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Financements, infrastructures, formation: Les opportunités de coopération qu’offre la Chine à l’Afrique

lundi, 07 octobre 2019 18:47
Les travaux du plus grand barrage hydroélectrique de Côte d'Ivoire, Soubré. Les travaux du plus grand barrage hydroélectrique de Côte d'Ivoire, Soubré. Crédits: Poro Dagnogo

Grâce à ses nombreuses actions, notamment dans le cadre de son initiative, « la Route et la ceinture », la Chine est passée premier partenaire des pays en développement. Le sujet a été largement abordé lors du séminaire de formation de journalistes d’Afrique francophone à Beijing, en août dernier.

L’une des actualités majeures de 2019 en Côte d’Ivoire aura été l’inauguration du Canal de Vridi élargi et approfondi du Port autonome d’Abidjan. Désormais, les plus grands navires peuvent entrer et accoster dans ce port. Si ce chantier a pu être réalisé, c’est grâce au concours de la Chine. En effet, 85% des 150 milliards de francs CFA ont été décaissés par Eximbank Chine pour le redimensionnement de cet important ouvrage. Et c’est une entreprise chinoise qui a effectué les travaux. Au Congo (Brazzaville), le plus grand aéroport est une réalisation de la Chine.

Ce ne sont là que deux exemples du genre d’interventions que la Chine mène en Afrique dans le cadre de sa coopération avec le continent. Une coopération qui se veut le plus large possible en termes de domaines. Le commerce, la finance, les infrastructures, la santé, l’éducation, la culture, le tourisme, etc., tous les secteurs sont concernés.

En effet, la Chine (Choung Kwo en chinois) a opté pour la construction d’«une communauté de destin Chine-Afrique marquée par le partage des responsabilités, la coopération gagnant-gagnant, le bonheur pour tous, la prospérité culturelle et la sécurité commune », comme l’a soutenu son Président Xi Jinping, lors de sa visite historique en Afrique en 2013 et à l’occasion du forum de Beijing sur la coopération sino-africaine, en septembre 2018. D’où les nombreuses initiatives que le gouvernement a entreprises depuis plusieurs années en faveur des pays africains.

Ces initiatives ont été déroulées par Sun Jiwen, ancien ambassadeur de Chine au Gabon et d’autres personnalités chinoises, lors du séminaire de formation des journalistes d’Afrique francophone à Beijing en août dernier.

On note, entre autres, que pour accompagner l’industrialisation en Afrique, le gouvernement chinois encourage les entreprises chinoises à investir en Afrique. Une enveloppe de 10 milliards de dollars leur est réservée. Elles sont, d’ailleurs, de plus en plus nombreuses à répondre à cet appel. Ce qui fait le bonheur des pays d’accueil, soutient l’ancien ambassadeur, Sun Jiwen, c’est que « la délocalisation des entreprises chinoises en Afrique est une chance de vulgarisation de l’industrialisation ». A Djibouti, par exemple, une société d’origine chinoise spécialisée dans la fabrication de chaussures y est installée avec 4000 emplois créés. Dans ce pays, la Chine y déploie un parc industriel comme c’est le cas au Sénégal.

A propos des infrastructures, les financements chinois ne cessent de s’accroître en Afrique. La question des infrastructures tient particulièrement au pays qui est un monstre en la matière. On se souvient que lors de sa tournée africaine, le Président Xi Jinping avait rassuré les gouvernements sur « la détermination chinoise à accélérer l'établissement de partenariats avec l'Afrique pour la construction des infrastructures transnationales et transrégionales en vue de promouvoir l'interconnectivité entre les différents pays africains ».

Qi Jianhua, professeur à l’Institut de diplomatie de Chine, qui a entretenu les journalistes sur le thème- du système d’aide de la Chine à l’Afrique- signale qu’une quarantaine d'accords de coopération avaient alors été signés, dont plusieurs portent sur de grands projets socio-économiques.

