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Mohamed El Kettani,PDG de Attijariwafa Bank : " Accroître nos interventions dans les grands projets structurants de la Côte d’Ivoire"

mardi, 19 mars 2013 14:53
Mohamed El Kettani, président - Directeur général du groupe marocain Attijariwafa Bank Mohamed El Kettani, président - Directeur général du groupe marocain Attijariwafa Bank Crédits: Fraternité Matin

[19-03-2013. 15h30] Le patron du groupe bancaire qui opère dans 22 pays, dont la Côte d’Ivoire, est à Abidjan, à l’occasion de la visite officielle du Roi Mohamed VI.

Mohamed El Kettani,PDG du groupe marocain Attijariwafa Bank : « Nous souhaitons accroître nos interventions dans les grands projets structurants de la Côte d’Ivoire »

Le patron du groupe bancaire qui opère dans 22 pays, dont la Côte d’Ivoire, est à Abidjan, à l’occasion de la visite officielle du Roi Mohamed VI.

Pouvez-vous nous présenter le Groupe Attijariwafa? Comment se positionne-t-il, aujourd’hui, dans son environnement National (marocain) et international (filiales à l’étranger)?

Attijariwafa Bank résulte du mariage, en 2004, de deux groupes bancaires privés marocains, chacun plus que centenaire (Attijari & Wafa). Il est le leader de son marché d’origine sur quasiment tous les compartiments de la banque : collecte de l’épargne, distribution de crédits, assurance, crédit à la consommation, financement de l’immobilier, gestion d’actifs et banque d’affaires. Notre position de leader, acquise, dès 2005, nous a poussés dans le cadre de nos plans stratégiques, à penser notre développement à l’échelle de notre continent. Nous étions convaincus alors, que les similitudes des défis auxquels sont confrontés nos pays, conjuguées à l’accumulation de l’expérience que nous avons acquise dans un tel contexte, constituait une proposition de valeur qu’il importait de transformer en projet industriel. Et c’est ainsi qu’en quelques années, nous sommes devenus un groupe présent dans 22 pays dont 11 en Afrique, comptant parmi les plus importantes institutions bancaires du continent.

Comment se porte votre partenariat avec la Société ivoirienne de banque (Sib)? En êtesvous satisfait? Quelle place occupe votre filiale ivoirienne dans les activités du groupe?

Notre partenariat avec l’Etat de Côte d’Ivoire, à travers la Société ivoirienne de banque, a été scellé en décembre 2009. A cette date, la Sib comptait 15 agences et était le septième contributeur en concours bancaires à l’économie ivoirienne et aux particuliers. Aujourd’hui, nous sommes très satisfaits du chemin parcouru. Nous sommes le troisième réseau bancaire du pays, comptant 45 agences et le 4e établissement bancaire dans les financements. L’ensemble des autres agrégats bancaires a plus que doublé : collecte de l’épargne, nombre de clients. Par ailleurs, la Sib est engagée dans un ambitieux plan de modernisation de ses plates-formes technologiques devant lui permettre, à l’avenir, d’améliorer significativement la qualité de ses prestations ainsi que l’accélération de développement de son offre produit. C’est là une illustration tout à fait remarquable qu’est la rencontre du projet industriel qui caractérisait ce partenariat et la qualité des équipes de la Sib qui l’ont porté et mis en oeuvre. Mais il faut également souligner que sans la résilience remarquable de l’économie ivoirienne dans les moments difficiles et le dynamisme dont elle fait montre aujourd’hui, cela n’aurait pas été possible. L’ambition que nous avons pour la Sib est à la mesure de la place qu’occupe la Côte d’Ivoire dans la région et au-delà, à savoir celle d’une locomotive bancaire, jouant pleinement son rôle dans la dynamique économique du pays.

Quelles sont les ambitions de votre groupe pour 2013 et à moyen terme?

