Un regard sur la profession infirmière

mercredi, 08 mai 2019 11:19
Un regard sur la profession infirmière Crédits: DR

A l’occasion de la 54e édition de la célébration de la Journée infirmière ce 12 mai, le monde aura inéluctablement les yeux rivés sur cette profession, qui soutient tout notre système de santé.

Nous ne saurions aborder le thème de l’année qui est : « La profession infirmière : Une voix faite pour diriger – La santé pour tous », sans préalablement parler de « L’icône infirmière, mère des soins infirmiers modernes », entre autres,  des potentialités des infirmiers et infirmières, leurs savoirs, savoir-faire et savoir être ; mais nous adresserons notre cri de cœur  à monsieur le ministre de la santé et de l’hygiène publique.

L’icône infirmière

Florence Nightingale est anglaise et a fondé la base des soins infirmiers "modernes". Elle fut infirmière pendant la guerre de Crimée (qui opposa les Franco-Britanniques aux Russes de 1853 à 1856). C'est à cette période qu'elle a commencé à développer sa conception des soins infirmiers. Elle a notamment développé la prise en charge globale du patient et disait que : « Seuls, les médicaments ne peuvent pas aboutir à une complète guérison. Il faut par ailleurs que d'autres besoins humains soient satisfaits : la nourriture, la toilette, etc...».

Pourquoi le choix du thème de la 54e édition : « « La profession infirmière : Une voix faite pour diriger – La santé pour tous » ?

Selon le CII, les infirmières, en tant que composante majoritaire de la force de travail en santé, sont bien placées pour « faire plus avec moins ». Tout en administrant des soins de qualité, aussi bien en milieu urbain que rural, parfois dans les conditions difficiles, car les infirmiers savent que la santé est un droit fondamental.

Ils doivent  avoir une démarche qualité, qui doit leur permettre de garantir à chaque patient la combinaison d’actes diagnostiques et thérapeutiques qui lui assurera le meilleur résultat en terme de santé, conforment à l’état actuel de la science médicale, au meilleur cout pour un même résultat, au moindre risque iatrogène et pour sa plus grande satisfaction en termes de procédures, de résultats et de contacts humains à l’intérieur du système de soins.

L’évaluation de la qualité des soins est ensemble de méthode  pour aider les professionnels à faire des choix à tous les niveaux des soins qu’il s’agisse de la décision diagnostique ou thérapeutique au lit du malade, ou à la décision d’investissement dans le cadre d’une politique hospitalière. Voici donc les outils d’aide à la pratique infirmière, permettant aux infirmiers d’assumer pleinement leur place en première ligne, un rôle moteur en tant que professionnelles capables de prodiguer des soins efficaces et rentables.

Les potentialités des infirmiers et infirmières

Le Maire de Montpellier qui disait lors du deuxième congrès mondial des infirmier (e) s de l’espace francophone : « Ma conviction profonde est que si les médecins sont le cerveau de l’hôpital, les infirmières en sont le cœur », j’ai appliqué à ma personne ces propriétés fondamentales du cœur que sont:
- La garde et le maintien de la vie
- La compassion, l’empathie, la sollicitude, l’amour, la sensibilité sont des qualités exigées à l’infirmier.

N’est-il pas nécessaire de rappeler ici ces situations où la vie reste maintenue malgré la mort du cerveau? En effet, n’est-ce pas sur le cœur que le « cerveau » pose le stéthoscope pour constater un décès, pour déclarer la fin d’une vie?

En plus d’avoir suscité en moi un sentiment de fierté, cette déclaration m’a aussi poussée à réfléchir. Si je suis le cœur du soin, alors je porte la lourde responsabilité d’entretenir la vie, d’accomplir au mieux mes responsabilités de guide, d’aide, d’accompagnatrice, de facilitatrice, de pourvoyeuse de soins.

En effet, le médecin Français Martin Wrinckler, décrivant la dimension soignante de la profession infirmière, a déclaré ceci:
Soigner c’est:
- Tenir la main pendant que quelqu’un d’autre suture, ponctionne, arrache, incise, coupe, cautérise, sonde celui à qui on tient la main
- Hocher la tête pour dire «  je suis avec vous »
- Avoir envie de prendre dans ses bras sans pouvoir le faire mais faire tout de même un geste qui voudrait dire la même chose
- Porter, soutenir, garder, écouter, laver, langer, guider, soulager, partager.
- c’est être là

D’un autre point de vue, « le cœur du soin » pourrait être compris comme : au cœur du soin. Là encore la périphrase sied bien à l’infirmier (e) qui est effectivement au cœur, au centre du soin.

Une telle profession a besoin d’un Ordre, c’est une exigence règlementaire. La politique de la couverture maladie universelle  repose à 60% sur les infirmiers parce que représentant la base de la pyramide des ressources humaines du ministère en charge de la santé.

Monsieur le ministre, vous êtes un homme de rigueur, de droiture.  Mettre de l’ordre dans tous les secteurs est votre vocation, et certainement une priorité.  C’est un cri de cœur que nous vous lançons pour que vous  mettiez fin au désordre qui règne dans notre noble profession qui doit être caractérisée par:
- un service rendu à la société, une démarche scientifique, un code de déontologie
- des normes pour en assurer la qualité, des modèles conceptuels, des textes de loi qui la règlementent

Monsieur le ministre, nous comptons sur vous pour sortir les infirmiers et infirmières de Côte d’Ivoire de la désorganisation en dotant la profession d’un Ordre qui leur permettra, nous en sommes persuadés,  de travailler en toute quiétude.

Chers collègues, soyons fiers d’être infirmiers et infirmières,  faisons donc preuve de responsabilité et de maturité ! Bonne fête.

Josiane KOUDOU
Présidente de la plateforme des organisations professionnelles d’infirmier(e)s