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Michelle Piardon Bah (Présidente du REFA) : « Notre réseau, c’est près de 4 000 femmes entrepreneures à travers le monde »

lundi, 05 mars 2018 16:26

Le Réseau entrepreneurial des femmes africaines (REFA) veut donner un coup d’accélérateur à l’entreprenariat féminin en Afrique. Dans cet entretien, la Fondatrice et présidente lève un coin de voile sur les motivations de la création de ce réseau, les actions réalisées et ses ambitions.

Michelle Piardon Bah (Présidente du REFA) : « Notre réseau, c’est près de 4 000 femmes entrepreneures à travers le monde »

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce réseau international?

Le REFA, c’est le Réseau entrepreneurial des femmes africaines. Il est né de la volonté d’un groupe de femmes africaines ayant la même vision de l’entreprenariat féminin, et qui veulent donner un coup d’accélérateur à l’engagement des femmes africaines dans la prise d’initiatives de création d’entreprises, et de valeur, pour contribuer à leur propre épanouissement et participer à l’élan de développement continental.

 Le constat que nous avons fait est le suivant : en Afrique, la femme qui est le socle de la famille rencontre beaucoup de difficultés pour entreprendre. Aussi avons-nous décidé d’apporter un appui à l’autonomisation de la femme africaine. Il faut dire que la femme africaine et l'entrepreneuriat, c’est une longue histoire. Le REFA veut continuer d’écrire cette histoire, en améliorant les conditions dans lesquelles la femme africaine, entreprenante par nature, peut mieux faire développer ses initiatives tout en assurant leur pérennité. L’entrepreneuriat des femmes mérite qu’on y prête beaucoup d’attention, parce qu’il a un effet d’entraînement sur la société dans son ensemble.

A qui s’adresse le REFA ?

Le réseau s’adresse aux femmes africaines qui veulent initier ou développer des projets et à celles qui ont des entreprises en démarrage ou en expansion. Nous visons les femmes entrepreneures ou aspirantes entrepreneures, résidant en Afrique, mais aussi celles de la diaspora qui ont des projets à concrétiser dans leurs pays d’origine.

En dehors de la Côte d’Ivoire, dans quels pays êtes-vous présents et combien de femmes compte le REFA à ce jour ?

Le REFA fonctionne, comme son nom l’indique, en réseau. Ainsi, nous avons des représentations au Bénin, au Cameroun, en République Démocratique du Congo, au Burkina Faso, au Ghana, au Mali, et en Sierra Leone. Bientôt le REFA se déploiera au Sénégal et au Gabon. Ailleurs, nous sommes présents au Canada, en France et en Angleterre. Nous comptons aujourd’hui près de 4 000 femmes à travers le monde. Les activités entrepreneuriales de nos membres couvrent tous les secteurs d’activité, aussi bien dans le secteur privé marchand que dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Comment comptez-vous arriver à atteindre vos objectifs et qu’avez-vous déjà apporté concrètement à toutes ces femmes qui vous font confiance ?

Contrairement aux idées reçues, toutes les femmes ont en secret un projet qu’elles rêvent de réaliser, et le REFA reste un lieu privilégié de développement de relations et de partenariats d’affaires. Notre mission est donc de promouvoir, développer et soutenir l’entreprenariat féminin par des formations, des financements, le suivi et l’encadrement de projets. Notre force, c’est notre constitution en réseau. Il est de notoriété publique qu’en plus de la vision, de la passion et de la résilience propre au promoteur d’un projet, le réseautage est l’un des éléments fondamentaux qui permettent aux jeunes entrepreneures de conduire leurs entreprises sur un sentier de croissance rapide. Aussi, notre réseau permettra aux femmes de bénéficier d’expériences diversifiées, de prendre des parts de marchés au-delà de leurs pays respectifs, surtout d’aboutir à la mise en place de co-entreprises entre deux ou plusieurs membres de différentes nationalités. Notre présence hors de l’Afrique répond au souci de développer des partenariats avec des entrepreneures de la diaspora, qui veulent investir en Afrique.

Concrètement, nous apportons à nos membres notre appui pour réaliser leurs projets uniquement dans leurs pays respectifs. Plusieurs « REFAMES » ont pu ainsi bénéficier de crédits et de subventions pour leurs projets agro-alimentaires et d’import-export, des domaines dans lesquels les femmes excellent. Au REFA, nous avons aussi des projets communs en cours de réalisation, financés par des mécènes et des structures Internationales.

Comment adhère-t-on au REFA, et comment financez-vos activités?

D’abord, il faut dire que l’adhésion au REFA se fait par une volonté écrite et par la signature d’une charte. Les premières sources de financement de nos activités sont les apports de nos membres qui sont constituées du droit unique d’adhésion et de la cotisation mensuelle. Mais cela reste une goutte d’eau dans la mer, comparé à la dimension de nos actions, de nos projets et ambitions. Aussi attendons-nous beaucoup des mécènes, des pouvoirs publics et des partenaires au développement, en termes d’appuis technique, financier et matériel pour soutenir ces femmes africaines qui ont décidé d’emprunter le chemin de l’entrepreneuriat.

Quels sont vos projets et ambitions pour les années à venir?

Le REFA a instauré la Caravane de l’hygiène alimentaire qui consiste à former les commerçantes exerçant dans nos rues, aux méthodes d’acquisition pour un meilleur environnement et une hygiène alimentaire dans l’exercice de leurs activités. Un dîner-gala de bienfaisance sera organisé à l’issue de la 1ère édition, pour mobiliser des fonds en faveur de notre grand projet, Le pavillon de la femme, un lieu de formation, d’information, d’apprentissage aux nouvelles technologies multimédia et de recherche de financements pour la réalisation de nos projets contribuant ainsi au développement économique de nos pays. Chaque trimestre, nous organisons une Table ronde sur l’entreprenariat féminin qui comprend 3 volets (Place à l’expert, La Success Story et la Foire aux projets). Ensuite, le REFA a d’autres activités sociales comme les marches pour les grandes causes médico-sociales, les dons de médicaments, les consultations gratuites, car une femme en bonne santé est une femme qui entreprend bien. Enfin, nous allons miser sur la formation, la création de structures d’encadrement entrepreneurial et de coopératives, et sur l’entrepreneuriat social. Je lance un appel à la femme africaine, pour qu’elle fasse sienne notre credo qui est : s’informer, se former, entreprendre, prospérer et s’épanouir pour l’émergence de nos pays.

Par Valentin Mbougueng

 

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