Pour mener à bien ses actions en faveur des Africains, la Chine a dégagé, entre autres fonds, 60 milliards de dollars pour ses appuis financiers. L’accent est surtout mis sur les aides sans contrepartie, les prêts sans intérêt et les prêts préférentiels.

Dans un souci de faciliter davantage les opérations, les autorités chinoises mettent un point d’honneur à encourager les institutions financières chinoises à ouvrir plus d'agences en Afrique. Il s’agit de favoriser la proximité entre les ressources financières et les projets.

La Chine ne se contente pas de financer des infrastructures en Afrique, la formation tient une part importante dans ses rapports avec le continent. Des opportunités de formation sont à la disposition des pays africains. 50 mille bourses ont été accordées en trois ans à des jeunes africains formés dans les universités chinoises. Et le programme est loin de s’arrêter.

Au niveau de la santé, nombre d’Etats africains bénéficient du soutien du gouvernement chinois à travers de nombreuses initiatives. Elles vont de la construction d’établissements sanitaires à l’envoi de médecins chinois en Afrique.

ALAKAGNI HALA
envoyé spécial


Les médias africains attendus en Chine

« Les médias sont un pont entre les peuples chinois et africains. Ils doivent travailler afin que les deux parties se connaissent mieux. Ce qui contribuera à la promotion de leur amitié… Passons donc à la coopération des médias ». Voici une invite, on ne peut plus claire, que le directeur adjoint du Centre de formation du Groupe de publication internationale de Chine (Cipg), Li Heng Tian, lance aux médias des pays africains. Il a insisté là-dessus à la cérémonie de clôture du séminaire de formation des journalistes, le 4 septembre 2019.

On l’a remarqué, la Chine est prête à faire beaucoup pour que ses partenaires africains la connaissent par leur propre expérience et non à travers « les fausses images présentées par les médias occidentaux », indique le directeur adjoint du Centre de formation (Cipg).

Les multiples programmes de séminaires et de visites concoctés par le gouvernement à l’intention des journalistes africains répondent à cet objectif. Ceux-ci sont mis directement en relation avec les médias chinois.

Cette année encore, les journalistes africains ont pu découvrir toute la puissance de ces médias qui font rêver. Ils ont pu surtout noter les opportunités de coopération qu’ils pourraient avoir avec ces médias créés pour « faire connaître la Chine au monde, faire connaître le monde en Chine, informer le public sur le monde et renforcer l’amitié et la compréhension entre tous les peuples du monde ».

Parmi les géants chinois de la communication, il y a Radio Chine internationale (Rci) du Groupe de medias de Chine (Cmg). Créée le 3 décembre 1941, elle a lancé son programme français le 5 juin 1958. Elle opère en 65 langues, dont des langues africaines (Haussa, Swahili).

Dans son ambition d’atteindre avec beaucoup plus d’efficacité ses objectifs, Rci ouvre des FM à travers le monde. Il y a pour le moment sept pays d’Afrique francophone qui sont dans le pipeline. A savoir le Sénégal, le Niger, le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine, la Mauritanie, les Comores et Djibouti.

La directrice adjointe du Département français, Yang Xiaolan, invitée à exposer sur la contribution du Cmg à la communication en Afrique, au séminaire de formation des journalistes, a fait savoir que le groupe reste ouvert : « Si une radio souhaite nouer un partenariat avec la Rci, qu’elle s’adresse à l’ambassade de Chine dans son pays ». Et la coopération pourrait se faire, par exemple, à travers des échanges de programmes.

Au nombre des grands médias, il y a l’Agence chinoise de presse. Elle possède 180 bureaux à l’étranger. Les dépêches sont publiées en 9 langues. L’Agence est présente dans 24 pays africains francophones. Elle a signé des accords avec la plupart des pays d’accueil.

Dans la kyrielle des géants du monde des médias chinois, il y a la société Star Times, spécialisée dans la distribution de programmes télé qui pointe le nez en Afrique. C’est une autre opportunité pour les opérateurs africains du secteur pour faire de bonnes affaires.

