Economie : La Côte d’Ivoire se transforme de jour en jour…

dimanche, 27 août 2017 21:11
Economie : La Côte d’Ivoire se transforme de jour en jour… Economie : La Côte d’Ivoire se transforme de jour en jour… Crédits: DR

Indépendant en 1960, émergent en 2020 ? Le pays d’Houphouët-Boigny, après avoir connu une décennie de fortes turbulences à partir de la fin de la décennie 1990, a repris sa marche en avant sous le leadership du Président Alassane Ouattara.

D’Abidjan à Odienné, de Bouaké à Soubré, de Bondoukou à Aboisso, le pays est en pleine mutation.

Le triomphe de l’Eléphant. C’est le plus optimiste des trois scénarios bâtis par le Plan national de développement de 2012, à côté de celui dit du pessimiste du «réveil de l’Eléphant» «départ manqué». , moins ambitieux, et de celui, du pessimisme du « départ manqué ».

A l’évidence, c’est celui qui est à l’œuvre en Côte d’Ivoire, où la croissance économique tutoie effectivement les deux chiffres, en dépit de contraintes diverses, dont le ralentissement de l’économie mondiale et la chute des prix du cacao dont le pays est le premier producteur mondial, avec une récolte record de 2 millions de tonnes attendue en 2017. Pour le deuxième Pnd 2016-2020, c’est à coup sûr le scénario optimiste et volontariste de «l’Eléphant émergent» qui prime, les taux
de croissance projetés au-dessus de 8% en moyenne annuelle étant désormais une réalité.
Le résultat de cette croissance économique forte, parmi les plus élevées au monde, est perceptible. En même temps que se déploient les réformes audacieuses destinées à transformer structurellement l’économie pour apporter davantage de valeur ajoutée et autant de points supplémentaires de croissance, c’est le pays tout entier qui connaît d’importantes transformations.

A coup sûr, les plus importantes depuis les grands travaux réalisés par le Président –bâtisseur Félix Houphouët-Boigny au cours des deux premières décennies de l’indépendance du pays, et qui avaient fait parler du «miracle ivoirien».
«L’heure d’un deuxième miracle ivoirien est venue», annonçait, en janvier 2013, la Directrice générale du Fmi, Mme Christine Lagarde, lors d’une visite à Abidjan. «Vous avez subi les affres de la guerre civile et surmonté le conflit et la division pour avancer vers l’unité et la réconciliation. Aujourd’hui, sous la houlette du Président Ouattara, vous vous mobilisez pour devenir un pays émergent d’ici 2020», constatait-elle. Quatre années après, la Côte d’Ivoire est en pleine mutation, et s’attèle à relever les défis qui la feront entrer, comme ambitionné, dans le cercle des nations émergentes, dans un horizon proche.

UN TAUX DE CROISSANCE DE 9% EN MOYENNE SUR LA PÉRIODE

2012-2016

«Jugez-en vous-même, lançait le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, aux opérateurs économiques réunis au sein de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire : cinq ans après l’arrivée au pouvoir du Président de la République, M. Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire présente l’une des économies les plus dynamiques en Afrique et au monde. Le taux de croissance du PIB s’établit à environ 9% en moyenne annuelle sur la période 2012-2016. Au titre de l’année 2016, cette performance économique s’est caractérisée par un taux.

La Côte d’Ivoire présente l’une des économies les plus dynamiques en Afrique et au monde. Le taux de croissance du PIB s’établit à environ 9% en moyenne annuelle sur la période 2012-2016. 1960-2017 de croissance de 8,8%, un taux d’inflation quasi-nul et une balance commerciale structurellement excédentaire (3,1% du PIB en 2016). Au niveau des Finances publiques, le déficit budgétaire est maîtrisé avec un des ratios de dette publique les plus faibles de la région (42,1% du PIB en 2016)».

En 2017, l’environnement morose des prix des matières premières, notamment du cacao, premier produit d’exportation du pays, aurait pu gripper durablement la machine. Finalement, anticipe M. Gon, «malgré la chute de 35% des prix du cacao, l’un de nos principaux produits d’exportation, le taux de croissance économique devrait se situer autour de 8,5%, traduisant la capacité de résilience de notre économie».

