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Agnès Monnet (SG du FPI): " Cette marche vise à tester notre capacité de mobilisation"

vendredi, 07 octobre 2016 15:30
madame Agnès Monnet, secrétaire générale du Front populaire ivoirien (Fpi) madame Agnès Monnet, secrétaire générale du Front populaire ivoirien (Fpi) Crédits: CHEICKNA D. Salif

Dans cet entretien, à la veille de la marche de l’opposition, Madame Agnès Monnet, secrétaire générale du Front populaire ivoirien (Fpi), parti membre de l’Alliance des forces démocratiques (Afd) indique que la manifestation prévue le samedi 8 octobre 2016 « aura bel et bien lieu ».

 

 

 

Agnès Monnet (SG du FPI): " Cette marche vise à tester notre capacité de mobilisation"

Dans cet entretien, à la veille de la marche de l’opposition, Madame Agnès Monnet, secrétaire générale du Front populaire ivoirien (Fpi), parti membre de l’Alliance des forces démocratiques (Afd) indique que la manifestation prévue le samedi 8 octobre 2016 « aura bel et bien lieu ». « C’est au départ que nous voudrions être associés à l'avant-projet de la nouvelle Constitution pour être à même de bien l’expliquer aux populations. Nous voulons une Côte d’Ivoire paisible et réconciliée ». Tel est le souhait, selon elle, de l’opposition.

L’opposition conduite par le Front populaire ivoirien (Fpi) projette une marche le 8 octobre 2016 pour protester contre le projet de nouvelle Constitution. Est-ce que vous vous êtes suffisamment accordés avec le ministère de l’Intérieur sur l’itinéraire et l’encadrement de cette manifestation ?
L’itinéraire est connu. La marche sera encadrée. Nous sommes sereins et convaincus que cela se passera dans les meilleures conditions possibles. Nous pensons que c’est le minimum qu’un gouvernement puisse accorder à son opposition pendant cette période de grands débats autour de la nouvelle constitution que le Président de la République veut nous imposer. Je pense que cela participe à la vitalité de la démocratie à laquelle nous aspirons tous.

Une idée sur l’itinéraire ?
Je ne pourrais pas vous le dire ici mais nous savons que la marche partira des limites d’Adjamé pour que nous nous ébranlons vers le cœur du Plateau.

Après votre sit-in annulé le mercredi 5 octobre, vous projetez une marche un jour non ouvrable. Est-ce que vous pensez avoir le même impact ?
Cela dépend des objectifs que l’on se fixe. Le sit-in du mercredi 5 octobre qui a été annulé, visait un autre objectif. Nous avons estimé que le Président de la République se rendant lui-même à l’Hémicycle pour défendre ce projet de Constitution, notre sit-in aurait eu beaucoup plus d’impacts. Sachez que notre objectif principal, ce n’est pas de mettre à mal la cohésion nationale. Ce n’est pas non plus de favoriser une quelconque attitude anti-républicaine. Loin s’en faut. Nous nous sommes inscrits justement dans une posture qui est de tout gérer dans la paix.

Ce qui nous dérange dans l’élaboration de cette Constitution, c’est que nous ne voyons pas du tout en quoi elle favorise la cohésion sociale. Si vous vous en souvenez, le Fpi a été le parti qui a, d’ailleurs, appelé à une concertation de tous les fils du pays pour que nous puissions décider d’une nouvelle Constitution. Notre objectif, c’est avant tout la réconciliation nationale. Si la Côte d’Ivoire devait se doter d’une nouvelle Loi fondamentale, le texte devait être le fruit d’une réconciliation nationale.

L’objectif principal, ce samedi, c’est de tester notre capacité de mobilisation. Toujours est-il que le message sera le même. Le non de l’opposition à cette nouvelle Constitution. Nous n’allons pas déranger les habitudes des travailleurs et n'allons pas non plus effrayer le pouvoir mais le message restera le même.

