Mme Magna Fofana, Présidente d’ONG: « Nous venons en aide aux démunis et non pour nous enrichir»
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Mme Magna Fofana, Présidente d’ONG: « Nous venons en aide aux démunis et non pour nous enrichir»

mercredi, 05 août 2015 13:12
 Mme Magna Fofana, initiatrice de l'ONG, le bal des Anciens Mme Magna Fofana, initiatrice de l'ONG, le bal des Anciens Crédits: C S

Assistante médicale aux Etats-Unis d’Amériques (USA), Mme Magna Fofana, ivoirienne d'origine vit au pays de l’oncle Sam depuis une vingtaine d’année. Elle est également promotrice de l’Organisation non gouvernementale ‘’ le Bal des anciens’’ qui œuvre dans le social. Dans cet entretien qu’elle a accordé à Fratmat.info, elle donne l’origine de son association, ses activités et son attachement à la Côte d’Ivoire.

Du milieu médical comment êtes-vous arrivés dans celui de la culture ?

Vous savez être loin de chez soi est difficile. Nous travaillons très intensément. La communauté Africaine aux Etats-Unis n’a pas le temps de s’amuser véritablement et nous sommes beaucoup stressés. J’ai donc décidé de créer le bal des anciens pour emmener mes frères et sœurs à s’amuser un peu et à oublier leur stress. L’organisation s’est transformée par la suite en une ONG dirigée vers le social.

Quelles sont les activités que mène le bal des anciens ?                 

En dehors del’organisation des soirées galas, nous organisons des défilés de mode avec les pagnes Africains. Il s’agit  pour nous de promouvoir la culture Africaine. Nous nous investissons aussi dans le social. Nous voulons apporter notre contribution, aider nos parents. Je veux que les Ivoiriens sachent que leurs frères et sœurs vivants aux Etats-Unis ne les ont pas oubliés. C’est pourquoi j’ai créé cette ONG pour aider nos frères, nos sœurs et nos enfants que nous avons laissés ici. L’aventure n’est pas chose facile surtout quand on n’a pas de papiers. Mais nous qui avions eu la chance d’avoir nos papiers et de circuler librement, c’est pour nous une aubaine de faire avancer la Côte d’Ivoire dans la paix et dans la vision de l’émergence en aidant les familles démunies.

Concrètement quelle action avez-vous posez en Côte d’Ivoire depuis votre création ?

Nous avons déjà fait un don il y a deux années. Ceci participe aux activités globales que nous menons, mais chaque année nous avons des innovations pour la promotion de la culture ivoirienne.

Quelle était la nature des dons offerts au village SOS d’Abobo?

C’était des vêtements et des kits scolaires pour que les enfants aillent à l’école avec des meilleurs outils de travail.

Pourquoi le choix de ce village ?

J’ai choisi ce village parce que j’avais cela à l’esprit depuis un bon moment, j’avais un projet pour ce village. Le temps ne m’a pas permis de le réaliser le plutôt possible mais je l’ai fait et c’est ce qui compte. Si Dieu le veut, pour les années à venir, nous apporterons notre aide aux autres enfants des autres ONG.

Vous avez aussi décidé de construire 3 salles de classe en Côte d’Ivoire ?

On a décidé de les construire au nord du pays à Odienné, précisément dans mon village parce que les enfants parcourent chaque jour  5 à 7 kilomètres pour aller à l’école dans le village voisin. Cette situation m’a beaucoup peinée. Pour nous cela n’est pas normal à ce 21e siècle. Nous prévoyons construire aussi dans les années avenirs d’autres écoles dans d’autres contrées du pays, si les moyens nous le permettent.

Après les 3 salles de classe de CP1, CP2 et CE1 que vous allez réaliser qu’est-ce qui va se passer par la suite pour atteindre l’ensemble des classes pour le cycle primaire ?

 Je pense que ce serait possible de compléter les classes plus tard, si nos sponsors aux Etats-Unis nous aident à continuer le travail. Cependant, ce sera dommage si on n’arrivait pas à terminer notre projet, car des enfants des autres localités en ont véritablement besoin.

Que pensez-vous des ONG qui mènent des actions sociales, juste pour s’enrichir personnellement ?

Je pense que ce n’est pas une bonne chose, moi j’ai pas attendu que les gens nous aident pour réaliser nos projets. Le premier don que j’ai fait est venu de mes propres fonds alors que ‘’le bal des anciens’’ n’était pas encore créé. Nous avons nos sponsors avec lesquels nous travaillons. Nous venons en aide aux  démunis et non pour nous enrichir parce que nous n’avons pas besoin personnellement.

Pensez-vous que la réception d’énormes ressources financières ne peut pas tenter les animateurs d’une ONG?     

Le tout part de votre cœur, si vous voulez faire quelque chose pour vos frères et sœurs, faites le bien pour que les gens saches de quoi vous êtes capable. J’aurai pu m’asseoir chez moi tranquillement sans poser d’actes. Surtout que je mène une activité qui me permet de vivre convenablement. Mais j’aime aider et partager.

Comment avez-vous vécu les différentes crises qui ont secoué votre pays natal pendant une décennie ?

Nous étions tous peinés pour ce beau pays. Mais, je ne suis pas politicienne, le bal des anciens il est apolitique, entre nous les Ivoiriens nous nous entendons bien, l’avant et l’après crise de notre pays n’a pas eu d’effet négatif sur notre communauté. On a des frères bété qui ont créé une fête d’été à New-York qu’on appelle le village bété, nous nous entendons tellement bien que chaque fois que cette fête est organisée nous sommes tous présents.

Quels sont vos rapports avec les autres communautés Africaines ?

Mes rapports avec les autres communautés Africaines sont très bonnes, nous nous fréquentons, et je pense que c’est important qu’on soit uni, la preuve est que la communauté Burkinabè m’a prise comme leur marraine lors de leur fête de l’indépendance.

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Interview réalisée

par Théodore Kouadio   

 

Lu 3080 fois Dernière modification le mercredi, 05 août 2015 16:47