LE DÉFI SÉCURITAIRE

Au niveau de la sécurité, le gouvernement a entrepris la réforme en profondeur du secteur de la sécurité et des actions connexes ont été exécutées dans ce cadre, selon le chef du gouvernement. Selon les statistiques officielles, l’indice de sécurité de la Côte d’Ivoire est ainsi passé de 3,8 en janvier 2012 à 1,1 actuellement. «La sécurité des personnes et des biens, indispensable à la poursuite satisfaisante des activités économiques, a été restaurée sur l’ensemble du territoire national». Revenant sur les derniers soubresauts militaires que le pays a connus, et qui ont quelque peu écorné l’image du pays à l’extérieur, M. Gon a rappelé «le caractère uniquement pécuniaire des revendications».

Sur ce dossier, dit-il, «le Gouvernement a démontré son attachement au maintien de l’ordre et à la paix dans le pays. En tout état de cause, nous sommes engagés dans l’accélération de la mise en œuvre de la Loi de programmation militaire qui devrait permettre d’améliorer sensiblement les conditions de vie et de travail de l’armée».

UN TAUX D’INVESTISSEMENT À PLUS DE 20,5% EN 2016

En matière d’investissements, d’importants efforts ont été déployés par l’Etat dans le domaine des infrastructures pour améliorer la compétitivité de l’économie. «Qu’il s’agisse des routes, des ports et aéroports, du transport urbain, de l’électricité, des TIC et j’en passe, des progrès notables ont été enregistrés.

Globalement, le taux d’investissement est passé de moins de 8,9% en 2011 à plus de 20,5% en 2016. Le secteur privé a pris toute sa part dans cette évolution, puisque le niveau de ses investissements a plus que triplé sur la période, passant de moins de 1 000 milliards à près de 3 000 milliards de francs CFA». C’est une tendance significative, qui marque également une mutation économique profonde, avec l’accent désormais mis sur le secteur privé comme moteur de la croissance, passée l’ère des investissements publics massifs.

DIVERSIFICATION DE LA BASE AGRICOLE DE L’ÉCONOMIE

Autre trait majeur des transformations en cours, le gouvernement s’emploie à renforcer la diversification de la base agricole de l’économie à travers la mise en œuvre du PNIA 2012-2016 et de sa phase 2 en cours, et à créer les conditions d’une industrialisation plus poussée et compétitive, se réjouit le Premier ministre. «Outre le cacao, la Côte d’Ivoire est aujourd’hui le premier producteur mondial d’anacarde et le premier producteur africain de divers autres produits (huile de palme, hévéa, banane…). Elle met en œuvre un ambitieux programme d’investissement agricole qui prend en compte l’objectif d’une production vivrière et animale soutenue, compétitive et accessible. La réforme de la filière café-cacao en 2012 a permis de doter cette importante filière d’un mécanisme performant de gestion des prix. Nous avons pu apprécier récemment l’efficacité de ce mécanisme de stabilisation, puisqu’il nous a permis d’amortir le choc négatif important subi à travers la baisse significative des prix internationaux du cacao».

Outre cette diversification de sa base agricole, le pays améliore également l’exploitation de son potentiel minier, ce qui lui permet de ne pas dépendre uniquement de quelques spéculations.

ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES ET SOUTENABILITE DE LA DETTE

Beaucoup de choses ont changé en matière d’environnement des affaires, même si des défis restent encore à surmonter sur ce chapitre.

Les réformes opérées jusque-là ont eu des incidences positives. La Côte d’Ivoire figurait ainsi, entre 2014 et 2015, parmi les dix Etats les plus réformateurs au monde. Dans le classement du Doing Business de la Banque mondiale, le pays est ainsi passé de la 168e place en 2010 à la 139e place en 2016. Les mêmes évolutions ont été relevées en matière de gouvernance, soutient le chef du gouvernement. «Alors que nous avions la 146e place en 2010 au niveau de l’indice de perception de la corruption de Transparency International, le pays occupe aujourd’hui la 108e place. Sur la même période, il a également progressé de la 44e à la 21e place suivant l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine.

Certes, nous devons travailler davantage à améliorer notre rang au niveau de ces différents classements des pays, mais il faut reconnaître que notre progression a été significative». Le Premier ministre rassure aussi sur la question de l’endettement public qui a soulevé de vifs débats dans l’opinion, notamment après la réussite de l’Eurobond 2017 de la Côte d’Ivoire «Ces progrès notables, dit M. Gon, ont eu lieu dans un contexte marqué par une gestion prudente des finances publiques, qui a permis de rétablir, depuis 2012, les grands équilibres financiers de l’Etat.

