Amaral (Chanteur Zouglou): « Je paye le prix de mon engagement »

jeudi, 03 mai 2018 06:33

 L’artiste Zouglou, Amaral sera en concert, le samedi 12 mai 2018, à l’espace Opale, ex-Kalimba au Plateau Dokoui avec pour parrain artistique Molière. De son nom à l’état civil, Fofana Vamara, l'artiste aborde dans ses textes des faits de société et dépeint le quotidien des Ivoiriens. C’est à travers le zouglou, une musique engagée, qu’il se sent le plus à l’aise pour véhiculer son message.

Amaral (Chanteur Zouglou): « Je paye le prix de mon engagement »

Vous dites avoir échappé à une agression de policiers en septembre  dernier à Abobo. Etes-vous  fréquemment sujet à des menaces? Quels sont d’ailleurs vos liens avec les hommes politiques ?

 Je n’ai pas beaucoup de portes ouvertes devant moi. C’est vrai, peut-être, à cause de mes chansons. J’ai reçu beaucoup de menaces anonymes, des intimidations, des harcèlements  depuis la sortie de mon dernier album en 2015. Mais, je me dis que les menaces font parties des étapes  pour un artiste complètement engagé auprès du peuple. Mon producteur Kalilou Cissé avait subi pire. Mais, il n’a jamais  crié  gare. Tant qu’il tenait, moi je tenais, comme disait l’autre. Si c’est le prix à payer pour être un artiste engagé, vraiment je le paye, je peux vous l’assurer.

Est-il risqué, aujourd’hui, de critiquer le pouvoir en place en Côte d’Ivoire et qu’est ce qui explique votre silence depuis deux ans?

Moi silence ! Pas du tout. Je n’ai pas peur. Si des personnes ont accepté d’investir de l’argent dans l’« artiste rebelle » que je suis, c’est que j’ai un rôle important à jouer dans la société. Je le dis toujours, le rôle d’un artiste Zouglou c’est de dire tout haut la souffrance du peuple. Peut-être que cela ne plaît pas à tout le monde. Il y a donc des risques. On a vu des artistes emprisonnés dans d’autres pays africains pour leurs chansons. Ici,  on a des menaces anonymes et autres intimidations. Je reste un artiste engagé malgré tout.

Cependant, vous venez de sortir un single intitulé ‘’Emporter’’ qui rentre dans le registre du "zouglou-coupé décalé". Pourquoi ce revirement ?

Avec mon single « Emporter », j’ai juste voulu m’inscrire dans la mouvance du moment. Mais, il est trop tôt pour que vous tiriez des conclusions. Attendez le prochain album avant de juger.

Vous venez de finir une tournée en France. Qu’avez vous fait dans ce pays ?

Mon récent séjour en France n’était pas, en fait, une tournée en tant que telle. J’ai été invité par mon aîné Yabongo Lova, à son concert et d’autres spectacles qu’il a donné à Paris.  Ce fut des spectacles grandioses. Mais, déjà en novembre 2016, j’avais effectué une tournée en France  à la demande générale du public de là-bas.

Selon des indiscrétions, vous êtes en froid avec votre producteur, qui est aussi co-auteur de vos chansons?

Ecoutez, Cissé Kalilou, puisse que c’est de lui qu’il s’agit, est un grand frère. D’ailleurs, je l’appelle « Papa », ça veut tout dire. Il a fait de moi ce que je suis. Je lui dois ma carrière d’artiste. Donc, il ne peut pas exister de froid entre nous. Nous entretenons de bonnes relations en dehors du monde du showbiz. Actuellement, il a été contraint de quitter le pays  pour des raisons que je ne souhaite pas évoquer ici. Il a encaissé des coups durs  à cause de mon album. Et cela,  je ne l’oublierai jamais. Rassurez-vous, nos relations sont bonnes et elles le resteront.

Vous donnerez un concert samedi 12 mai à l’espace  Opale, ex-Kalimba,  sis au Plateau Dokui carrefour cocotier. Comment préparez-vous ce concert ?

 Je le prépare comme les autres concerts que j’ai déjà donnés. Mais, c’était dans des espaces plus petits. Celui-ci compte 2500 places, donc c’est une autre dimension pour le jeune artiste que je suis. Pour la circonstance, j’ai invité mes aînés que sont Yabongo Lova, les Leaders, Magic Diesel, le groupe Révolution, mon ami Kei Boké. Molière est le parrain artistique et les aînés  Yodé et Siro seront les  invités d’honneur ce jour-là.

A quand un concert au Palais de la culture ?

Très bientôt, s’il plaît à Dieu.

Quand sortira le prochain album?

Je travaille là-dessus. Je dis à tous mes fans qui me lisent actuellement que je ne vais pas les décevoir et je serai à la hauteur des attentes.

Avez-vous  un mot à dire sur l’actualité politique du pays ?

J’évite les commentaires politiques. Je me contente de chanter les réalités quotidiennes des populations sans voix.

Quel est votre dernier mot pour nos lecteurs ?

Je les invite à mon spectacle du 12 mai prochain, à partir de 14h  à l’espace Opale ex-Kalimba.  Nous allons revisiter les titres à succès comme « On a le ventre vide », « Monsieur  président », « Kanata », « On est déjà né », etc. Mais aussi « Emporter », mon nouveau single. Ce sera costaud.

CDS

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