Depuis plus de 20 ans, nos ambitions sont traduites dans nos divers plans stratégiques. Aujourd’hui, c’est vers l’horizon 2015 que nous nous projetons. Le plan stratégique 2012-2015 doit consacrer, de façon plus nette encore, notre ancrage africain initié en 2006. D’ores et déjà, il faut savoir que près du tiers de nos collaborateurs opèrent en dehors du territoire d’origine, soit plus de 5000 collaborateurs sur 16 000. A fin 2012, la contribution au revenu de nos activités en Afrique hors Maroc s’élevait à 25% contre 22% en 2011. En 2015, elles devront représenter 30%. Nous devons également compléter la couverture des zones d’implantation prioritaires et particulièrement l’espace Uemoa où nous prévoyons de couvrir l’ensemble des pays. Nous escomptons aussi, après avoir achevé les premiers plans de transformation des banques qui ont intégré le groupe, déployer, en fonction des besoins, nos autres métiers tels que l’assurance, le crédit à la consommation, l’immobilier, la gestion d’actifs ou encore le Corporate Finance. De la sorte, et notamment en Côte d’Ivoire avec la Sib, la banque se trouvera être le vaisseau amiral d’un ensemble d’outils spécialisés dans tous les métiers de la banque et l’assurance, employant le maximum des synergies nationales et celles du groupe au service de l’économie.

La Côte d’Ivoire est aujourd’hui Engagée dans d’importants projets de développement. Comment Attijariwafa compte-t-il participer aux différents chantiers en cours?

Nous sommes très sincèrement impressionnés par la dynamique de développement inclusive qui caractérise aujourd’hui le pays et la vision d’ensemble dans cette construction de SE. le Président de la République, Alassane Ouattara, visant à le doter des infrastructures lui permettant de jouer pleinement son rôle dans la sous-région. Et nous pensons qu’ainsi, la Côte d’Ivoire dispose de tous les atouts pour parvenir à l’émergence à l’horizon 2020. En tant qu’acteur bancaire de référence, la Société ivoirienne de banque et à travers elle, tout le Groupe Attijariwafa Bank, accompagne l’économie dans cette transformation. Il est important de continuer à mobiliser l’épargne et d’inclure le maximum d’agents économiques dans les circuits formels, qu’ils soient particuliers ou entreprises, en vue du financement de la croissance. C’est pourquoi nous devons continuer à contribuer à la meilleure bancarisation du pays. Nous le faisons déjà, mais nous souhaitons accroître nos interventions dans les grands projets structurants et pour cela, nous pouvons mobiliser les expertises et des moyens financiers au- delà de ceux de la Sib seule, en recourant aux expertises avérées et éprouvées du Groupe Attijariwafa Bank.

Quelle place votre groupe occupe-t-il dans le développement des relations économiques
ivoiro-marocaines?


Vous savez que les relations ivoiro-marocaines sont anciennes et ont connu des moments forts du vivant des feus Houphouët-Boigny et Sa Majesté le Roi Hassan II, paix à leur âme. Nous sommes très heureux que cette flamme soit maintenant entretenue, voire ravivée, ce que confirme la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Maroc et la Côte d’Ivoire aspirent chacun à l’émergence et leur potentiel géostratégique fait que la densité des relations, notamment économiques, se doit d’être à la mesure de leurs aspirations. Notre groupe a conscience de cela et y accorde, tout naturellement, une priorité dans ses interventions. A travers la Sib, il est le promoteur des opportunités d’investissement qu’offre le pays. En cela, c’est un peu le principe du Hub. La Sib y joue ce rôle pour le groupe et la Côte d’Ivoire. Dans tous les pays où nous sommes présents, nos équipes capturent toutes les intentions et les dirigent vers les équipes de la Sib qui les accompagnent jusqu’à la concrétisation des projets. A fortiori, lorsqu’il s’agit du Maroc où nous sommes le premier acteur bancaire et où la plupart des grands acteurs économiques comptent parmi notre clientèle. Des tailles critiques et des expertises y ont vraiment été atteintes par un certain nombre d’opérateurs mais aussi des Pme, de sorte qu’elles recherchent des relais de croissance qui se traduisent par des projets et des investissements en Côte d’Ivoire. Nous constatons que c’est également le cas pour des groupes ivoiriens dans l’agro-business, l’énergie, la distribution, etc. et de la même manière, la Sib est le point d’entrée du groupe pour le rayonnement de ces acteurs, à partir de la Côte d’Ivoire vers la sous-région et bien au-delà.

PROPOS RECUEILLIS PAR
VALENTIN MBOUGUENG

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