Au niveau des provinces de Chine, des opportunités de coopération existent aussi pour les médias africains. En témoignent les propos du rédacteur en chef du site internet GOG.CN, Hu Tao : « Nous voulons renforcer la coopération avec l’Afrique (…) ». Cette plateforme numérique basée dans la province de Guizhou est spécialisée dans le commerce électronique dédié au monde agricole. Elle commercialise plus de 20 mille produits pour 3000 entreprises.

A HALA


Tourisme, la mine d’or qui dort

La Chine est la plus grande pourvoyeuse de touristes au monde. En 2018, ce sont 160 millions de touristes chinois qui ont fait le tour du monde. Mais l’Afrique ne fait pas encore partie de leurs destinations préférées. Leurs lieux de prédilection restent l’Asie, l’Europe et les Etats-Unis.

Le tourisme chinois est bel et bien une autre opportunité économique que pourrait saisir l’afrique. « Ce serait une bonne chose pour les pays africains de capter au moins 10% de l’effectif des touristes chinois », note Li Jum, Professeur à l’Université normale de Beijing.

Du fait que les pays africains sont souvent de petite taille, Li Jum préconise qu’ils se mettent ensemble en mutualisant leurs stratégies. Cela pourrait se traduire par la création de circuits touristiques communs à vendre aux millions de touristes chinois.

Malheureusement, les Chinois ne connaissent pas l’Afrique. D’où l’appel du professeur Li Jum aux médias. « Ils ont un rôle à jouer. Ils peuvent contribuer à lever les préjugés défavorables », explique-t-il.

Apparemment, le Maroc a des chances de prendre de l’avance en Afrique. Une ligne aérienne directe est en passe d’être ouverte entre les deux pays. Tout est prêt. Rabat a mis fin au visa. « Le Maroc peut espérer 200 mille touristes chinois sur ses terres », soutient Sun Jiwen, ancien ambassadeur de Chine au Gabon.

La Côte d’Ivoire vient de s’engager aussi dans un processus intéressant avec la Chine. Un mémorandum de collaboration sur une kyrielle de projets touristiques a été signé récemment à Abidjan. Il s’agit, entre autres, de la création de la station touristique internationale de Sassandra,  la construction du parc d’attraction de Jacqueville, la création du parc aquatique d’Assinie, de l’aménagement du littoral de Port-Bouët, de la construction des Relais Paillotes et de l’aménagement de pavillons touristiques à thèmes sur le Boulevard de Marseille à Abidjan Marcory.

Après le passage des tours operators chinois en octobre-novembre 2018, cette opération est une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire dans la conquête des touristes chinois. Faut-il le noter, ils constituent d’autant plus une « mine d’or » à exploiter qu’ils sont non seulement les plus grands acteurs du tourisme mondial, mais aussi ceux qui effectuent les plus grosses dépenses parmi tous les touristes au monde.

AH


Télé par satellite gratuite pour 500 villages ivoiriens

Sur décision du Président de la Chine, Xi Jinping, le gouvernement chinois a décidé de connecter gratuitement 10 mille villages africains aux programmes de télévision par satellite.

La société chinoise de distribution de programmes télé, StarTimes, a été choisie pour mener l’opération. Elle est en cours déjà dans plusieurs localités du continent.

En Côte d’Ivoire, ce sont 500 cents localités qui en bénéficieront, a-t-on appris auprès des responsables de la filiale ivoirienne de StarTimes. 

Les kits de connexion sont composés de paraboles, téléviseurs, projecteurs, de panneaux solaires et de décodeurs.

Les habitants des villages sélectionnés bénéficieront de 20 chaînes gratuites et un bouquet spécial à coût réduit (1 à 3 dollars). Des techniciens seront formés pour entretenir les installations dans chaque localité.

Fau-t-il le noter, l’opérateur StarTimes, commis cette action citoyenne, est sur le marché ivoirien depuis 2016, la société est présente dans 30 pays africains.

AH