Cette gestion prudente est couplée à une politique d’endettement mesurée, le Gouvernement a démontré son attachement au maintien de l’ordre et à la paix dans le pays. En tout état de cause, nous sommes engagés dans l’accélération de la mise en œuvre de la Loi de programmation militaire qui devrait permettre d’améliorer sensiblement les conditions de vie et de travail de l’armée.

Le ratio dette publique sur PIB de la Côte d’Ivoire est aujourd’hui de 42,1%, projeté à 42,7% à la fin de 2017 en prenant en compte les ressources mobilisées dans le cadre de l’Eurobond 2017. Ce ratio est l’un des plus faibles de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), largement en-dessous de la norme communautaire de 70%, nous classant parmi les pays à risque de surendettement modéré selon le FMI».

UN PND À 30 000 MILLIARDS POUR TRANSFORMER LE PAYS

Pour franchir le palier supérieur permettant de rejoindre dès 2020 la catégorie des pays à revenus intermédiaires, et d’arriver à l’émergence, la Côte d’Ivoire dispose d’une boussole : le Plan national de développement (Pnd) actuellement dans sa deuxième phase 2016-2020. Il se fixe pour but de renforcer les institutions et la gouvernance, de développer le capital humain, de transformer l’économie en l’industrialisant, d’harmoniser les infrastructures et de développer l’intégration régionale.

Les objectifs de ce Pnd II sont ambitieux sont (par exemple, construire un chemin de fer Man-San Pedro et dix barrages hydroélectriques ou diviser par deux la pauvreté), et le coût important, puisqu’il faudra 30 000 milliards de F CFA contre 11 000 milliards pour le premier PND. Un tiers devrait venir de fonds publics, un tiers des partenariats public-privé et un dernier tiers des investissements directs étrangers.

Au total, le secteur privé devrait fournir les deux tiers du PND. La réunion du groupe consultatif tenue en mai dernier à Paris pour mobiliser les bailleurs de fonds et les investisseurs internationaux, a permis d’avancer sur ce chapitre.

AIR CÔTE D’IVOIRE, L’IMAGE D’UN PAYS EN PLEIN ENVOL

La compagnie aérienne nationale, Air Côte d’Ivoire, a reçu le 17 juillet à Toulouse, en France, son tout premier Airbus A320 neo, lors d’une cérémonie officielle chez le constructeur européen.

Cette acquisition est la première d’une série d’avions de la même marque dont la compagnie a entrepris de se doter dans le cadre du renouvellement de sa flotte.

La jeune compagnie, créée depuis seulement cinq ans, est parvenue à se hisser parmi les premières de la sous-région. Air Côte d’ivoire enregistre ainsi un redécollage dont la solidité se manifeste à travers l’augmentation continue de son trafic et de ses dessertes, en Afrique de l’Ouest et du centre. Le trafic de la compagnie aérienne s’est élevé à 700 000 passagers en 2016, conformément à l’objectif défini par l’équipe dirigeante. Soit une progression de 16 % par rapport à 2015, année durant laquelle le nombre de passagers transportés avait bondi de 50 % pour atteindre un peu plus 604 000 voyageurs.

Les perspectives de croissance sont bonnes, ce qui pousse Air Côte d’Ivoire à renforcer sa flotte. La compagnie a ainsi commandé ferme trois Airbus A320neo et deux A320ceo.

'' Pour franchir le palier supérieur permettant de rejoindre dès 2020 la catégorie des pays à revenu intermédiaire, et d’arriver à l’émergence, la Côte d’Ivoire dispose d’une boussole : le Plan national de développement (Pnd) actuellement dans sa deuxième phase 2016-2020 ''

Ces derniers doivent rejoindre l’actuel parc de quatre A319ceo et deux A320ceo qui sont exploités sous contrats de location. S’ajoutent quatre turbopropulseurs Bombardier Q400.

En l’espace de quatre ans, a révélé, le Président du Conseil d’Administration, Abdoulaye Coulibaly, la flotte est passée de trois à dix avions. Avec une vingtaine de destinations en Afrique de l’Ouest et du centre, cinq dessertes intérieures, et une flotte renforcée, Air Côte d’Ivoire se donne les moyens de son ambition : devenir la compagnie de référence, leader de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, pérenne et rentable.

