4e incendie au marché central d’Abengourou/Amoikon Kouakou Banga (Maire): ‘’Il y a des mains occultes dans cette affaire’’
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4e incendie au marché central d’Abengourou/Amoikon Kouakou Banga (Maire): ‘’Il y a des mains occultes dans cette affaire’’

lundi, 25 décembre 2017 17:30
Amoikon Kouakou Banga, maire d'Abengourou. Amoikon Kouakou Banga, maire d'Abengourou. Crédits: Zéphirin NANGO

Nous tenons à exprimer de nouveau notre solidarité à la population que nous appelons au calme. Nous lançons également un appel au gouvernement pour que nous puissions être accompagnés dans cette situation difficile.

Monsieur le maire, comment réagissez-vous après ce 4e incendie qui intervient en moins de 10 années au sein du marché central d’Abengourou ?
Nous avons été tous surpris quand, dans la nuit du vendredi au samedi 23 décembre 2017, nous avons été informés du fait que très rapidement le marché central d’Abengourou s’est transformé en un énorme brasier. J’ai été particulièrement choqué et bouleversé par ce qui est arrivé et la vitesse à laquelle le feu s’est propagé. Le bilan est catastrophique. C’est une image apocalyptique que nous avons vue. Tout a brûlé. Nous nous interrogeons: est-ce criminel ou accidentel ? Les populations ont tenté de lutter contre ce brasier et malheureusement nous n’avons rien pu faire pour arrêter ce feu. Une enquête a donc été ouverte pour déterminer l’origine de ce sinistre. En attendant, j’exprime toute ma compassion et ma solidarité à l’ensemble de la population, et singulièrement aux commerçants qui s’attendaient à faire tranquillement les fêtes de fin d’année.

Ce marché a brûlé en 2008, en 2009 et en 2013. D’aucuns s’étonnent que des mesures préventives n’aient pas été prises pour éviter ce 4e sinistre.
Nous aurons l’occasion de mieux parler de cette question. Mais déjà, sachez que nous avions engagé des discussions avec les commerçants en 2013 et avions fait des recommandations et pris des mesures. Mais visiblement ces recommandations n’ont pas été observées. Nous allons donc en tirer les conclusions et dégager les enseignements de ces sinistres.

Dans les premiers instants quelles sont les mesures que vous avez prises pour faire face à ce nouveau sinistre ?
Nous avons rencontré les commerçants le dimanche 24 décembre pour étudier les dispositions urgentes à prendre face à ce drame. Nous nous sommes accordés sur certaines mesures. Il s’agit notamment, de procéder au recensement des sinistrés en ouvrant un bureau d’accueil, engager une expertise sur le sinistre pour en maîtriser les contours et relocaliser les commerçants pour ne pas interrompre leurs activités. En tout état de cause, nous envisageons des solutions durables face à la situation.

Comment réagissez-vous à la situation de l’hôtel de ville nouvellement réhabilité qui a été vandalisé à cette occasion ?
C’est scandaleux et choquant. Nous nous demandons le rapport qu’il y a entre le feu intervenu au marché et les locaux de la mairie. Il est curieux de noter que pendant que des efforts étaient en train d’être déployés pour maîtriser le feu, des personnes n’avaient pour souci que de vandaliser l’hôtel de ville. Nous ne voyons le lien de ces deux faits. Si ce n’est l’intention de personnes malveillantes qui, voyant notre dynamique engagée pour transformer la commune d’Abengourou, veulent porter un coup d’arrêt à cet élan de développement. Nous allons officiellement porter plainte pour retrouver ces vandales qui, nous a-t-on révélé, ne sont pas des commerçants. Visiblement, cela traduit le fait qu’il y a des mains occultes dans cette affaire.

Votre mot de fin ?
Nous tenons à exprimer de nouveau notre solidarité à la population que nous appelons au calme. Nous lançons également un appel au gouvernement pour que nous puissions être accompagnés dans cette situation difficile. La réhabilitation de cet édifice nécessite des investissements colossaux que nos recettes ne peuvent couvrir. C’est une situation catastrophique qui risque d’accroître la pauvreté dans notre commune.

Zéphirin NANGO
Correspondant régional

 

Lu 739 fois Dernière modification le mardi, 26 décembre 2017 00:33