Processus électoral, comment favoriser l’accessibilité des femmes ?

Processus électoral, comment favoriser l’accessibilité des femmes ?

mardi, 08 septembre 2015 08:50
Processus électoral, comment favoriser l’accessibilité des femmes ? Crédits: DR

En dépit de cette disposition pertinente de la Déclaration universelle des droits humains, on observe dans notre société contemporaine un réel déséquilibre de la représentativité homme – femme aux postes de décisions. Les fonctions politiques apparaissent encore comme une chasse gardée des hommes, qui exercent une certaine hégémonie dans ce domaine.

Processus électoral, comment favoriser l’accessibilité des femmes ?

Il est reconnu à toute personne, un droit égal « de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis… à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays. (Art.21.Dudh) ».

En dépit de cette disposition pertinente de la Déclaration universelle des droits humains, on observe dans notre société contemporaine un réel déséquilibre de la représentativité homme – femme aux postes de décisions. Les fonctions politiques apparaissent encore comme une chasse gardée des hommes, qui exercent une certaine hégémonie dans ce domaine.

À titre d’exemple, depuis les dernières élections législatives, l’Assemblée nationale ivoirienne, compte 226 hommes contre 28 femmes sur un total de 255 députés, soit un pourcentage de 11,02%. Le constat est donc sans appel : les femmes ont du mal à obtenir une bonne représentativité dans les compétitions électorales.

En réalité, elles préfèrent s’en éloigner le plus possible, soit par peur du contexte politique qui génère souvent tensions, troubles et violences de toute sorte, soit en raison d’un manque d’intérêt total vis-à-vis de l’activité politique. Somme toute, il semble important de garantir à la femme autant qu’à l’homme une bonne accessibilité au processus électoral. Comment garantir cette accessibilité de la femme au processus électoral en Côte d’Ivoire ?

Deux démarches nous semblent fondamentales et nécessaires, en vue de rassurer les femmes et susciter chez elles, une volonté de prendre des responsabilités politiques dans la société. Un cadre juridique et institutionnel favorable à une implication politique des femmes, d’une part et une sensibilisation et une mobilisation des femmes elle-même d’autre part.

Un cadre juridique et institutionnel favorable

Un cadre juridique et institutionnel correspond à l’adoption de mesures politiques et juridiques incitatives pour les femmes, dans le cadre du jeu démocratique. Il s’agit par exemple, de l’institution d’un système de quota, à défaut d’une stricte parité homme et femme. Ce système de quota existe et fonctionne très bien dans certains pays tels que l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, pour ne citer que ceux-là.

En vertu de cette mesure, environ 30% des sièges électifs, sont réservés à des candidates de sexe féminin. Avec une telle mesure, les femmes se sentiront interpellées et impliquées, pour la bonne marche de leur pays. Ce faisant, on leur assure par la même occasion, une représentativité acceptable et une accessibilité aux fonctions politiques.

Une mobilisation des femmes

La seconde démarche doit être menée par les femmes elles-mêmes, à travers les associations et institutions de femmes en place. Le sens de cette démarche est de les sensibiliser sur l’importance des élections, dans un état démocratique. Les élections constituent l’occasion, par excellence, pour les citoyens, de jouer leur rôle de pouvoir souverain.

Le peuple a la possibilité de s’exprimer, de faire des choix des personnes qu’ils jugent dignes de conduire sa destinée. Il ne s’agit pas d’un acte banal mais au contraire, d’un acte fondamental pour la vie de la nation. À cet égard, il est très important que les femmes soient présentes là où se décide le sort du pays, de leurs enfants, de leur époux et de leur famille. Une accessibilité de la femme ivoirienne sera effectivement assurée par une action conjuguée des autorités et des femmes elles-mêmes.

Par NAMIZATA SANGARÉ
Militante des droits des femmes
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