Dr Jean-Marie Vianny Yameogo (Coordonnateur-résident par intérim des activités opérationnelles du Système des Nations unies en Côte d’Ivoire): ‘’Il faut rétablir la confiance de toute la population envers l'ONU...’’
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Dr Jean-Marie Vianny Yameogo (Coordonnateur-résident par intérim des activités opérationnelles du Système des Nations unies en Côte d’Ivoire): ‘’Il faut rétablir la confiance de toute la population envers l'ONU...’’

jeudi, 25 octobre 2018 12:28
Dr Jean-Marie Vianny Yameogo, Coordonnateur-résident par intérim des activités opérationnelles du Système des Nations unies en Côte d’Ivoire, représentant de l’Oms en Côte d’Ivoire. Dr Jean-Marie Vianny Yameogo, Coordonnateur-résident par intérim des activités opérationnelles du Système des Nations unies en Côte d’Ivoire, représentant de l’Oms en Côte d’Ivoire. Crédits: Saint-Tra Bi

Dans cet entretien accordé à Fraternité Matin, Dr Jean-Marie Vianny Yameogo, Coordonnateur-résident par intérim des activités opérationnelles du Système des Nations unies en Côte d’Ivoire, également Représentant de l’Oms en Côte d’Ivoire, fait un bilan des actions de l’Onu et donne les perspectives. C’était à l’occasion de la Journée des Nations unies célébrée le 24 octobre.

Quel sens donnez-vous à la célébration de la Journée des Nations unies le 24 octobre de chaque année?

Cette célébration est l’occasion pour nous de rappeler à toute la communauté internationale et aux États membres que c’est une journée où il faut se souvenir de nos engagements. Lorsque nous avons adopté la charte fondatrice de l’Onu en 1945, c’était pour le respect des Droit de l’Homme et des engagements de paix, de justice, d’équité, de dignité. Vous voyez, c’est à un certain nombre de principes que les Etats ont adhéré donc nous portons cette journée dans le sens du plaidoyer pour que nous puissions continuer de nous rappeler ces idéaux nobles qui font les valeurs des Nations unies. Nous voulons donc pour cette journée encore attirer l’attention des dirigeants du monde sur les événements, les situations qui ébranlent mais également qui continuent de secouer plusieurs pays.

Alors, après toutes ces années, quel bilan faites-vous de l’action de l’Onu dans le monde ?

Vous savez que déjà en 1971, l’ensemble des pays se sont retrouvés pour dire qu’on doit célébrer le 24 octobre. Mais on doit célébrer la charte qui a été adoptée en 1945. 1945 - 2018, cela fait 73 ans et beaucoup de choses ont été faites. L’Onu a été créée en 1945 au lendemain d’une grande guerre mondiale. En le faisant, les États se sont dit qu’il faut maintenir le monde en paix et que plus jamais on ne doit encore voir des situations de guerre mondiale ou des situations de catastrophes. Depuis lors, l’Onu s’est attelée au renforcement des questions de paix, de la coopération internationale, des droits de l’homme, des capacités et de la dignité, etc. Cependant, il y a encore des défis à relever. Parce que lorsqu’on parcourt les différents pays, l’on constate encore des inégalités. Car la répartition des richesses n’est pas équitable. L’on enregistre encore des personnes extrêmement pauvres. L’on a également des défis en termes de changement climatique, de non-respect des droits de l’homme et d’autres défis en rapport avec les conflits à relever. Il est vrai que beaucoup a été fait, mais il y a encore des conflits dans le monde et l’Onu s’attèle à leur résolution. C’est pourquoi il est question de rappeler que beaucoup a été fait certes, mais que des défis persistent. C’est pour cela que l’Onu avec les pays membres ont pu adopter des objectifs de développement durable. Et l’on pense que d’ici 2030 lorsque ces objectifs seront atteints, qu’ils le soient par tous les pays.

Parlant de défis, il y a le développement. Quand on prend le cas de la Côte d’Ivoire, comment s’organise le Système des Nations unies pour accompagner le gouvernement à faire face aux défis du développement du pays ?

