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Groupe parlementaire Rhdp : Anoblé Félix : ‘’62 députés sur 89 du Pdci-Rda sont favorables à l’idée’’

lundi, 19 mars 2018 07:38

Le député de San-Pedro parle sans détour de la création du groupe parlementaire de l’alliance des houphouétistes, de la candidature d’Henri Konan Bédié voulue par des militants du Pdci-Rda.

 

La semaine dernière, vous et d’autres députés aviez appelé les députés du Pdci à s’inscrire  dans la logique de création d’un groupe parlementaire Rhdp. Cet appel a-t-il été entendu ?

Nous saurons si l’appel a été entendu quand le groupe parlementaire sera mis en place. Mais au regard des appels que nous avons reçus de certains amis, nous pouvons dire que cet appel a tout de même été entendu.  C’est une œuvre de longue haleine, mais nous ferons tout  pour arriver rapidement à un résultat afin d’atteindre cet objectif.

 

Le groupe parlementaire Pdci dont vous êtes issu semble ne pas partager cette idée ?

 

Depuis que nous avons commencé à parler de ce sujet, nous avons toujours dit qu’il y a 62 députés Pdci qui étaient partants. Certes, ce groupe dit de 24 députés ont eu accès à une des salles du siège du Pdci-Rda pour faire leur déclaration, mais cela ne signifie pas ipso facto qu’ils parlent au nom du groupe parlementaire Pdci-Rda. Notre groupe parlementaire est composé de 89 membres. Ce sont 21 députés qui étaient présents ce jour et qui disent être au nombre de 24 qui ne sont pas favorables à la création du groupe parlementaire Rhdp. C’est leur choix.

 

Vous avez également appelé le Président de la République, Alassane Ouattara et le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié à appuyer votre initiative. Vous ont-ils déjà répondu ?

 

Ils n’ont pas besoin de nous répondre. Le président Henri Konan Bédié est le père du Rhdp. Je ne crois pas que celui qui a mis un bébé au monde veuille le voir mourir. Nous les appelons à nous appuyer. Mais je crois que c’est un devoir pour eux de faire en sorte que leurs enfants soient ensemble pour permettre à la Côte d’Ivoire d’aller de l’avant.

 

Pouvez-vous nous dire si le 3 avril, date de l’ouverture de la prochaine session parlementaire, le groupe parlementaire Rhdp sera mis sur pied ?

C’est notre espérance, notre volonté. Nous prions pour que cela se passe.

Vous avez rencontré le jeudi 15 mars l’Udpci et le Pit pour leur demander d’adhérer à cette idée de création du groupe parlementaire Rhdp. Quand irez-vous à la rencontre du Pdci et du Rdr pour leur soumettre votre projet ?

Nous avons, dans notre agenda, prévu de rencontrer l’Upci, le Mfa et nous croiserons le Pdci et le Rdr en dernière position.  Mais cela va se faire incessamment. Nous attendons le retour des rendez-vous demandés.

 

Parallèlement à la création du groupe parlementaire Rhdp, vous avez lancé le Forum des houphouétistes. Y avait-il besoin de lancer ce Forum alors que le groupement Rhdp existe déjà ?

 

Le Forum des houphouétistes peut être accompagné par le groupement Rhdp. Vous savez, Felix Houphouët-Boigny est une philosophie aujourd’hui. Il n’est certes plus avec nous, mais sa philosophie de la paix demeure. Nous devons faire en sorte que la jeune génération qui ne l’a pas connu puisse s’imprégner des valeurs de paix et de dialogue que le père fondateur a toujours prônées. Partant de ce fait, nous pensons qu’il est important de pouvoir lancer un Forum qui va être, pour nous, un instrument pour véhiculer justement les pensées de Félix Houphouët-Boigny. Ce qui va permettre à la Côte d’Ivoire de retrouver son lustre d’antan en termes de paix, de cohésion, de fraternité et d’harmonie. Il y a un peu trop de méfiance, de palabre, d’invectives dans ce pays. Pour un oui ou un non, on se lance des piques. Pour paraphraser le président Henri Konan Bédié, on s’agite pour rien. C’est pour rassurer donc les Ivoiriens que nous avons créé ce forum.

 

Actualité oblige, nous allons encore parler de la question de l’alternance en 2020. A Yamoussoukro, lors d’une cérémonie d’hommage au président du Pdci, Henri Konan Bédié, des cadres de votre parti ont dit faire de l’alternance, un préalable au parti unifié. Partagez-vous cette vision ?

Je partage la vision du président Henri Konan Bédié qui dit que l’alternance est un sujet qui revient à lui et au Chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Il a, à plusieurs reprises, demandé aux militants de son parti et ceux du Rhdp de laisser le sujet de l’alternance à lui et son jeune frère, le Président de la République, Alassane Ouattara.  Je partage donc sa position.  Ce sujet ne devrait donc pas  faire l’objet d’un quelconque blocage à la mise en place du parti unifié.

Etes-vous favorable à une candidature de président Henri Konan Bédié à l’élection présidentielle de 2020 comme l’ont demandé des cadres du groupement Pdci ‘’Notre Héritage’’ ?

