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Appel de Daoukro, Rhdp, Inspection générale d’Etat, ambition personnelle… : Niamien N’Goran dit tout

dimanche, 03 septembre 2017 22:29
Appel de Daoukro, Rhdp, Inspection générale d’Etat, ambition personnelle… : Niamien N’Goran dit tout Appel de Daoukro, Rhdp, Inspection générale d’Etat, ambition personnelle… : Niamien N’Goran dit tout Crédits: DR

L’ancien Inspecteur général d’Etat et vice-président du Pdci-Rda fait, dans cet entretien, des confidences.

Le troisième anniversaire de l’Appel de Daoukro semble avoir un caractère particulier. Est-ce vraiment le cas ?

C’est, en effet, le troisième anniversaire de l’Appel de Daoukro qui est intervenu le 17 septembre 2014. Caractère particulier, oui, si l’on veut, dans la mesure où nous saisirons l’occasion pour rendre hommage au président Henri Konan Bédié qui a fait preuve d’un grand courage politique et de leadership en lançant cet appel, il y a trois ans.

A quoi devront s’attendre  ceux qui se rendront à Daoukro?

A une grande mobilisation et à une belle fête qui va rassembler les houphouétistes et même toute la Côte d’Ivoire, ainsi que toutes les personnes éprises de paix.

Pensez-vous que cet appel a été bénéfique à la Côte d’Ivoire et au Rhdp?

Bien sûr, cet appel a permis d’avoir une élection présidentielle apaisée en 2015, sanctionnée par la victoire éclatante, au premier tour, de SEM. Alassane Ouattara. Cela a permis de consolider la paix et maintenir le pays sur la voie de la reconstruction, après 10 ans de crise. Cet appel a renforcé notre groupement politique le Rhdp, aux affaires depuis mai 2011.

Comment l’Alliance se porte-t-elle  aujourd’hui?

L’Appel de Daoukro devrait permettre, entre autres, de consolider notre groupement politique. Mieux, d’aboutir à un parti unifié et d’assurer l’alternance dans l’exercice du pouvoir entre les cadres, au plus haut sommet de l’Etat, notamment, entre le Rdr et le Pdci, en 2020. Ces objectifs sont d’actualité, même si pour l’heure, il faut être rassemblé autour du Président de la République, pour lui permettre de continuer à gérer les affaires de l’Etat avec sérénité, afin de relever les défis qu’exigent la paix et le développement. Bref, s’agissant de l’état du Rhdp, nous observons qu’il résiste à l’épreuve du temps.

Le président Bédié a, à son retour  de Paris, dit que «2020 n’est pas négociable ». Parlait-il de l’alternance pour le compte du Pdci ?

Je pense qu’il faisait plutôt allusion aux contraintes imposées par la Constitution de la 3e République qui fixe de manière claire les dates des 1er et second tours  de l’élection présidentielle, à savoir les derniers samedis des mois d’octobre et de novembre de la 5e année du mandat du Président de la République.

L’actualité politique est dominée par la présidentielle future. Vous qui êtes dans le secret des dieux, votre parti a-t-il  déjà son candidat ?

Le président du Pdci-Rda a déclaré, dans une interview à Jeune Afrique et à TV5, que pour 2020, le Pdci présentera un candidat issu de ses rangs, militant actif de ce parti. Mais pour le moment, l’échéance étant encore éloignée, notre formation politique se consacre à sa restructuration et participe à la gestion des affaires de l’Etat, aux côtés du Président de la République. Aucun choix de candidat n’a encore été fait.

Quel est, aujourd’hui, pour vous qui les côtoyez, l’état des relations entre le Président de la République  et son aîné, Henri Konan Bédié ?

Ces relations me paraissent bonnes. Elles sont guidées par la recherche de la cohésion et du renforcement de la famille du Rhdp pour relever les défis du développement et de la recherche du bien-être des Ivoiriens.

Les choses bougent aussi au Rdr avec des velléités de candidature pour 2020 et un congrès fort médiatisé. Un commentaire ?

Pas de commentaire particulier, mais j’observe qu’à l’approche d’un événement politique aussi important qu’un congrès, il y a des débats. Ceux-ci doivent se dérouler dans la sérénité et aboutir, au sortir du congrès, à des décisions salutaires, pour le renforcement de ce parti et son unité, afin de continuer à servir les Ivoiriens.

Peut-on connaître les réelles circonstances et causes de votre limogeage de l’Ige qui a suscité beaucoup de commentaires dans la population ivoirienne ?

Lors de la passation des charges avec mon successeur à l’Ige, j’ai déclaré que le service de l’Etat n’autorise pas d’états d’âme. Le Président de la République m’a fait confiance en me nommant à cette haute fonction, en juillet 2011 et j’ai exercé cette charge, investi de sa confiance, pendant six ans. Le Président de la République m’a expliqué que ma défaite aux législatives à Daoukro exigeait que je ne sois plus à la tête de l’Ige, comme cela a été le cas des ministres de la République ayant été battu dans leur circonscription à ces élections.

Le président Bédié avait-il été informé de votre départ ou l’a-t-il appris par les médias, comme la rumeur l’a insinué ?

Je n’en sais rien. Mais après mon départ de l’Ige, lors d’une audience qu’il m’a accordée, le président Bédié m’a rapporté la teneur des échanges qu’il a eus à ce sujet avec le Chef de l’Etat concernant les raisons qui l’ont amené à me décharger de mes fonctions à l’Ige, raisons invoquées plus haut.

Quel bilan pouvez-vous faire de votre passage à l’Inspection générale d’Etat ? Quelles  grandes actions avez-vous menées à la tête de cette institution majeure de notre pays ?

Je pense que mon bilan à l’Ige a été positif et pourra être apprécié dans le temps. Après ma nomination et en liaison avec les services de la Présidence de la République, un nouveau décret régissant le fonctionnement de cette institution a été signé par le Président de la République.

Au titre de ce décret, outre les saisines habituelles de l’Ige, principalement par le Président de la République et le gouvernement, les particuliers et la société civile peuvent la saisir. L’Ige peut s’autosaisir de dossiers portant sur la gouvernance, après avoir informé le Président de la République.

Ses effectifs ont été renforcés.

Au plan international, l’Ige a adhéré au Forum des inspections générales d’Etat et institutions assimilées (Fige), en 2012 à Luanda, forum créé en 2002 à Djibouti.

L’Ige de Côte d’Ivoire abrite, à Yamoussoukro, l’école de formation des cadres des  structures de contrôle.

Par ailleurs, nous avons mis en place, en 2012, une plateforme de collaboration des structures de contrôle et de promotion de la bonne gouvernance, avec les inspections des ministères, le Secrétariat national au renforcement des capacités.

Dans le cadre de la réforme de la gestion des finances publiques, nous avons participé, s’agissant du volet contrôle et audit interne, à la mise en place des textes réformant l’Ige, l’Igf, les Igm. Ces textes doivent être soumis au gouvernement.

 

Propos recueillis par Bledson Mathieu

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