Combien de participants attendez-vous ?
Nous pensons qu’au-delà des militants et sympathisants des partis membres de l’Alliance des forces démocratiques de Côte d’Ivoire (Afd) que cette marche s’adresse à tous les Ivoiriens quels que soient leurs bords politiques. Nous voulons demander aux Ivoiriens d’arrêter de murmurer. Ceux qui se plaignent de cette nouvelle Loi fondamentale, ce n’est pas que les militants des partis membres de l’Afd. Nous sommes convaincus qu’ils vont se mobiliser pour montrer aux gouvernants que des Ivoiriens ne sont pas d’accord avec ce projet. Depuis le 24 septembre, nous avons fait des meetings de mobilisation pour dire non à la nouvelle Constitution.

A ce stade, est-ce que vous estimez que l’avant-projet de Constitution peut être retiré par le Chef de l’Etat ?
Cela dépendra. Quand on lit les premiers mots du Chef de l’État, il parle de l’histoire. Qu’est-ce que nous laissons à nos enfants ? On ne peut pas nous exclure de ce que nous pensons être bien pour nos enfants. Le Président de la République ne peut pas décider seul de ce qui fera le bonheur de nos enfants et nos petits-enfants. Comme il s’agit de la Loi fondamentale, nous ne voulions pas cautionner cela. Parce que nous ne comprenons pas cette démarche. Au niveau du refus du sit-in, cela voulait dire que le gouvernement est conscient de ce qu’il y a un véritable problème.Si c’était un sit-in qui ne devait pas les déranger, pourquoi donc l’interdire.


Le débat a commencé ce vendredi au Parlement en commission. Si en plénière cet avant-projet est adopté, quelle sera votre attitude pendant la campagne référendaire ?
Pour le moment, nous sommes dans la lutte. Il n’y a donc pas de raison que nous ne soyons pas entendus. Le moment venu, nous ferons ce qui est en notre capacité en tant que démocrates. Nous allons user de tous les moyens démocratiques pour nous faire entendre. Et pour que le Président de la République puisse réviser son attitude.

Le moment venu, nous apprécierons selon les circonstances qui nous serons offertes. Et nous aviserons. Dans tous les cas, il faut que le pouvoir écoute son opposition. Regardez autour de nous, dans toutes les Nations, les gens sont en concertation et au dialogue. Il ne faut pas que le Chef de l’État pense que cette longue crise, de près de 20 ans qui a débouché sur une Côte d’Ivoire déchirée que nous connaissons aujourd’hui, n’est rien du tout. Nous sommes étonnés de la précipitation du Chef de l’État. Pourquoi ne pas programmer le référendum après les élections législatives? Pourquoi le Président de la République veut-il que nous bâtissons cette nouvelle République avec ce Parlement monocolore?

Pour nous, cela ne s’explique pas (…)Nous voulons que l’histoire retienne que l’opposition ivoirienne a fait sa part. Que tous les Ivoiriens constatent que la 2ème République est effectivement morte. Que nous l’avons enterré ensemble (…) Puisque nous nous réclamons d’Houphouët-Boigny, nous devrions nous souvenir des Conseils nationaux (…) Nous sommes dans une situation extrêmement sensible. Nous réclamons de Félix Houphouët Boigny mais nous sommes loin des valeurs qu’il incarnait.

C’est pour cela que nous disons, dans l’intervalle où nous nous situons, que nous ne pouvons pas donner raison à ceux qui sont en face de nous. Comme le président Affi N’Guessan l’a dit, le report du sit-in en marche est une victoire pour nous. Quand on nous dit que le sit-in ne sera pas encadré que voulez-vous qu’on fasse? Si nous passons outre cela, il ne s’agirait pas du tout d’un sit-in pacifique. Or, nous n’avons pas d’arrière-pensée que de manifester pacifiquement. C’est d’ailleurs pourquoi, le président Affi a dit par boutade à ceux qui se disent déçus d’aller tenir leur sit-in.


CHEICKNA D. Salif
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