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TIC et médecine : QUAND LE TELEPHONE MOBILE PERMET DE SAUVER DES VIES

dimanche, 11 février 2018 22:18
QUAND LE TELEPHONE MOBILE PERMET DE SAUVER DES VIES QUAND LE TELEPHONE MOBILE PERMET DE SAUVER DES VIES Crédits: DR

Les Tic permettent également aux médecins ivoiriens d’avoir les avis et les conseils de plusieurs experts qui suivent des interventions chirurgicales à distance. Il s’agit de la télémédecine. Le champ d'action de la télémédecine part de l'ophtalmologie aux chirurgies digestives et autres…

TIC et médecine : QUAND LE TELEPHONE MOBILE PERMET DE SAUVER DES VIES

 La médecine à distance, c'est possible. Et ce, grâce aux technologies de l'information et de la communication (TIC). Des traitements peuvent se faire partout où se trouve le patient. Mieux, la médecine à distance permet aujourd’hui d’apporter des soins aux malades dans plusieurs villages, même les plus reculés, de la Côte d’Ivoire.

«Grâce au téléphone cellulaire, je suis l’évolution de l’état de santé de mon père qui vit au village», soutient le Dr Kouadio Daniel. En effet, le vieux Kouadio a plus de 80 ans et vit à Okabo, un village situé à une vingtaine de kilomètres de la ville de Dimbokro. Il souffre d’hypertension artérielle depuis plusieurs années. Il a besoin de contrôler sa tension artérielle de façon régulière et suivre le traitement qui s’impose.

Chaque semaine, le Dr Kouadio rentre en contact avec son père à partir du téléphone cellulaire. Ayant appris à son jeune frère à contrôler la tension de leur père, il fait avec lui, le point de l’état de santé de leur géniteur chaque fois et lui indique la conduite à tenir.

Et pourtant, cela n’a pas toujours été ainsi. En effet, avant l’avènement du téléphone cellulaire en Côte d’Ivoire, le vieux Kouadio se déplaçait très souvent à Dimbokro pour contrôler sa tension et prendre ses médicaments. Le vieil homme qui se déplace difficilement était obligé de mobiliser son fils et sa femme avec tous ce que cela entraîne comme dépenses.

En tout cas, il fallait louer un taxi brousse pour effectuer les déplacements. Une fois l’hôpital, il fallait payer les ordonnances médicales. «J’étais moi-même obligé de me déplacer de façon fréquente au village. Ce qui n’est plus le cas grâce au téléphone portable», explique Dr Kouadio.

Selon le Dr Kouadio, qui suit l’état de santé de son père depuis plus d’une dizaine d’années, les dépenses ont aujourd’hui, grâce à l’avènement du téléphone cellulaire, été considérablement réduites. Le vieux Kouadio ne va plus à Dimbokro. Lorsqu’il y a un médicament à payer, c’est son jeune fils Kouadio Nestor qui effectue seul le voyage.

Comme le vieux Kouadio, ils sont nombreux les patients des zones rurales du pays à bénéficier des soins par l’entremise des TIC.

C’est le cas de la petite Kouadio Sonia, 3 ans qui vit avec sa mère dans le campement de Oussoukro dans la sous-préfecture de Grand Béréby. Dans la nuit du 1 au 2 janvier dernier, le corps de la fillette chauffait. Elle grelottait et ne faisait que gémir. La mère, très paniquée, ne savait quoi faire, surtout que le dispensaire le plus proche est à 12 Km de là dans le village de Kako.

En plus, l’état de la route fait que les véhicules n’osent s’aventurer dans cette zone la nuit tombée. Les gémissements de la fillette et les pleurs de la… mère ont fini par réveiller toute la maisonnée.

C’est ainsi que le père de Kouadio Sonia, après avoir hésité un moment, s’est résolu à donner un coup fil à cette heure tardive de la nuit, à partir de son téléphone cellulaire, à son cousin, le Dr Kouamé Antoine. Il exerce en tant que médecin pédiatre au centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville.

Celui-ci dormait chez lui après avoir passé 2 nuits successives de garde lorsqu’il a été tiré de son sommeil par l’appel de son cousin.

Dans un premier temps, celui-ci leur demande de prendre la température de la fillette. Il lui est expliqué que celle-ci a une température corporelle de presque 40° Celsius. Il demande alors plusieurs autres informations sur la fillette. Après sa consultation au téléphone cellulaire, le Dr Kouamé Antoine indique qu’il s’agit d’un cas de paludisme accompagné de fièvre.

Il était presque 1H du matin lorsqu’il indiqua les gestes médicales physiques à faire afin de faire tomber dans un premier temps, la fièvre et par la suite, avoir la conduite à tenir le jour suivant.

Sur instruction du pédiatre, l'enfant sera emballé dans une grande serviette mouillée à l’eau tiède pendant un certain temps.

Au petit matin, toute la maisonnée était étonnée de voir la fillette jouer dans la cour avec ses petits cousins. La fièvre était totalement tombée. De sorte que la mère n’a pas jugé utile de se déplacer avec sa fillette au dispensaire.

C’est son mari qui s’est rendu à vélo au dépôt de pharmacie à 20km de leur campement pour acheter les médicaments prescrits au téléphone par son cousin le Dr Kouamé Antoine.

