"Malformations congénitales": CES PREJUGES QUI "DIABOLISENT" LES ENFANTS

"Malformations congénitales": CES PREJUGES QUI "DIABOLISENT" LES ENFANTS

mercredi, 26 août 2015 15:04
 CES PREJUGES QUI "DIABOLISENT" LES ENFANTS CES PREJUGES QUI "DIABOLISENT" LES ENFANTS Crédits: DR

Certaines communautés ivoiriennes continuent à ce jour d’exclure les enfants qui naissent avec des anomalies. Il s’agit de l’interdiction de voir un nourrisson marcher avant l’éruption dentaire, l’acceptation d’un bébé qui naît avec des malformations etc. Ce qui apparaît aux yeux de cette tradition ivoirienne comme un dysfonctionnement dans le processus de développement du nouveau-né, est-il scientifiquement fondé ?

Les images de ‘’sorcier’’, ‘’anormaux’’ qu’on leur colle  peuvent – elles induire des troubles de comportements chez ces enfants dans l’avenir ? En d’autres termes, la difficile intégration de certains jeunes de cette catégorie dans la société est-elle le fait de ces pratiques culturelles ?

Eric est un nourrisson de 10 mois. Depuis quelques jours, il essaie de se tenir debout tout seul.  Le bambin s’accroche à tout support à sa portée, pour se hisser du haut de ses moins de 75 cm (un bébé mesure 50 cm à la naissance, 75 cm à 1 an). Il tente même de faire quelques pas. Mais, voilà que cette situation qui, normalement devait faire plaisir à toute maman, inquiète plutôt la mère de l’enfant, dame Yao Agnès.

C’est que, son bébé, apparemment en très bonne santé, n’a pas encore de dents dans la bouche à cet âge ; alors que celui-ci marchera très bientôt.
Dans sa communauté, cette situation est inadmissible. «C’est même un sacrilège. Chez nous, un enfant qui marche sans avoir ses premières dents est taxé de sorcier», relève, anxieuse, cette jeune dame, pourtant institutrice (une intellectuelle donc) dans un village de la sous-préfecture de Dimbokro.

Anne, elle, a 6 ans. Elle vit aujourd’hui avec sa mère à Abidjan. À sa naissance, sa mère était encore étudiante. La jeune nourrice a donc dû confier sa fillette de 6 mois à sa mère au village. Le temps pour elle de terminer ses études. Et, voilà qu’à 9 mois la fillette a commencé à faire ses premiers pas.

Craignant les regards inquisiteurs de la communauté villageoise et le rejet de sa petite-fille, la grand-mère décide alors de faire apparaître les premières dents de sa petite-fille en usant de procédés contre-nature. Ainsi, elle prend attache avec une de ses sœurs, "spécialisée" en la matière.

La quinquagénaire fait asseoir la fillette sur les jambes de sa grand-mère. La gamine est maintenue, de force, dans cette position par deux autres dames approximativement du même âge que la quinquagénaire.

Ahoutou Bertin, l’oncle raconte que la première a la charge d’immobiliser les membres de la gamine. Tandis que la deuxième, elle, maintient la bouche de la petite grandement ouverte. De sorte à faciliter la tâche à la ‘’spécialiste’’ chargée de frotter la gencive de la gamine.

Munie d’une feuille à surface râpeuse cueillie la veille, cette dernière se met à frotter, avec force précision, la gencive dégarnie de l’infortunée enfant. Sans se laisser émouvoir, ni par les pleurs, ni par les lamentations, ni même par la vue du sang qui s’écoule, doucement, de la bouche de la fillette.

De fait,  l’"odontostomatologiste" traditionnel a frotté la gencive du bébé jusqu’à ce que le bout de la dent apparaisse. «La fillette a eu la bouche littéralement en feu.
Elle a mis plus d’une semaine avant d’accepter de prendre correctement ses repas quotidiens. Elle pleurait et bavait tout le temps. La gamine a fait, par la suite, une forte fièvre les trois premiers jours et a perdu du poids», révèle l’oncle. Qui, visiblement, n’a pas approuvé l’acte posé par ses tantes.

