Bettié : Que devient le Bac ?

lundi, 28 janvier 2019 19:18
Bettié : Que devient le Bac ? Crédits: DR

Depuis l’inauguration du pont de la localité, ce premier moyen de déplacement a été abandonné en bordure du fleuve Comoé.

Désormais, les populations de Bettié peuvent aisément relier les deux rives du fleuve Comoé grâce au pont inauguré le 23 décembre 2017 par le Chef de l’État, Alassane Ouattara. Du coup, le Bac qui contribuait au déplacement des uns et des autres devait être affecté dans une autre localité. Malheureusement, ce n’est encore pas le cas. Puisque, lors de notre passage dans cette cité le 3 Février, nous avons vu le Bac encore stationné en bordure du fleuve, non loin du pont. Pour quelle raison ? A Bettié, le temps du Bac est bien loin.

« Ça nous a rendu d’énormes services. Aujourd’hui, avec le pont, l’utilisation du Bac est une vielle histoire. Néanmoins, c’est avec beaucoup d’émotion que nous nous remémorons la traversée du fleuve à bord de cet engin. A chaque fois que nous le voyons, nous avons encore la chair de poule », confie Aka Mathias, un paysan que nous avons rencontré sur le pont, se rendant à pied dans sa plantation. Il s’interroge sur la présence du bac à Bettié : « Je ne sais pas pourquoi le Bac est encore là. En tout cas, il n’est plus utilisé. Certaines personnes disent qu’il est en panne. Peut-être que c’est pour cette raison que l’on le garde encore à Bettié. A mon avis, il sera utile pour d’autres régions qui en ont besoin ».

Comme lui, Marguerite Kacou, signifie que c’est un gâchis de le garder à Bettié alors que certaines localités ont des problèmes de déplacement. « Nous avons profité du Bac et aujourd’hui avec le pont, nous n’en avons plus besoin. Que les autorités pensent à satisfaire d’autres localités qui en ont besoin », clame-t-il. A Béttié, le Bac constitue aujourd’hui une curiosité pour les visiteurs.

Une gestion confiée au ministère des Transports

En réalité, il est du ressort du ministère des Transports de trouver un point de chute à ce mastodonte des eaux. C’est donc ce ministère qui a en charge sa gestion, comme le confiait certains travailleurs de cet engin. Selon eux, l’Ageroute, structure qui dépend de ce ministère, a un représentant à Bettié, qui est régulièrement en contact avec ses responsables à Abidjan pour assurer la gestion au quotidien de ce moyen de transport fluvial. Ce dernier, du nom d’Abdoulaye Ouattara, que nous n’avons pu rencontrer car en déplacement lors de notre séjour dans la localité, est aussi chargé de s’occuper des préoccupations des agents de l’engin. Ainsi, lorsque le Bac fonctionnait, toute la logistique provenait d’Abidjan et l’entretien était sous la supervision d’Abdoulaye Ouattara. En cas de panne, des mécaniciens sur place se chargeaient de le remettre en marche. C’est lorsque la panne recommandait que l’on fasse venir des experts d’Abidjan que cela se faisait. Il faut signaler que la traversée s’effectuait gratuitement.

Une cité pour les travailleurs

Les quatorze agents en service sur ce Bac habitent tous la même cité. Ici, les populations l’appellent la cité du Bac. Dans ces maisons autrefois destinées aux travailleurs des Tavaux publics (Tp), ils ont pu s’intégrer dans des familles dont les responsables ont servi les Tp et sont aujourd’hui à la retraite. Ces agents, à savoir des pilotes, des mécaniciens, des secouristes et des vigiles étaient régulièrement rémunérés. Mais après la finition du pont et la mise hors service du Bac, il y a eu un retard dans le paiement des salaires. Ce qui vient d’être débloqué, selon un de nos interlocuteurs. En attendant leur affectation, ces agents se tournent les pouces. Certains s’adonnent à des petites activités annexes. Histoire de s’occuper un peu.

Edgar Yeboué

 

 

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