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Emmanuel Le Dœuff (DG de Biogaran): ''Nous venons démocratiser l’accès à des médicaments de qualité et à moindre coût''

mercredi, 23 janvier 2019 18:42
Emmanuel Le Dœuff, directeur général et directeur des Affaires internationales de Biogaran. Emmanuel Le Dœuff, directeur général et directeur des Affaires internationales de Biogaran. Crédits: DR

En prélude au lancement de la commercialisation, en accord avec les autorités sanitaires, d’une gamme de médicaments génériques en Côte d’Ivoire, le chargé du développement des activités du groupe pharmaceutique hors de la France, s’est ouvert à Fraternité Matin.

L’un des problèmes de santé en Côte d’Ivoire, c’est la prolifération de faux médicaments sur le marché national. Près de 400 tonnes de ces médicaments contrefaits ont été saisis en deux ans dans le pays. Qu’est-ce qui explique, selon vous, la forte présence de faux médicaments dans nos pays ?

Les faux médicaments, on ne les trouve malheureusement pas qu’en Côte d’Ivoire. C’est un fléau mondial. Un médicament sur dix est de qualité inférieure ou contrefait dans les pays en développement selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Cela s’explique par le fait que les patients, quand ils doivent se soigner, font face à un dilemme : acheter des médicaments à des coûts onéreux, de qualité, fabriqués par les laboratoires de renommée internationale, ou se retourner vers des médicaments peu chers, moins efficaces voire contrefaits. Certaines populations se retrouvent face à des contraintes.

Biogaran, avec l’accord des autorités sanitaires ivoiriennes, met sur le marché une gamme de médicaments génériques. Est-ce une façon, pour ce laboratoire, de contribuer à la lutte contre les faux médicaments ?

Nous allons participer à l’élargissement de l’offre et contribuer à une montée en gamme des médicaments disponibles sur le marché. Nos médicaments sont déjà consommés chaque jour par 27 millions de patients en France. Ce sont ces mêmes médicaments que nous allons importer en Côte d’Ivoire, à des prix accessibles. Des médicaments de qualité, qui répondent aux standards européens, des médicaments bio équivalents aux produits de référence ; ce qui constitue une garantie de sécurité et d’efficacité pour les patients.

Qu’est-ce que cela va changer dans le quotidien des patients ivoiriens ?

Cela permettra de démocratiser l’accès à des médicaments de qualité et à moindre coût. Depuis le début du mois de janvier, les médicaments Biogaran sont disponibles en pharmacie. Je rappelle que Biogaran est un laboratoire pharmaceutique français spécialisé dans la production et la vente de médicaments génériques depuis 1996. Le nom Biogaran est né de la contraction des mots Bioéquivalence et Garantie. En effet, Biogaran distribue une gamme de plus de 853 spécialités de génériques bio équivalents, à l’efficacité identique aux médicaments d’origine. Biogaran est une filiale du groupe pharmaceutique Servier. Nous avons distribué plus de 290 millions de boîtes de médicaments en 2018. Nous démarrons aujourd’hui nos activités en Côte d’Ivoire en exportant, directement de France, 14 médicaments dans un premier temps.

De quoi est concrètement constituée votre offre et quelles sont les pathologies concernées ?

Nous proposons 14 médicaments dont 11 essentiels, selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), pour répondre à des enjeux de santé publique, comme les maladies chroniques que sont le diabète, l’hypertension artérielle, mais également les infections bactériennes, les diarrhées, le dysfonctionnement érectile, douleur/inflammation. Nous allons couvrir 6 aires thérapeutiques. A savoir, la cardiologie, l’endocrinologie, la neurologie, l’infectiologie, l’urologie et la gastrologie. Nous prévoyons d’élargir cette offre et de proposer de nouveaux médicaments d’ici la fin de l’année.

Pourquoi avoir choisi la Côte d’Ivoire comme premier pays de lancement de vos activités ?

Nous avons choisi la Côte d’Ivoire en raison de la taille de son marché, du développement de son système de santé et des facilités logistiques qu’elle offre.

Interview réalisée par
GERMAIN GABO