Cependant, il avoue n’avoir pas osé défier ces dernières, au risque de se mettre toute la communauté villageoise à dos. L’acte posé par ces femmes, au lieu de soulever un sentiment d’indignation dans le reste de la famille a plutôt été salué. Car selon le chef de famille, ces quinquagénaires venaient ainsi d’écarter le malheur de la famille. Ahoutou Bertin rapporte que la fillette a été tellement traumatisée par ce supplice, que jusqu’à ce jour, elle court chercher refuge lorsqu’elle aperçoit, ces tortionnaires de grand-mères.

M. Michel N’cho, cadre dans une entreprise de la place, lui, se souvient toujours du calvaire qu’il a enduré au cours de son enfance à son adolescence à Bouaké. Il explique qu’il est né avec…deux dents dans la bouche. Une particularité, une anomalie (?) qui lui a valu d’être recueilli à l’âge de 3 mois par une tante éloignée. Tout simplement parce que personne ne voulait de lui au village.

Ni sa génitrice, ni les autres membres de la famille proche. «J’étais non seulement marginalisé par mes parents, mais aussi par les jeunes qui avaient le même âge que moi. Personne ne voulait m’approcher. Ceux qui osaient étaient rappelés à l’ordre par leurs parents, sous prétexte que j’étais un sorcier et que j’allais attirer sur eux tous des malheurs».

Ces différents cas de figure posent en fait le problème des enfants considérés comme ‘’mal-nés’’ dans plusieurs sociétés traditionnelles ivoiriennes.

Sauts d’obstacles

En effet, dans la plupart des cultures traditionnelles ivoiriennes, la naissance d’un bébé requiert, pour la mère, de satisfaire à toute une série d’épreuves.

Ainsi en pays Akan, une jeune fille n’a pas le droit de donner naissance à un enfant tant qu’elle n’a pas sacrifié au rituel de passage de l’adolescence à la femme en âge de procréer. En plus de cela, dans certains sous groupe du peuple Akan, comme chez les Agni Sanwi du sud-est, et chez les N’zema de Grand Bassam et d’Assinie dans le Sud lagunaire, les dixièmes enfants ne sont pas admis dans  le cercle familial.

Même quand l’enfant est né dans des conditions que la coutume qualifie de ‘’bonne’’. Mais qui, pour elle, présente des particularités. Comme, par exemple, naître avec une dent dans la bouche, marcher avant d’avoir des dents, venir avec des malformations etc. Dans ces différents cas, l’enfant est considéré comme ‘’mal né’’.

Anne-Marie, une sage femme qui a servi dans un village de la sous-préfecture de Bondoukou, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, raconte qu’elle a accouché une femme Abron dont le bébé est venu au monde avec une dent.

Anne-Marie raconte que la nouvelle s’est très vite répandue, comme une traînée de poudre, dans le village. La jeune mère, qui n’était pas, pour autant, à son premier accouchement, et son bébé ont été ignorés, tout simplement.

En tout cas, si l’on en croit la sage-femme, personne n’est venue, comme de coutume, adresser ses félicitations à la nouvelle accouchée et son nouveau-né. Et ce, malgré des explications données par l’agent de santé pour tenter de faire comprendre à tout le village que cette naissance n’avait rien d’anormal. Anne-Marie n’avait, visiblement, convaincu aucun villageois. Puisque la jeune mère a continué d’être mise en quarantaine.

Selon les anciens, le danger que représente un enfant ‘’mal né’’ pour la société  est tel qu’il n’est pas admissible de le laisser grandir au sein de la famille.
«Par le seul fait d’exister, il menace la survie du lignage dont il est issu, et par-là même, la survie de toute la communauté. Il peut tuer ses parents », soutient le vieux Kouakou Fri de Gouméré.

Son ami, un autre octogénaire, Kouassi Abenan, insiste, lui, sur le fait qu’un tel enfant incarne le malheur. Ainsi, il incombe aux anciens de trouver des solutions afin d’écarter la menace qui pèse sur ses parents et la société au sein de laquelle il a vu le jour. « Dans les temps anciens il était purement et simplement ‘’accompagné’ vers…l’au-delà. C’est-à-dire, de l’endroit d’où il est venu et d’où il n’aurait jamais dû sortir. En clair, il était purement et simplement éliminé », relève le vieux Kouassi Abenan. Avant d’insister sur le fait que « de nos jours, ces enfants sont donnés à d’autres peuples qui, eux, ne partagent pas la même culture que nous. Mais, nos enfants qui sont en ville font aujourd’hui fi de ces coutumes » déclare avec amertume le vieux Kouassi Abenan.