ENERGIE, LA PREMIÈRE TURBINE DU BARRAGE DE SOUBRÉ TOURNE

L’attente a été longue : 20 ans que le projet dormait dans les cartons ! Quatre ans après le lancement des travaux, l’une des quatre turbines du barrage hydroélectrique de Soubré -qui s’érige sur 4,5 kilomètres près des chutes de la Nawa dans le sud-ouest du pays- a effectué son premier tour lors d’une cérémonie d’inauguration présidée par le Premierministre Amadou Gon Coulibaly. Les premiers kilowatts de cet ouvrage d’une capacité totale de 275 mégawatts et construit par la Chine ont été injectés dans le système de distribution pour réduire le déficit énergétique du pays.

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly a symboliquement appuyé sur le bouton pour faire tourner la première des quatre turbines du barrage de Soubré. Précédemment à cette inauguration, les travaux de ce barrage.

En quatre années de travaux, 331 milliards de Fcfa, dont 85% consentis par la Chine, ont été nécessaires au financement de cet ouvrage d’une capacité de production annuelle de 1170 gigawatts/heure. Sinohydro, le constructeur chinois de l’ouvrage, prévoit la livraison complète de l’ouvrage en septembre-octobre prochain. L’énergie électrique produite à partir de Soubré sera transportée grâce à une ligne haute tension longue de 365 km. L’ouvrage h y d r o é l e c t r i q u e permettra, selon les autorités, d’augmenter de 45% la part d’énergies renouvelables dans le mix énergétique pour résorber le déficit de la Côte d’Ivoire en énergie.

Le Président de la République devrait procéder fin octobre à l’inauguration de cet ouvrage qui ouvre de nouvelles opportunités de développement et de changements qualitatifs pour tout le sud-ouest ivoirien, jusqu’au deuxième port du pays, San Pedro. Après Soubré, une série d’autres barrages hydroélectriques et de projets solaires et éoliens sont à l’étude.

LA VOIRIE À ABIDJAN CHANGE, COÛT SUR 3 ANS : 1 000 MILLIARDS F CFA

En matière de routes, ce sont plus de 70 milliards de F CFA de travaux qui seront financés, au cours des trois prochaines années pour redonner au District d’Abidjan son lustre d’antan, révélait le Président de la république en décembre dernier, lors du lancement du programme de rénovation de la voierie dans le District d’Abidjan, lancé à Abobo.

La première phase de ce projet concerne le bitumage de 20 km de voiries dans la commune d’Abobo, pour un montant d’environ 13 milliards de F CFA ainsi que le bitumage de voiries dans les communes de Yopougon et de Koumassi.

D’autres projets structurants tels que la construction d’une voie autoroutière qui ira depuis la zone industrielle en passant par la prison civile, N’dotré, le corridor d’Anyama jusqu’à Thomasset et la section d’autoroute de contournement de la ville d’Abidjan depuis le Boulevard Mitterrand jusqu’au carrefour de N’dotré, comme une ceinture circulaire autour d’Abobo, permettront de désenclaver Abobo, a souligné le Chef de l’Etat. De même, d’autres communes telles que Adjamé seront concernées par ce programme de réhabilitation et de développement des voiries.

Avec l’échangeur du carrefour Solibra dont les travaux ont été lancés, l’aménagement de la Baie de Cocody en cours, l’élargissement du

Boulevard de Marseille, le pont Yopougon-Plateau, les sections autoroutières de contournement, les échangeurs et d’autres ouvrages dans les autres communes de la ville, ce sont plus de 1 000 milliards de F CFA qui seront investis au cours des 3 prochaines années dans le District d’Abidjan, a annoncé le Chef de l’Etat.

2016 avait déjà enregistré le lancement et la livraison de plusieurs travaux de voirie dans la capitale économique. En mars 2016, Kablan Duncan, alors Premier ministre, avait lancé des travaux de canalisation dans la commune d’Abobo et ouvert le château d’eau de N’dotré. La voie d’accès au village d’Aboboté a été livrée et le coup d’envoi des travaux de bitumage de la voirie d’Abobo Clouetcha-route d’Alépé a été donné. Egalement, l’année dernière, l’augmentation des capacités de la centrale électrique Ciprel de Vridi, et l’inauguration de la station de production d’eau potable d’Adonkoi, à partir de la nappe de Songon. Selon les autorités, cette usine permettra à la ville d’Abidjan de recevoir une quantité additionnelle d’eau potable de 50 000 m3/jour. Ce qui devrait contribuer à améliorer la desserte en eau potable de la capitale économique ivoirienne, porte étendard de la Côte d’Ivoire transformée.

Valentin Mbougueng

Emergence

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