 

C’est leur droit de demander au président Henri Konan Bédié de se présenter en 2020 à la présidentielle. C’est aussi le droit de celui-ci de refuser d’être candidat. Je n’ai pas à partager leurs points de vue. Moi, je connais Henri Konan Bédié. Je le dis haut et fort, c’est mon père. En Côte d’Ivoire, il est aujourd’hui l’homme du consensus. Je suis sûr qu’il ne va pas se jeter dans ce combat. Ce dont a Besoin Henri Konan Bédié, c’est d’unir les Ivoiriens et permettre à la Côte d’Ivoire d’aller de l’avant. Il n’a pas besoin de revenir mener  des combats partisans pour être Président de la République. Non, je ne crois pas.

 

Il y a aussi débat sur la dénomination que devra prendre le parti unifié. Certains disent que si le Pdci venait à disparaître, cela serait la seconde mort de Félix Houphouët-Boigny.

 

A ce niveau, Henri Konan Bédié avait déjà donné la réponse. Lorsqu’il lançait l’appel de Daoukro, il a mis en exergue deux points.  Un, permettre à Alassane Ouattara d’être le candidat unique du Rhdp de sorte à permettre à la Côte d’Ivoire de préserver son harmonie et la paix sociale. C’était donc un appel très important. Le second point portait sur la création du parti unifié, à l’intérieur duquel il aura une alternance entre les deux partis qui, pour lui, devrait démarrer en 2020. Il est clair que le président Henri Konan Bédié, lors de cet appel, avait présenté un nom qui était le Pdci-Rdr. Nous pourrions simplement garder cette dénomination. Cela va régler tous les problèmes.

 

Un autre problème se pose également. Il se raconte que seuls le Pdci et le Rdr existent réellement au sein du Rhdp. Par conséquent, ces deux formations politiques se taillent la part congrue des privilèges au détriment de l’Updci, le Mfa, l’Upci et maintenant le Pit. Vous venez de le dire vous-même, le président Henri Konan Bédié avait souhaité, dans l’appel de Daoukro, que la dénomination du parti unifié soit le Pdci-Rdr.

Un parti unifié dénommé Pdci-Rdr ne signifie pas que les autres partis ne sont pas considérés. On ne peut pas, quand on est dans un groupement politique, ne pas considérer les autres. Cela serait vraiment un manque de respect. L’Udpci qui est le parti de feu Robert Gueï, dirigé aujourd’hui, de main de maître, par Albert Mabri Toikeusse sort des entrailles du Pdci-Rda. Je crois que quand on veut aller à l’union, on donne, on prend et on perd forcement quelque chose. Et je crois que ce n’est pas le Président Mabri Toikeusse qui va bloquer le processus, juste parce que le nom Udpci n’est pas pris en compte dans la dénomination du parti unifié.  C’est la même chose pour l’Upci ou le Pit et le Mfa.  Ce que ces présidents demandent, dans le programme qui va être mis en place par le parti unifié, qu’on tienne compte des préoccupations des uns et des autres. C’est ce qui va d’ailleurs être fait.  Ils ont ensemble réfléchi sur les éléments qui vont les amener au parti unifié. Nous étions ensemble avec le président Mabri Toikeusse ce matin (jeudi 15 mars), il nous l’a dit.  Je pense que c’est l’une des personnes les plus avancées à ce niveau. Alors, je n’ai aucune crainte en ce qui concerne ce sujet. Personne ne minimise l’Udpci, le Pit, l’Upci ou le Mfa. Ce sont des partis qui existent et qui doivent exister et permettre au Rhdp d’être un grand parti.

 Le week-end dernier, nous avons assisté à des déclarations à la limite de l’invective entre les cadres du Pdci et du Rdr. Avez-vous un commentaire à faire ?

Je n’ai aucun commentaire à faire à ce sujet. Ce que je peux dire, c’est que Félix Houphouët-Boigny ne nous a pas appris à nous insulter. Il ne nous a pas appris à nous battre. Si nous nous considérons comme ses disciples, nous devrons apprendre la tolérance, l’amour des uns et des autres, faire preuve de patience.  Nous devons également nous mettre ensemble et regarder dans la même direction pour le bonheur de la Côte d’Ivoire. Pour moi, c’est le plus important. Dans ce sens, je demande pardon aux deux camps. Je leur demande de mettre balle à terre. Je pense qu’ils l’ont bien compris d’ailleurs. Le secrétaire général du Rdr, Kandia Camara, a lancé déjà un appel au calme. Le président Bédié en a fait pareil.  Je pense que les uns et les autres ont compris qu’il faut se calmer.  La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de se donner en spectacle.

 

Quel sera l’apport du Forum des Houphouétistes dans la consolidation du parti unifié ?

Pour nous, nous pensons qu’il est important de réunir d’abord les enfants de Felix Houphouët-Boigny autour d’un idéal commun et ensuite mettre ensemble les Ivoiriens. L’autre étape consistera à faire de la politique sans animosité. C’était cela la philosophie de Félix Houphouët-Boigny. Fuir les vilains sentiments pour réussir à faire en sorte que nous puissions nous aimer et nous tolérer. Quand nous avons ces sentiments enfouis dans nos cœurs, tout est possible. On peut être adversaire sans être ennemi. La mission que nous voulons nous assigner est de faire en sorte que les acteurs politiques puissent accepter de marcher ensemble la main dans la main même si quelquefois nous avons des divergences de points de vue. 

 

Etienne Aboua

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