Pour lui, nombre de nos malheurs actuels, sont liés au non respect de ces pratiques culturelles. Qui, naguère, ont été le socle de l’équilibre communautaire. «C’est pour cela aussi que, de nos jours, les foyers ne tiennent plus assez longtemps, c’est pour cela que les gens meurent jeunes etc. », soutient-il.

La marque d’une anormalité

Une étude de l’anthropologue française, Catherine Le Grand-Sébille sur les pratiques rituelles de certaines communautés de l’Afrique de l’ouest, sous le titre ‘’L’Esprit du Temps. Études sur la mort 2001/1 - N° 119’’, aborde aussi cette problématique qui a toujours cours dans certaines familles, même en zone urbaine.
Selon les travaux de Catherine Le Grand-Sébille, certains critères constituaient la marque d’une anormalité rédhibitoire pour l’acceptation de celui-ci parmi les membres du groupe. C’est là que l’on dit que l’enfant est «mal né».

Selon toujours Le Grand-Sébille, ces signes sont assez nombreux. Ainsi, sont considérés comme «mal nés», les enfants qui naissent porteurs d’une anormalité physique telle que la trisomie ou mongolisme ( maladie congénitale se manifestant par un physique typique et une arriération mentale), déformation ou malposition des membres, bec-de-lièvre, etc.

D’autres anomalies comme la naissance prématurée ou avec des dents ou en occipito-sacré --visage tourné vers le ciel-- ou en tombant la poitrine contre terre sont entre autres, selon la tradition, également la marque des enfants "mal nés". ‘’ Tous ces signes prouvaient que l’être qui vient d’arriver n’est pas celui qu’on attendait: au lieu d’être un ancêtre connu, il est un esprit maléfique qui s’est servi de l’enveloppe charnelle du nouveau-né pour venir nuire à sa famille, et il représente un danger pour toute la communauté’’, indique le document.

Ainsi, l’élimination d’un tel enfant, n’est donc pas considérée par eux comme un meurtre. Il s’agit simplement de «réparer» une erreur. Car cet être qui n’a d’humain que l’apparence. «Ceci permettait également à l’enfant de revenir sous de meilleurs auspices lors d’une prochaine grossesse de sa mère ou d’une autre femme de la famille», souligne l’ethnologue, en référence aux croyances des peuples étudiés. Et de poursuivre en disant que nouveau-né étant l’incarnation d’un être de l’au-delà, il hérite des principes spirituels d’un défunt, ancêtre du lignage, et sa naissance, plutôt qu’une nouveauté, concrétise le passage de cet ancêtre du monde des esprits vers celui des vivants.

L’élimination en elle-même se déroulait sans témoins, par noyade, par étouffement ou empoisonnement. Parfois, l’enfant est simplement abandonné en brousse, rapporte l’ethnologue. Une naissance aussi "honteuse" que celle d’un enfant "mal né" ne se clame pas sur la place publique, dans ces sociétés où les proverbes affirment que: «la mort est préférable à la honte». Tout était donc fait pour que l’enfant reparte aussi vite qu’il est venu, et aussi discrètement que possible.

 

Bannis par leurs familles, ils se rebellent contre la société

Avec l’évolution et la modernisation qui pénètrent de plus en plus le monde rural, l’élimination physique et presque systématique des enfants considérés comme ‘’mal-nés ‘’ tend à disparaître.

Néanmoins, il reste que ces pratiques d’un autre âge continuent d’avoir des effets pervers sur le développement harmonieux des enfants qui ont échappé à cette sentence de la tradition. Ainsi, les préjugés qui en découlent  ne continuent pas moins de nuire à l’équilibre familial et même de la communauté villageoise.
Au niveau des enfants, outre les violences physiques, les "poussées dentaires forcées", les bastonnades régulières etc. qu’ils subissent,  ils doivent faire face à des traumatismes psychologiques ; qui parfois les accompagnent toute leur vie.

En tout cas, l’enfant est mis, très tôt, au ban de sa communauté parce que né  différemment des autres membres de sa famille. Il doit, de ce fait, soit souffrir de l’intolérance de tout son entourage, soit se résoudre à aller vivre là où il n’est pas mis à l’index, tout le temps. Il lui arrive même, tout simplement, de se rebeller contre la société et de poser des actes répréhensibles.

