeunes. Nous avons reçu déjà plus d’un millier de candidatures jeunes. Nous attendons de ces  jeunes candidats. Ce que nous rêvons pour tous les jeunes ivoiriens: le succès de leurs initiatives ! Arrêtons de tendre la main. Créons nous-mêmes notre richesse. Arrêtons d’être employés des autres. Devenons notre propre employeur. La compétition en elle-même n’est qu’un cadre pour développer un esprit. Ce n’est pas le but de dire que vous avez été primés. Tous ceux qui prennent l’initiative de participer sont déjà des gagnants. Aujourd’hui, nous donnons aux Ivoiriens le goût de l’initiative, de l’ambition, du risque, l’esprit de l’entreprise. Tout le monde sera gagnant. Ne regardez pas seulement que ceux qui seront primés à cette occasion.

Quelles sont les principales innovations pour cette édition ?
Cgeci Academy est une belle initiative. Mais aujourd’hui, nous avons un challenge. C’est de la perpétuer, de l’innover, de la rendre encore plus grande. Il aura fallu que les équipes de la Cgeci réfléchissent et créent. Les premières éditions faisaient la part belle aux jeunes.  Les directeurs généraux ou chefs d’entreprises ne voyaient pas forcément leur intérêt dans l’événement. Alors que c’est l’affaire des entrepreneurs.  Les jeunes ne seront d’autant plus motivés que quand ils côtoieront d’autres responsables d’entreprises qui sont leurs modèles. Venez, vous allez trouver vos contemporains qui sont vos images, à qui vous faites confiance, qui sont vos modèles. Venez les rencontrer. Partant de ce constat, nous avons créé deux parcours. Celui des jeunes qui ont soif d’apprendre et celui des chefs d’entreprises confirmés qui doivent confronter leurs expériences à celles existant partout dans le monde. Car nous faisons venir des personnalités locales et internationales. Ce sera donc des débats d’idées, des échanges d’expériences. Tous ces patrons d’entreprises expérimentés apporteront leurs expériences aux jeunes que nous voulons promouvoir.

Ce rendez-vous sera également la 4e édition de la Cgeci Academy business. Quels sont les enjeux ?
L’enjeu, c’est de marquer l’esprit de la nation qu’il existe en Côte d’Ivoire une volonté du secteur privé de créer des entreprises. Il faudrait bien qu’aussi en Côte d’Ivoire qu’à l’international, que nous nous disions que des incubateurs existent en Côte d’Ivoire. Faire comprendre qu’il existe dans le pays, des entrepreneurs qui ne conservent pas leur ilot de fortune. Ils sont prêts à partager avec les autres.  Il y a des jeunes, des chefs d’entreprises expérimentés. Alors, croisons-nous, partageons, suscitons, encourageons ceux qui ont de la volonté. A l’instar des organisations patronales qui existent partout dans le monde, c’est une université du savoir et d’apprentissage. Nous sommes de façon perpétuelle dans un cadre de recherche et de performance.

Vous allez présenter le programme de « Champions nationaux aux chefs d’entreprises » à cette occasion. De quoi s’agit-il ?
L'ambition d’un chef d’entreprise, c’est d’être toujours le meilleur dans son secteur. Ce n’est pas l’Etat qui décrète que quelqu’un est champion. C’est un constat de la nation. Il n’y pas de diplôme en la matière. L’esprit du champion, c’est celui, qui dans son environnement, est leader pour créer la richesse, l’intelligence et surtout partager et aspirer vers lui ceux qui ont la volonté et l’ambition. C’est cela le champion. Mais tout cela ne peut être réalisé que dans un cadre propice au développement de l’entreprise nationale. La création du cadre et l’attention particulière que l’Etat portera au sujet fera ou non le succès de cette politique de création de champions nationaux. La CGECI salue la volonté politique de notre pays de construire et/ou accompagner ces champions comme cela s’est fait dans divers pays de tous les continents.

Un appel à la jeunesse, aux jeunes entrepreneurs et au secteur privé ivoirien…
Cette rencontre est un évènement important dans la vie économique de la Côte d’Ivoire. C’est un évènement national. Je le rappelle aux chefs d’entreprises, le plus grand business, c’est le carnet d’adresse. C’est une occasion pour eux de venir prendre part à cet évènement. Il y a du networking (Ndrl : réseautage) pour côtoyer des personnes de notre environnement qu’ils n’ont pas l’habitude de voir. Nous demandons aux chefs d’entreprises de venir dans un grand écosystème pour enrichir leur carnet d’adresse. Ce sera une occasion d’échanger et de partager les expériences avec d’autres leaders comme eux. Cela leur offrira beaucoup plus d’opportunités. C’est également une occasion pour les responsables d’entreprises d’avoir l’humilité de savoir qu’on ne connaît pas tout et qu’on peut apprendre avec les autres. Il y a toujours un petit peu qu’on ne sait pas et c’est dans le partage qu’on s’enrichit. Aux jeunes, il faut reconnaître que la vie économique et sociale devient de plus en plus difficile. L’emploi devient de plus en plus rare car notre environnement n’en crée pas assez. Les jeunes sont tellement intelligents, ont tellement d’initiatives, que je ne doute pas un seul instant qu’ils peuvent créer des emplois pour occuper des personnes autour d’eux. Rein n’empêche les jeunes de devenir leaders. Venez prendre des modèles, venez avoir de l’ambition et vous convaincre que le rêve et sa réalisation sont à la portée de tous. C’est en étant tous sûr que tous nos rêves sont dans le domaine du possible que nous développerons notre pays.

Interview réalisée par
ANOH KOUAO

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