Extractions minières: Des trous abandonnés dans la forêt à Maféré

Extractions minières: Des trous abandonnés dans la forêt à Maféré

lundi, 08 avril 2013 17:59

Extractions minières: Des trous abandonnés dans la forêt à Maféré 


Qui de l’État ou des exploitants, doit réhabiliter les sites miniers dans les différentes zones de production de la Côte d’Ivoire ? En attendant une réponse satisfaisante et définitive à cette préoccupation, plusieurs hectares de forêts et plantations sont détruits dans la sous-préfecture de Maféré (Sud-Est de la Côte d’Ivoire), favorisant l’érosion des sols et le déséquilibre de l’environnement.

 

Quelque 7 ans après l’abandon des exploitations d’or à ciel ouvert d’Assuri-Maféré, dans le Département d’Aboisso, le site n’est toujours pas réhabilité. Conséquence, cette région constituée d’une forêt dense, naguère exploitée à des fins agricoles par de nombreuses populations ressemble aujourd’hui à une clairière abandonnée; avec plusieurs trous perdus.



L’environnement qui se trouve ainsi dégradé, subit les effets de l’érosion. « Pour l’heure, ce que nous craignons, ce sont les risques de glissement de terrain. Nous craignons également que des personnes tombent dans ces trous béants. Il s’agit particulièrement des chasseurs et autres étrangers qui ne connaissent pas la région», explique un habitant de la localité.



Autre problème lié à cette situation, l’absence de terres cultivables. « Il est vrai que nous avons été dédommagés lorsque la société d’exploitation d’or (SOMIAF) s’installait. Mais après le départ de celle-ci, nous souhaitons récupérer nos terres pour réaliser des plantations. Malheureusement, celles-ci ne sont plus fertiles », souligne Kakou Blaise, qui avait ses exploitations agricoles dans le secteur occupé.


La question de la réhabilitation

 

A l’instar d’Assuri-Maféré dans le département d’Aboisso, plusieurs autres régions de la Côte d’Ivoire connaissent les mêmes problèmes. Alors qu’à la signature de concession d’exploitation il était indiqué que la Somiaf, devrait réhabiliter après exploitation le site, par un reboisement et en aidant les milliers de planteurs de cette région à se réinstaller.


 
Seulement voilà, des sources proches de la société (qui a exploité cette région de 1989 à 1997) indiquent que cette société aurait versé une certaine somme, en compensation, à l’Etat de Côte d’Ivoire pour boucher ces anciennes mines (au nombre de 6) dont la profondeur par endroit peut atteindre 100 m. Vrai ou faux ?

 

Le constat est que rien n’est encore fait à ce jour dans le sens de la réhabilitation de l’Environnement.



Une entreprise anglo-américaine d’extraction d’or disposant d’assez de moyens techniques pour prélever le minerai en profondeur refuse de travailler sur ce site tant que le terrain n’est pas réhabilité. Elle entend ainsi éviter la fronde des populations riveraines qui grondent de colère.

 

L’oxydé exploité qui est une technique d’extraction sur une profondeur de 0 à 100 m a été réalisée par la société des mines d’Afema. Après la chute du cours de l’or sur le marché international, la mine n’étant plus rentable, elle a du fermer.

 

La firme anglo-américaine s’occupant du suffiré (c’est la technique d’exploitation en profondeur)a négocié le marché. L’extraction de ce métal précieux nécessite une mine souterraine de 300 à 600 m de profondeur.

 

« Que l’Etat ait reçu de l’argent en compensation ou pas, il se doit de réagir pour le bonheur des populations de la Sous-préfecture de Maféré. Nos regards sont tournés vers les autorités compétentes », plaident les riverains du site Assuri-Maféré. Avant d’indiquer qu’ ils ont besoin de terres pour réaliser des plantations.



 Théodore kouadio

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Lu 3048 fois Dernière modification le jeudi, 11 avril 2013 11:03