«Moi, je ne me sentais pas du tout à l’aise dans ma propre famille. Parce que  mes parents me taxaient d’être un sorcier. Lorsqu’il y avait un problème, c’était toujours vers moi qu’on pointait un doigt accusateur. J’ai donc dû, malgré moi, abandonner ma famille, pour vivre dans la rue où je me sens plus protégé», relève Laurent, 17 ans.

Ceux qui ne sont pas suffisamment armés psychologiquement pour fuir la communauté ou l’affronter sombrent dans la déprime. Ou alors, se réfugient dans les stupéfiants et autres formes de drogue.

Le Pr. Amani N’Goran, médecin-chef adjoint à l’Hôpital psychiatrique de Bingerville explique que les accusations de sorciers et autres pressions subies par ces enfants « mal-nés » peuvent aller jusqu’à provoquer des troubles mentaux.

Le praticien indique qu’il lui est arrivé de traiter plusieurs cas de personnes qui ont déprimé, parce qu’elles n’arrivaient pas à comprendre qu’elles ne soient pas acceptées par leur propre famille et la société, rien qu’à cause de ces  pratiques culturelles surannées.

Le Pr. Amani N’Goran en veut pour preuve le cas de cette femme, 10e enfant, d’une famille N’Zema. L’enfant "mal-né" qu’elle était a été recueillie par une femme d’une autre ethnie.

Devenue jeune femme, elle mettra tout en œuvre pour retrouver sa génitrice. Mais, cette jeune femme sera très vite déçue, voire choquée. Parce qu’elle ne pourra pas intégrer sa famille naturelle. Sa mère et les anciens de la famille y étant vivement opposés.

Ne pouvant ni accepter, ni supporter, voire discuter de cette situation avec sa mère adoptive, celle-là même qui a tout fait pour elle, la jeune dame a déprimé. Au point qu’elle a dû suivre un traitement auprès d’un psychiatre.

Il arrive aussi que ces pratiques culturelles provoquent des séparations de couples et aboutissent tout naturellement à la division des enfants.
En tout cas, lorsqu’une mère refuse de se séparer de son enfant "mal-né", la communauté tout entière considère ce geste comme une insubordination à la coutume. Dans ce cas, c’est très souvent que le mari, soutenu par ses parents, se sépare de celle-ci. De gré ou de force.

Selon la tradition, il s’agit, à travers cette séparation, d’éviter que le malheur ne s’abatte sur le village ou la communauté. Dans d’autres cas, la mère et son nourrisson ou tout le couple soient excommuniés par le village.

Naître avec des anomalies et être Normal

Et pourtant,  certaines de ces anomalies ont des explications scientifiques.
Selon le Dr Kassi Hermance, médecin-pédiatre, certains cas constatés sur le nourrisson à la naissance ont des explications tout à fait naturelles. «On observe que certains enfants naissent avec une dent. Cela n’est autre chose qu’une éruption précoce de la dent », relève-t-elle. Avant de souligner que deux causes principales peuvent expliquer cette «anomalie».

Cette situation est souvent due, a-t-elle dit, au fait que soit la mère, soit le père ou les deux ont des prédispositions à avoir des dents précoces. Mais, celles-ci ne se sont pas révélées à leur naissance. Leur enfant peut en hériter.

L’autre explication, selon Dr Kassi, «ce sont des désordres génétiques ». Avant d’indiquer qu’au cours de l’odontogenèse --la formation de la dent débute au cours de la grossesse, vers la 6e et la 7e semaine de la vie intra-utérine. Cela s’appelle l’odontogenèse-- qui intervient au moment de la conception. Il y a un assemblage des deux patrimoines génétiques des parents (père et  mère). C’est ce patrimoine génétique qui va déterminer toute la formation de l’enfant.

La pédiatre explique que ces bourgeons peuvent chuter  ou persister après la naissance. En clair, les autres dents vont pousser normalement. De sorte que toute la denture de l’enfant va commencer à chuter normalement à partir de 6 ans (voire encadré l’éruption dentaire). «J’ai suivi personnellement un bébé qui est né avec un bourgeon dans la bouche. Il se porte aujourd’hui très bien et évolue normalement », commente la pédiatre.