Et pourtant, la veille, ce n’était pas évident de retrouver la fillette dans un tel état de santé le lendemain de cette forte fièvre. Ainsi, par le fait de la téléphonie cellulaire, la fillette a pu être sauvée à temps en bénéficiant des soins nécessaires pour se rétablir de son mal. Plusieurs infirmiers travaillant dans les villages reculés de la Côte d’Ivoire ont aussi recours à la téléphonie cellulaire dans le cadre de leur travail.

En effet, déployés dans des localités qui ne sont pas très souvent desservies par les véhicules de transport en commun, ils ont besoin de cet instrument de communication pour solliciter leurs différents collègues sur certains cas de maladies qui se présentent à eux.

Cela a été le cas de Mlle Mireille Atto, une jeune sage femme affectée dans un centre de santé rural d’un village de la sous-préfecture d’Agboville.

Elle travaille dans ce lieu avec un infirmier. Un jour où, l’infirmier s’est absenté du village pour des raisons familiales, la jeune dame a reçu en urgence un enfant de 8 ans pour une consultation.

Le bambin avait une fièvre peu élevée, un écoulement nasal, une fatigue persistante. L’enfant avait aussi des maux de tête, des douleurs articulaires et musculaires ainsi qu'un manque d'appétit. N’étant pas infirmière, et étant en face d'une telle situation pour la première fois, elle ne savait pas quoi faire.

Mais, la jeune dame n'a pas paniqué outre mesure. Sa première réaction a été de prendre son téléphone portable pour appeler son fiancé qui, lui est médecin. Elle lui décrit la situation.

Celui-ci, lui demande de voir si l’enfant n’a pas de petits boutons contenant de liquide transparent sur son corps. Mieux, avec son portable elle prend une photo d’une partie du corps de l’enfant et lui balance par MMS.

Le médecin indique alors à sa fiancée que son petit patient souffre de la varicelle. Il lui indique la conduite à tenir. De sorte qu’après quelques jours de traitement, l’enfant était sur ‘’ses pieds’’.

Même, dans son propre domaine d’activité, Mlle Mireille Atto a recours à la téléphonie mobile pour éviter les complications à la naissance chez les femmes enceintes en échangeant avec ses collègues.

Dans le milieu rural, la téléphonie mobile se révèle particulièrement très utile pour limiter les risques de décès ou de complications au cours de l'accouchement.

Surtout qu’en pays rural l'accouchement à la maison est une pratique courante. La plupart du temps, cela ne nécessite pas l'intervention de professionnels de la santé.

Ainsi le téléphone portable sert dans des cas extrêmes à demander l'aide de la sage- femme du village le plus proche ou à organiser le transport de la parturiente jusqu'au lieu où se trouve du personnel soignant qualifié.
Le téléphone portable facilite aussi l'obtention de conseils médicaux, ainsi que la consultation de médecins lorsque des informations plus pointues sont jugées nécessaires.

Avec ce genre de prouesse, nombre d’observateurs ivoiriens du secteur de la santé publique n’hésitent pas à affirmer que les TIC permettent de briser l’isolement ‘’médical’’ des malades dans plusieurs zones rurales du pays.

 La télémédecine

Les Tic permettent également aux médecins ivoiriens d’avoir les avis et les conseils de plusieurs experts qui suivent des interventions chirurgicales à distance. Il s’agit de la télémédecine. Le champ d'action de la télémédecine part de l'ophtalmologie aux chirurgies digestives et autres…

« La télémédecine permet aux praticiens de communiquer en temps réel, d'échanger des informations scientifiques de façon synchronique », relève un chirurgien ophtalmologue du centre hospitalier Universitaire (CHU), le Dr Touré Ismaël. Avant de souligner que la télémédecine réduit de façon très considérable les nombreuses évacuations sanitaires des patients des pays Africains vers les hôpitaux de l’occident.

Au niveau d'un même pays, la télémédecine permet de limiter aussi les nombreux déplacements des médecins dans les zones très reculées du pays pour les différentes interventions.

La communauté médicale ivoirienne ne cesse d’égrener à qui veut l’entendre, les bienfaits de cette innovation. En tout cas, La télémédecine est très utile en Afrique où il y a très peu de centres hospitaliers spécialisés.

La chirurgie Assistée par Ordinateur (CAO) ou vidéo- chirurgie est une des révolutions de la médecine moderne qui condamne l'Afrique à emprunter ce train des technologies. La CAO est une technique opératoire qui consiste à aborder le thorax et l'abdomen par des voies mini invasives. On y introduit des sondes dotées d'une camera, d'un bistouri électrique et d'une petite lumière froide pour se repérer à l'intérieur de l'abdomen.

« Cette technique a de nombreux avantages. Pas de cicatrices énormes. Celles- ci disparaissent au bout de quelques jours », soutient Dr Anselme Sery, chirurgien au CHU de cocody.

La télémédecine permet d'employer les technologies disponibles pour transférer les données cliniques et les compétences médicales, plutôt que de déplacer les patients. Les TIC viennent ici en support à une démarche médicale classique en permettant de s'affranchir partiellement du temps et de l'espace.

Théodore kouadio
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