Nous sommes 14 agences des Nations unies en Côte d’Ivoire. 14 agences résidentes et 5 agences non résidentes. Vous voyez que cela fait un total de 19. Cela fait que nous sommes présents en Côte d’Ivoire dans divers secteurs. Nous travaillons ensemble pour faire ressortir l’apport du système des Nations unies. Nous avons appuyé le gouvernement de la Côte d’Ivoire à développer le Plan national de développement. Pour appuyer la mise en œuvre du Plan national de développement, le système des Nations unies a écrit un document d’appui à ce plan. Le document a une durée de quatre ans et il va prendre en compte tous les autres secteurs qui ne sont pas très bien appuyés au niveau du Plan national de développement. Avec les Nations unies, il sera financé à hauteur de 250 milliards Fcfa. Ce qui permettra de résoudre la question de la pauvreté, la gouvernance, la réconciliation et la paix, la cohésion sociale, la promotion pour l’accès aux services sociaux de base. Cela fait aussi appel à la production agricole et aux petites productions au niveau des familles et aussi la question de la création d’emplois. Bien sûr il y a eu des interventions ponctuelles qui ont été faites. Pendant les inondations, les Nations unies ont appuyé la réponse du pays, à travers l’allocation de ressources à hauteur de 300 millions Fcfa. Nous avons aussi aidé le pays à évaluer les conséquences de ce drame et estimer les besoins résiduels qui en découlent. Nous pensons que nous pouvons encore faire mieux. Pour résumer, en Côte d’Ivoire, nous sommes présents dans presque tous les secteurs. Cela est visible lorsque vous allez sur le terrain. Quand vous quittez les grandes villes et que vous allez dans les milieux les plus reculés et que vous prenez le secteur de l’éducation, il y a les Nations unies qui sont intervenues. L’Unicef, l’Unesco et même le Pam avec les cantines scolaires au niveau des écoles. Vous prenez le volet santé, vous allez retrouver dans les endroits les plus reculés l’action des Nations unies. Que ce soit l’Oms, le Fonds des nations unies pour la population, l’Unicef, nous intervenons pour qu’il y ait une bonne prise en charge des populations vulnérables. Il y a des populations qui avaient quitté la Côte d’Ivoire et qui reviennent. Vous verrez que les Nations unies se trouvent au-devant avec le Hcr pour les accueillir et la question des migrations avec l’Oim qui est au-devant avec ceux qui rentrent, qui sont victimes des migrations. Tout cela montre que nous travaillons, que nous sommes présents aux côtés des populations ivoiriennes.

En Côte d’Ivoire, comme dans d’autres pays, il y a eu des inondations récemment. Quelles leçons peut-on tirer?

Ces inondations nous ont montré que tous les pays sont vulnérables. A travers les médias, vous voyez de grandes inondations dans des pays très développés. Il y a d’autres phénomènes naturels qui interviennent un peu partout dans le monde. La planète est vulnérable et subit les effets des changements climatiques. Les leçons à tirer, c’est de pouvoir bâtir des programmes de développement renforcés, durables et résilients. Cela veut dire que tous les pays doivent être préparés à répondre à ces phénomènes. En Côte d’Ivoire, c’est de bâtir des plans de réponse à l’avance, des aspects préventifs et éduquer la population à ce que toutes les mesures d’assainissement et d’hygiène soient respectées. Il faut aussi impliquer les collectivités locales parce que c’est une question de développement. Il faut donc travailler à mobiliser des ressources pour répondre à tout phénomène qui pourrait survenir. Et enfin il y a la question du plaidoyer. Nous allons continuer à renforcer la collaboration avec le secteur privé, la société civile et toutes les organisations locales pour trouver des réponses à ces phénomènes.

Quel est le message principal du Secrétaire général des Nations unies en cette journée ?

Le message principal, dans un premier temps c’est encore de rappeler les engagements des pays à travers la signature de la Charte des Nations unies. Signature qui a été faite en 1945. Dans cette charte sont consignés les idéaux de paix, de justice, d’équité, de dignité, de droits de l’homme. Le Secrétaire général de l’Onu nous rappelle qu’il faut rétablir la confiance de toute la population, de tous les Etats envers le système des Nations unies. Il faut aussi travailler à ce que nous puissions sauver notre planète. Un autre message qu’il a lancé, c’est de toucher les plus vulnérables. Tout le monde doit être concerné par les actions et par les interventions de base. Personne ne doit être oublié. Et enfin, le Secrétaire général a voulu rappeler la question de la dignité. Il faut que cela soit respecté et que tout citoyen puisse être fier d’appartenir à ce monde et se sentir protégé à travers tous les mécanismes qui existent. Voici des messages forts que le Secrétaire général des Nations unies a voulu lancer. Et il demande aux Etats membre de pouvoir les appliquer dans tous les pays du monde.

Saint Tra-Bi

Lu 389 fois Dernière modification le jeudi, 25 octobre 2018 12:43