Son collègue, Dr Kouadio Daniel, spécialisé dans la chirurgie infantile, soutient que certaines infections pendant la grossesse peuvent provoquer des malformations des enfants et retarder quelquefois leur croissance. Il précise, cependant que certaines de ces anomalies peuvent être corrigées à la naissance grâce à la chirurgie. Il s’agit des enfants qui naissent avec des becs-de-lièvre, sans orifice anal, etc. «Une chirurgie réparatrice permet de corriger ces anomalies chez le bébé », relève-t-il.

Les Drs. Kouadio et Kassi, comme nombre de scientifiques, affirment que ces bébés qui naissent avec quelques anomalies sont normaux. Pour ces praticiens, les familles ne conçoivent pas les personnes qui sortent de la norme. Et pourtant ! Tout le monde n’a pas le même développement.

Théodore Kouadio
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L’ÉRUPTION DENTAIRE

La formation de la dent débute au cours de la grossesse, vers la 6e et la 7e semaine de la vie intra-utérine. C'est-à-dire au tout début de la grossesse. Toutefois, même après la naissance, cela continue.
À partir du 6e mois après la naissance, l’éruption dentaire va débuter. De sorte que chaque 6 mois, un groupe de dents va se mettre en place. Ainsi on aura de 6 à 12 mois, les incisives (centrales et latérales). De 12 à 18  mois, les premières molaires de lait. De 18 à 24 mois, les canines et de 24 à 30 mois, les 2e molaires.


Ainsi à 2 ans et demi, la denture de l’enfant sera de 20 dents. Ces dents de lait vont commencer à chuter à partir de 6 ans.
Toutefois, les praticiens insistent sur le fait que les chiffres fournis plus haut ne constituent que des moyennes et que toutes sortes de variantes sont aussi ‘’ normales’’, que ce soit dans un sens de précocité ou de retard.


Selon les spécialistes, en règle générales, il n’y a pas de hiérarchie dans l’éruption des dents au niveau de l’arcade supérieure et inférieure. Elles apparaissent de façon simultanée.


En clair, les bourgeons sortent en même temps. Mais dans la pratique courante, il est observé que l’incisive supérieure pointe son bout avant l’incisive inférieure.

T. KOUADIO

 



POUR UN CODE DE L’ENFANT

S’il est vrai qu’un délit de justice commis sur un enfant est puni par la justice ivoirienne, force est de constater que la Côte d’Ivoire ne dispose pas en la matière d’un code spécifique des droits et du bien-être de l’enfant pour mieux le protéger.
En tout cas, pour l’administrateur chargé de la protection de l’enfance, M. Marius Krécoum de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), il faut une charte ivoirienne des droits et du bien-être de l’enfant. « Aujourd’hui, cela fait partie des perspectives sur lesquelles nous travaillons », relève-t-il.
Il tient toutefois à rappeler que la Côte d’Ivoire a déjà fait en la matière un pas important en ratifiant en 2002 la charte Africaine des droits et du bien-être de l’enfant.
Laquelle définit « l’enfant comme tout être humain âgé de moins de 18 ans ». Le document en son article 21 insiste sur le fait qu’en tant qu’être humain, le nouveau né doit être protégé contre les pratiques sociales et culturelles négatives.
Comme M. Marius Krécoum, nombre de spécialistes des droits de l’enfant pensent qu’une fois le code élaboré, cela permettra à la justice ivoirienne de mieux combattre ces pratiques qui nient à l’enfant ses droits en tant qu’être humain.
  « Nos valeurs traditionnelles africaines ont très souvent tendance à assimiler l’enfant à tout sauf à un être humain. Il est considéré comme un bien, une richesse pour ses parents. Même, si cet aspect peut être interprété comme une valorisation de l’enfant, il a toutefois pour effet de lui retirer son existence comme une personne humaine », soutient l’administrateur chargé de la protection de l’enfance.
Pour lui, les gamins sont considérés comme des biens dont le propriétaire peut disposer comme il veut. De sorte que ce dernier peut porter un jugement de valeur sur son objet.
Lequel peut plaire ou pas. « Comme c’est un bien, les parents ou la communauté traditionnelle vont choisir de ne pas avoir un bien handicapé et autre », soutient M. Krécoum. Il explique que c’est ce raisonnement qui sous-tend en grande partie toutes les pratiques néfastes qui sont exercées sur les enfants.
« Si l’enfant était considéré par la tradition comme une personne, il aurait été respecté dans son individualité, dans sa spécificité », conclut M. Marius Krécoum. 

T. Kouadio

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