Pedro Pires: "Il faut une approche régionale intégrée dans la lutte contre la drogue pour obtenir des résultats"
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Pedro Pires: "Il faut une approche régionale intégrée dans la lutte contre la drogue pour obtenir des résultats"

lundi, 15 avril 2013 13:17
Pedro Pires Pedro Pires Crédits: DR

L’ex-Président du Cap-Vert et vice-président de la Commission ouest-africaine sur la drogue (Wacd), Pedro Pires, a conduit le 11 avril, à Dakar au Sénégal, une délégation de sa structure pour une série de consultations. Dans cet entretien qu’il a accordé à Fratmat.info, il plaide pour une approche régionale intégrée dans la lutte contre la drogue pour obtenir des résultats.

Pourquoi une commission ouest-africaine sur la drogue ?

Le trafic de drogue est une menace croissante en Afrique de l’Ouest. C’est pour contribuer à lutter contre le fléau que la structure a été créée à l’initiative de la Fondation Kofi Annan de l’ancien secrétaire général de l’Onu. C’est une réponse à la montée du trafic de stupéfiants en Afrique de l’Ouest au cours de la dernière décennie. Selon le Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (Unodc), le trafic illégal de stupéfiants est lié à des activités criminelles et terroristes dans la région et alimente la croissance de la consommation locale de drogues illégales.

Qui sont les membres de la commission ?

La présidence est assurée par l’ancien président du Nigéria, Olusegun Obasanjo. Elle comprend un groupe de personnalités éminentes d’Afrique de l’Ouest, dont moi Pedro Pires et la chanteuse malienne, Oumou Sangaré.

Comment expliquez-vous le développement du phénomène du trafic de drogue dans la sous-région ?

Nos États sont fragiles et instables en Afrique de l’Ouest. Cette situation profite aux narcotrafiquants. Il faut indiquer qu’anciennement utilisée comme zone de transit vers d’autres horizons, notre sous-région est devenue consommatrice de la drogue. Selon les statistiques, il y a actuellement 1,5 millions de consommateurs dans la sous-région. Et cela va grandissant.

Que faut-il faire pour mettre fin ou du moins freiner cette situation ?

La coopération entre les pays de la Cedeao est nécessaire pour mener une lutte efficace. Il faut une approche régionale intégrée dans la lutte contre la drogue pour obtenir des résultats. Les services de sécurité de la sous-région doivent coopérer. Ainsi que la justice des différents pays. La coopération doit aussi concerner les pays d'où proviennent la drogue, notamment l’Amérique et les pays occidentaux consommateurs.

Quel rôle peut alors jouer votre commission dans cette lutte ?

Notre structure se charge de formuler des recommandations fondées sur des données probantes à l’endroit des dirigeants politiques et des leaders de la société civile en vue de renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants. Elle entend sensibiliser l’opinion publique et mobiliser les politiques sur cette question.  C’est dans ce cadre que nous sommes présents ici à Dakar. Cinq pays de la Cedeao dont la Côte d’Ivoire seront aussi visités. Ainsi, les rencontres de terrain et les rapports des experts vont contribuer à la compréhension de la situation et aideront la commission à formuler des recommandations dans un rapport.

A quel moment le rapport sera-t-il disponible ?

Le rapport est prévu pour janvier 2014. Il sera suivi d’une campagne de plaidoyer. La commission va aussi promouvoir les capacités locales et régionales de gestion de ce trafic et ses conséquences. Si rien n’est fait, le trafic illégal pourrait compromettre les progrès encourageants que les pays d’Afrique de l’Ouest ont réalisés en matière de renforcement de la démocratie, et de développement humain et économique.

Interview réalisé à Dakar

Par Théodore Kouadio

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